Interview

Hamid Bentahar, Président du CRT Marrakech-Safi : «Il est primordial d’accélérer l’ouverture des lignes aériennes»

Le 10 septembre dernier, une rencontre d’envergure a réuni à Casablanca la ministre du Tourisme, Nadia Fettah Alaoui, le PDG de la RAM, Hamid Addou, et les professionnels du tourisme au sujet de la relance de l’activité touristique. Qu’est-ce qui a été fait depuis ? Où en est le secteur ? Hamid Bentahar, Président du Conseil régional du Tourisme Marrakech-Safi et PDG d’Accor Gestion Maroc, qui a participé à cette réunion, revient en détail sur les avancées enregistrées jusqu’ici.


Challenge: plus d’un mois après la rencontre entre la ministre du Tourisme, Nadia Fettah Alaoui, le PDG de la RAM, Hamid Addou, et les professionnels du tourisme, que s’est-il passé depuis ?

Hamid Bentahar: depuis la rencontre du 10 septembre dernier, plusieurs avancées ont été enregistrées par les différentes commissions mises en place. Nous avons ainsi identifié avec l’ONMT (Office national marocain du tourisme) et la Royal Air Maroc, un certain nombre de lignes touristiques pertinentes sur lesquelles la RAM pourrait se positionner en vue de soutenir la reprise de l’activité. Nous avons beaucoup échangé avec toutes les parties prenantes sur ces lignes. Il y aura des annonces dans les semaines prochaines concernant leur concrétisation. Il s’agit principalement de lignes européennes qui relient les destinations touristiques du Royaume et sur lesquelles il y a notamment  un historique de trafic important. Je ne peux encore dévoiler les noms de ces lignes. Et nous travaillons, simultanément, sur le volet sanitaire, c’est-à-dire la protection de la santé de nos salariés et des touristes également. Nous sommes dans cette démarche qui vise à activer la reprise du secteur. Nous sommes tous conscients que la reprise de l’activité économique est intrinsèquement liée au rythme de la réouverture des frontières aériennes. Il est nécessaire que les autorités autorisent au moins 50% du trafic aérien pour parler d’une vraie relance. Autrement, il n’y a aucune lueur d’espoir pour les professionnels. Dans ce sens, il est primordial de continuer à travailler main dans la main en vue de lever les restrictions sur les déplacements, instaurer des tests rapides à l’arrivée pour les touristes. Aujourd’hui, tous les professionnels sont en train de faire des efforts pour ouvrir les hôtels, les restaurants, les cafés, les parcs… Donc, si les autorités veulent que cet élan se transforme en une véritable relance économique, il faut augmenter le rythme de l’ouverture des lignes aériennes.

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Challenge: que pouvez-vous nous dire concrètement sur la réouverture des frontières aériennes au stade actuel ?

HB: je pense qu’aujourd’hui, il va sans dire que nous devons agir de manière simultanée sur les deux fronts : la protection de la santé et la reprise économique. Il faut renforcer les protocoles sanitaires mais en même temps, accélérer aussi le redémarrage de l’économie et remettre le système en marche. L’un n’empêche pas l’autre. La réalité actuelle du monde est que le virus s’installe dans la durée, et va rester pour un moment. Cependant, le volume du trafic aérien dans le monde entier ne cesse d’augmenter depuis le déconfinement. Ce qui veut dire que les gens ont compris qu’il faudra faire avec le virus. Il y a une volonté partout dans le monde pour relancer l’activité économique, tout en renforçant les protocoles sanitaires.

Nos autorités doivent prendre cette réalité en compte. Il faut vraiment accélérer l’ouverture des lignes aériennes. Cependant, concrètement, je n’ai aucune date, aucun délai quant à la réouverture des frontières aériennes. Mais, il est impératif que cette réouverture intervienne avant la fin de l’année, parce que le tourisme national est dans un état très critique. Les professionnels continuent d’y croire en tous cas. Je pense qu’il est important de savoir qu’aller dans un établissement hôtelier est synonyme de réduction des risques de contamination parce que ces établissements ont mis en place les mesures sanitaires nécessaires pour garantir la sécurité des personnes. De même, il y a des caméras installées pour les cas contacts… Il est clair qu’il y a eu un travail qui a été fait par les hôtels pour se réinventer en vue de participer à la réduction des risques de contamination. Ce qui n’est pas le cas dans de nombreux immeubles d’habitation ou même parfois dans certaines entreprises.

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Challenge: y-a-t-il déjà une date prévue pour une nouvelle rencontre entre la ministre, le PDG de la RAM et les professionnels ?

HB: nous continuons à travailler main dans la main et nous avons des contacts permanents. Mais, nous n’avons pas encore fixé une nouvelle date. Toutefois, si nous ne réussissons pas cet objectif d’augmenter le flux du trafic aérien pour atteindre au moins 50% du trafic habituel d’ici la fin de l’année, nous risquons de perdre la saison d’hiver, et les conséquences économiques et sociales vont être considérables.

 
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