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Heure officielle : le scandale de l’impréparation

Le gouvernement, par sa voix la plus autorisée, celle de son chef Saâdeddine El Otmani, affirme que la décision de passer à GMT+1, est prise pour « assurer la sécurité énergétique du Maroc », suite à des études approfondies. Dont acte ! Même si beaucoup de spécialistes minimisent cet impact. 


Mais si études il y a, elles n’ont pas été livrées le 25 octobre. Le gouvernement avait donc le temps de préparer les mesures d’accompagnement, de les discuter avec le patronat, les syndicats, les parents d’élèves, ses propres services et d’annoncer le package avant même la rentrée scolaire.

Au lieu de ce scénario apaisé, raisonnable, naturel, nous avons eu droit à une séquence guignolesque avec des annonces, suivies immédiatement de rétropédalages.

Ainsi, le ministère de l’Éducation nationale a d’abord annoncé un horaire de 9h-13h puis 14h-18h, indignation des parents. Le ministère revient à un horaire qui demeure l’après-midi à 15 heures. Les deux heures de repos seront respectées, mais il y a une heure de cours en moins. Elle sera récupérée à partir du mois de mars. On nous assure que le nombre d’heures de cours sera au final respecté. Acceptons-en l’augure.

Pour l’administration, c’est encore plus compliqué. Le ministre délégué chargé de la réforme de l’administration et de la fonction publique, Mohamed Benabdelkader a annoncé qu’il proposerait une plage horaire entre 08h30 et 09h30 selon les choix. On attend toujours le décret. Cela va désorganiser les services et impacter les usagers. Si vous avez besoin d’un papier qui a besoin de la griffe de deux agents et que ceux-ci ont des horaires différents, bonjour la galère. Dans les faits, il ne servirait plus à rien de se présenter devant les guichets avant 09h30 et après 16h30, parce que l’ensemble du personnel n’est pas là !

Les banques et le secteur privé n’ont pas encore réagi. Ils le feront en tenant compte des intérêts de leur personnel, de la vie de famille, mais surtout des contraintes de leur business. Le GPBM, structure rationnelle, a toujours servi de guide sur ces questions pour le reste du secteur privé.

Au-delà de la validité de la décision et de ses motivations, nous sommes face à un problème de gouvernance et non pas de communication, comme on veut nous le faire croire.

Le gouvernement a pris une décision importante, qui chamboule la vie des familles avec enfants, sans préparer la moindre mesure d’accompagnement. Celles-ci n’ont été envisagées qu’après l’annonce du passage à GMT+1. Le cafouillage du ministère de l’Education et de celui de l’administration le prouvent. Si c’est comme cela sur tous les sujets, nous sommes mal barrés.

Cette séquence doit être refermée au plus vite. Nous ne pouvons pas donner l’image d’un pays où le gouvernement n’ajusterait ses décisions qu’en fonction des réseaux sociaux. Une telle image serait désastreuse en interne comme à l’international.

Cependant, le gouvernement a un vrai problème de communication, il ne consulte pas assez les partenaires sociaux, n’explique pas son action, fait rarement des visites sur le terrain, donne l’impression d’être hors sol. C’est pourtant un gouvernement, une majorité élue. Paradoxe de la construction démocratique marocaine !

Challengenews
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