Pandémie

Géopolitique : 35 millions 928 mille mercis, Majesté

Les spécialistes sont unanimes ! La Covid-19 a totalement bouleversé la donne en matière de géopolitique mondiale. Désormais, les États confrontés à de nouvelles réalités socioéconomiques doivent déployer impérativement des stratégies inédites pour pouvoir faire face aux enjeux à venir. Un nouvel ordre mondial dans lequel le Maroc a plusieurs cartes à abattre.  


Le constat est sans appel et les lendemains d’ores et déjà très difficiles au sortir de la phase de confinement ! La pandémie de la Covid-19 a paralysé une grande partie de l’économie mondiale, qui est en train de se diriger vers une récession de grande ampleur. De fait, une nouvelle organisation du globe est en train de se façonner, laissant présager que les changements en matière de géopolitique impacteront les rapports de force et les tensions entre États. «Le populisme et les mouvements protestataires auront également tendance à s’amplifier de par le monde, concomitamment avec cette crise qui les nourrit», nous précise Adil Mesbahi. Et cet expert en Intelligence Economique et Stratégique, diplômé de l’École de Guerre Economique de Paris d’ajouter : «et il y a fort à parier que les populations, compte tenu des conséquences humaines, sociales et économiques générées par cette pandémie, opteront, au choix, pour une géopolitique de la colère ou de l’espoir». Dans ce contexte de pandémie, force est de constater que le Maroc est parvenu à tirer favorablement son épingle du jeu, s’agissant de la gestion de la crise sanitaire. Cette dernière a d’ailleurs été saluée, tant sur le territoire national par les instances dirigeantes et par la population, qu’à l’international par de nombreux pays.

La gestion marocaine citée en exemple

«Nous pouvons remercier chaleureusement Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui a déployé dans cette optique plusieurs initiatives remarquables depuis le début de cette crise», nous rappelle Mehdi Hijaouy, lui aussi expert en Intelligence Economique et Stratégique, diplômé de l’École de Guerre Economique de Paris. Rétrospectivement, plusieurs initiatives ont été impulsées par le Souverain. C’est le cas notamment du Fonds Spécial de Solidarité qui a totalisé 33 milliards de DH, auxquels il faut ajouter 4,5 milliards de DH en provenance de l’Union européenne. Par ailleurs, le plan de soutien envers le Royaume va représenter plus de 3% du PIB. Les succès sont consécutifs à la vision de Sa Majesté et à ses priorités, en premier lieu, sa préoccupation en matière de santé de ses sujets.

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Aujourd’hui, après environ trois mois de crise, les chiffres parlent. D’abord, le bilan sanitaire, environ 7 000 personnes contaminées, dont plus de 200 décès, contrastant avec les bilans beaucoup plus douloureux de certains pays. Ensuite, le bilan social, notamment l’aide mensuelle de subsistance d’au moins 800 DH pour 3,7 millions de bénéficiaires, n’est pas passé inaperçue. Enfin, les mesures de soutien économique et les réalisations industrielles, notamment en matière de production et d’exportation de masques de protection, ont fait date dans le Royaume. Ajoutez-y les nombreuses actions de solidarité sociale et l’excellente protection sécuritaire. Nos deux interlocuteurs qui soulignent de concert, que Sa Majesté a également lancé une initiative visant à partager le savoir et la technologie avec le reste du Continent. Un cadre opérationnel qui a permis au Royaume d’accompagner plusieurs pays alliés dans leur gestion de la pandémie. Faut-il préciser que cette initiative régionale a été saluée par le parlement panafricain, institution législative de l’Union africaine, mais aussi par l’Union européenne.

De grands défis à relever pour le pays

Le Maroc, qui gagnerait à saisir cette fenêtre d’opportunité résultant de la pandémie pour consolider, d’un point de vue géostratégique, son statut de puissance régionale à l’échelle africaine et méditerranéenne. Faut-il se souvenir que depuis sa réintégration au sein de la famille institutionnelle africaine en janvier 2017, le Royaume n’a eu de cesse de prodiguer une approche collaborative au profit de tous. C’est d’ailleurs le cas notamment au niveau de la sécurité alimentaire, sur le plan de la coopération dans le domaine des migrations, voire sur celui de la lutte contre le terrorisme. Par ailleurs, la future Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) prévue en juillet prochain, représente un réel gisement d’opportunités, souligne Mehdi Hijaouy. «Il s’agit d’un marché de plus de 1,2 milliard de consommateurs à même de générer un volume d’échange monétaire estimé à plus de 3.000 milliards de dollars». Et notre interlocuteur de marteler : «le challenge est là ! Certains défis s’imposent et s’imposeront à nous, et certaines opportunités s’offrent et s’offriront à nous». En attendant la phase de déconfinement qui s’opérera dans le Royaume le 10 juin prochain, le démarrage de la machine économique, dont les premiers balbutiements se font déjà entendre, devrait prendre sa vitesse de croisière dans les mois à venir. Dans cette optique, les conclusions des travaux de la Commission Spéciale pour le Modèle de Développement sont attendues pour éclairer l’avenir. Comme le souligne Mehdi Hijaouy, «notre économie de demain devra être plus résiliante et plus tournée vers notre continent».

 
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