Messagerie

Globex FedEx ou TNT Express : qui des deux passera à la trappe ?

Les mariages entre géants mondiaux ont presque toujours des conséquences sur leurs activités locales. Et le Maroc n’y fait pas exception.


En effet, après le rapprochement en 2016 des deux principaux cimentiers marocains, en l’occurrence Holcim Maroc et Lafarge Maroc, c’est un autre secteur d’activité qui devra être touché en 2018 par une nouvelle opération de concentration à l’échelle internationale. Le déclencheur cette fois-ci n’est autre que le rapprochement opéré en 2016 entre le numéro trois européen de la messagerie et le transport de colis, en l’occurrence le batave TNT Express, et son concurrent américain FedEx qui caracole, lui, à la deuxième place mondiale (juste derrière le leader incontesté UPS).

Il faut dire que cette méga fusion-acquisition a déjà donné lieu un peu partout au monde à des opérations de rapprochement destinées à opérationnaliser les effets de synergies espérées par le top management du nouveau groupe et, surtout, par les actionnaires de FedEx qui ont déboursé près de 4 milliards d’euros (plus de 40 milliards de DH) pour mettre la main sur TNT Express. Mais, si les choses se sont avérées des plus simples dans les pays où les deux protagonistes étaient directement présents via leurs propres filiales, il en va tout autrement dans des contrées comme le Maroc où chacun disposait déjà d’un représentant indépendant (dans le cadre d’un contrat de franchise). Aussi, dans pareils marchés, une simple fusion (à la Holcim Maroc-Lafarge Maroc) n’est pas toujours envisageable, car les actionnaires de part et d’autre ne sont pas les mêmes et sont généralement difficilement « rapprochables ». Et c’est justement le dilemme auquel est confronté le management, décidément unifié, du groupe Fedex-TNT Express. Qui garder entre Globex FedEx Maroc, franchisé marocain de Fedex depuis une vingtaine d’années, et Mail et Transport International Maroc (Matim) qui exploite la marque TNT Express depuis 2002 ?

Les deux acteurs n’ont pas démérité avec un développement continu et une couverture de plus en plus large du territoire marocain (pour être le plus proche que possible des clients utilisateurs des services de messagerie et colis à l’international). Mais la loi du business est implacable. Un des deux acteurs devra très probablement perdre son enseigne, comme cela advint il y a quelques mois à l’Île Maurice où, sans surprise, c’est le représentant local de TNT Express (Velogic Ltd) qui a été sacrifié pour permettre au franchisé de FedEx (Rennel Ltd) d’exploiter, désormais, les deux marques. Selon des sources proches du dossier marocain, la filiale du Globex Investissement (appartenant à la famille Bencherki) serait bien positionnée pour devenir le seul partenaire marocain du groupe FedEx-TNT Express vu son quadruple avantage : une plus grande ancienneté sur le territoire marocain, un chiffre d’affaires plus important et une présence a priori du bon côté, celui du conquérant FedEx. À cela s’ajoute le fait que Globex FedEx Maroc a déjà cinq pays africains sous son contrôle à partir du royaume. Mais les actionnaires de Matim, qui continuent d’arborer l’enseigne du groupe racheté, ne s’avouent pas encore vaincus et s’évertuent à convaincre leur vis-à-vis auprès du groupe FedEx-TNT Express de leur légitimité et de leur aptitude à mieux piloter le business au Maroc.

Quoi qu’il en soit, le verdict est imminent. Car, selon toujours des sources proche du dossier, une phase d’audit et de consultation (via un appel d’offres international) concernant Globex FedEx Maroc et TNT Express Maroc est en cours pour désigner laquelle des deux entités sera le seul représentant au Maroc du nouveau mastodonte mondial du courrier express et messagerie.

Challengenews
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