Economie

Immobilier: Les architectes en colèle

Les architectes de Casablanca n’en peuvent plus des retards qu’ils accumulent à cause des multiples dysfonctionnements au niveau des demandes d’autorisation. Face à l’indifférence de la mairie, les architectes rompent le silence pour crier au scandale 



O
btenir une autorisation de construire  à Casablanca relève du parcours du combattant. Ce ne sont pas les architectes qui diront le contraire. «Nous rencontrons plusieurs problèmes au niveau des  demandes d’autorisation allant de Dar Al Khadamat à la Lydec» avance Karim Sbaï, président de l’Ordre des architectes pour la région du centre. Et d’ajouter,  «le traitement des dossiers peut  prendre jusqu’à 18 mois avant que l’autorisation de construire ne soit accordée». Ces retards, affirme notre source, compliquent la mission des architectes au niveau de la capitale économique  et impactent négativement l’investissement en matière d’urbanisme. En plus, la réputation des architectes n’en sort pas indemne puisqu’ils perdent  leur crédibilité face à leurs clients. «Les maitres d’ouvrage se retournent contre nous, nous demandant des comptes pour les retards qu’enregistrent leurs projets et c’est compréhensible, car  nous sommes les avocats de leurs dossiers», insiste-t-il. Les dysfonctionnements qu’énumèrent les architectes sont aussi nombreux que variés. Que ce soit au niveau des communes  de la ville, Dar Al Khadamat, la Conservation foncière, le cadastre, l’Agence Urbaine de Casablanca, la protection civile ou encore la Lydec, le Conseil régional des architectes pour  la région du centre dénonce le manque d’effectif et de moyens, la lenteur administrative et le manque de traçabilité, des fois même les pertes de dossiers.
«Dar Al Khadamat par exemple  a été créée dans l’objectif de simplifier les tâches administratives, mais la réalité est tout autre au point qu’on se demande si la situation n’est pas pire qu’avant !»,  lance Karim Sbaï. Cet établissement transmet les dossiers aux services extérieurs avec du retard dans un délai pouvant atteindre trente jours. Pour ce qui est de l’examen des dossiers  dans le cadre des commissions mixtes, les multiples problèmes rencontrés au niveau de cette institution induisent un rallongement des délais d’examen pouvant aller jusqu’à six mois.  Les exemples dans ce sens ne manquent pas! Cette situation ne date pas d’hier. Mais la nouveauté dans l’affaire, est que l’ordre des architectes a tenté d’ouvrir un dial ogue avec les autorités de la  ville en la personne du maire, Mohamed Sajid pour trouver une solution.
Or, leur sollicitation est restée lettre morte. Après près de trois mois d’incessantes relances auprès de la  mairie, les architectes ont décidé de passer à la vitesse supérieure. «Nous ne cherchons qu’à instaurer un vrai dialogue avec toutes les parties prenantes pour trouver des solutions concrètes et efficaces  à nos problèmes… faute de quoi, on activera la piste des sit-in, on contactera la tutelle… on peut même envisager l’arrêt des dépôts des dossiers si on nous pousse à le  faire», déclare Sbaï. Il est même envisageable que la Fédération nationale des promoteurs immobiliers rejoigne l’Ordre des architectes dans une action commune. Il faut dire que les  architectes sont bien décidés à aller jusqu’au bout. ■ 

 
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