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Immobilier: Doutes autour de l’impact du Tram à Casa

Le tramway de Casablanca arrive avec de grandes ambitions pour le centre-ville historique. Cependant, le potentiel de cette zone reste encore entre parenthèses en attendant la fin des travaux, avec une activité commerciale fortement touchée.


Tel le phénix, le boulevard Mohammed V de Casablanca renaîtra-t-il de ses cendres? Bien heureux est celui qui connaît la réponse. Pourtant, l’arrivée du tramway, avec un plan de réhabilitation ambitieux laissait présager d’une seconde jeunesse pour cette artère qui fût un des axes principaux de l’activité commerciale de la ville jusque dans les années 1980.
Avec le début des travaux, les spéculations vont bon train, avant que l’attractivité de ce quartier ne retombe, rattrapée par son lourd passif. « Il y a eu un pic de spéculation au début, mais les prix sont repartis à la baisse par la suite. Aujourd’hui, il y a beaucoup de locaux fermés», confirme Majid Alaoui, directeur de l’agence immobilière Imvalory. Il faut dire que les travaux ont beaucoup handicapé l’activité commerciale autour du boulevard. «Le prêt-à-porter souffre déjà d’une année difficile. Pour nous ici, c’est encore pire», déplore un commerçant riverain. Les commerçants du quartier, et principalement ceux du boulevard Mohammed V qui en constitue l’axe central, ont quasiment subi un arrêt d’activité. Ceux qui ont “les reins solides” ont pu tenir jusqu’à la fin des travaux, en espérant une reprise de l’activité de plus belle à partir de 2013. Les autres n’ont eu d’autre choix que de mettre la clé sous la porte. En parcourant le boulevard, on peut facilement constater le nombre important de commerces ayant fermé boutique.

Des enseignes essentiellement marocaines
Les plus optimistes croient en le projet de réhabilitation du quartier, même si rien sur le terrain ne laisse augurer de meilleurs auspices pour la suite. Ils prennent exemple sur les célèbres rues piétonnes dans les principales villes européennes. Mais les professionnels de l’immobilier restent, quant à eux, plus mesurés. «Nous n’avons pas de visibilité aujourd’hui sur l’avenir, parce qu’il s’agit du premier projet du genre dans la ville. Pour se développer commercialement, le quartier a besoin de locomotives », assure Majid Alaoui.
Aux cotés des enseignes déjà présentes comme Keïto ou Lilya, d’autres sont en cours d’installation, comme Marwa ou le restaurateur Luigi. Et il se murmure que le groupe Aksal pourrait acquérir un bâtiment imposant dans cette zone. Mais pour l’instant, il s’agit essentiellement d’enseignes locales. Pour Abel Soulaymani, directeur de développement de l’agence Capital Foncier, « l’activité dans ce secteur est quasi-nulle. Il est peu demandé aujourd’hui pour des projets commerciaux, et encore moins par les enseignes de prêt-à-porter internationales ». Et d’autres n’hésitent pas à aller plus loin. «Tant qu’il y aura des immeubles délabrés, avec des locataires payant des loyers dérisoires et des bars mal famés à tous les coins de rues, le quartier ne changera pas», s’insurge un autre agent immobilier sous couvert de l’anonymat. Le salut du quartier viendra peut être des bureaux, qui connaissent une demande stable. Dans ce domaine, même si les ventes se font rares, la demande de location reste forte. Les prix, quant à eux n’ont que peu évolué. Ils se sont stabilisés entre 100 DH et 130 DH au m².

Un quartier à fort potentiel
Le centre-ville de la capitale économique bénéficie néanmoins de plusieurs atouts. C’est un centre d’affaires par excellence, situé au coeur de la capitale économique. Il abrite de nombreux sièges d’entreprises et banques de la place, ainsi qu’un important tissu de PME. La plupart des hôtels haut de gamme de la ville y sont localisés. C’est aussi une implantation de choix pour les professionnels libéraux (avocats, notaires, médecins etc.) Plusieurs organes de la presse marocaine, écrite ou radiophonique, y ont aussi élu domicile. Au total, cette zone accueille 31 immeubles de bureaux, pour une surface de 240.000 m², selon une étude du cabinet Amundi Immobilier.
Il s’agit essentiellement d’appartements de 80 m² à 120 m², transformés en plateaux de bureaux. Et en plus des résidences qui sortent de terre, d’autres immeubles dédiés aux bureaux, offrant des plateaux de plus grandes superficies (entre 300 m² et 400 m²), plus adaptés à la demande actuelle, devraient voir le jour rapidement. Le quartier abrite aussi plusieurs écoles supérieures et centres de formation. Une résidence étudiantes  de 430 lits, avec une offre de loisirs sur place, serait même en projet.

 

 

130 DH/m2
C’est le prix maximum de location d’un appartement aux alentours du boulevard Mohammed V de Casablanca.

 
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