Entreprises & Marchés

Holcim Maroc garde la forme malgré une conjoncture difficile

Dominique Drouet, président
du directoire
de Holcim Maroc.

Ciment. La filiale marocaine du cimentier suisse réalise un bon résultat au terme du premier semestre 2014 avec un résultat net consolidé de 324,326 millions de DH, contre 269,703 millions de DH à la même période en 2013. par Roland Amoussou


L

es indicateurs de la filiale marocaine du géant cimentier suisse sont dans le vert. Holcim Maroc affole tous les compteurs en dépit d’une conjoncture difficile pour le secteur, qui a enregistré un recul de 4,4% au premier semestre 2014. L’entreprise a, en effet, réalisé un résultat net consolidé de 324,326 millions de DH à fin juin 2014, contre 269,703 millions de DH, une année auparavant, soit une croissance de 20%. Cette progression a été rendue possible grâce à la fusion avec AOZ(Asment Ouled Ziane), qui a conduit à une réduction des frais financiers et la mise en place d’une nouvelle base de calcul pour la taxe professionnelle. Quant aux volumes de ventes du ciment, ils ont connu une augmentation de 1,8% au terme des six premiers mois de cette année. La performance commerciale n’a pas manqué à l’appel avec une hausse de 9% du produit d’exploitation à 1,7 milliard de DH. Notons que le chiffre d’affaires a été tiré vers le haut par les exportations de clinker vers la Côte d’Ivoire. Toutefois, les volumes de ventes concernant l’activité granulats ont connu une baisse, qui s’explique selon le management de la filiale marocaine du cimentier suisse, par l’arrêt de la carrière de Skhirat, ajoutant que l’activité Bétons, de son côté, a connu une stabilité par rapport à l’année précédente. 

Des prévisions pas du tout reluisantes

Concernant la fusion avec le Français Lafarge, le management de Holcim Maroc dit attendre la décision de la Primature, après le dépôt de dossier le 18 août. La décision devrait intervenir au plus tard le 18 octobre. « La Primature doit se prononcer le 18 octobre sur le projet de fusion. Elle a deux options, soit valider le projet et dans ce cas, nous enclencherons le processus de fusion, soit le transférer au Conseil de la concurrence qui disposera de 4 mois pour trancher», a expliqué Dominique Drouet, président du directoire de Holcim Maroc. A la question de connaître le degré d’impact de cette fusion sur l’organisation des deux grandes entreprises, le management de Holcim Maroc se dit pour le moment incapable de se prononcer sur cette situation, car, tant que la fusion n’est pas officiellement réalisée au Maroc, Lafarge reste un sérieux concurrent. «Aujourd’hui, nous sommes toujours en phase préparatoire de la fusion. Nous ne pouvons donc pas nous prononcer sur la réorganisation des deux groupes après le processus de fusion. Il faut savoir aussi qu’au regard de la loi sur la concurrence, nous ne pouvons pour le moment entamer des négociations de quelque nature que ce soit avec notre concurrent sur une éventuelle restructuration», a, pour sa part, souligné Christophe Siraudin, directeur administratif et financier de Holcim Maroc. Par ailleurs, sur les perspectives du secteur pour les années à venir, les prévisions de Holcim Maroc ne sont guère reluisantes. Pour cette année, par exemple, le cimentier prévoit une consommation de 14,2 millions de tonnes. Mais ce volume devrait décroître sur les trois prochaines années, soit 14 millions en 2015 et 13,7 millions en 2016 et 2017. Ces chiffres montrent la difficile situation que vivent les cimentiers, notamment à cause de la baisse du secteur des BPT. Pour rappel, la consommation du ciment en 2013 a connu un recul de 6,3% selon l’APC(Association Professionnelle des Cimentiers). 

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