L'édito

Incohérence

Le projet de Loi de Finances présente 25 mesures fiscales. Elles ne sont pas innovantes, procèdent toujours de la même philosophie, celle de sécuriser les rentrées fiscales à même de permettre à l’État d’assurer ses missions régaliennes, sans handicaper l’économie.


Cette année, on en attendait beaucoup plus. La Covid-19 a déstructuré l’économie, obligeant l’exécutif à intervenir au-delà de ses possibilités budgétaires. Ce contexte est toujours là et il ne changera pas en quelques mois. On ressort les mêmes recettes, taper les cibles captives, c’est-à-dire les grandes entreprises transparentes, en particulier les banques et les salariés et le tabac et l’alcool, ce qui favorise la contrebande. Mais au-delà, cette attitude de nez dans le guidon, risque de nous coûter cher, en nous privant d’une capacité de prospective alors que la crise sanitaire s’envenime, que les nuages s’amoncellent pour les entreprises et que la sortie du tunnel s’éloigne. Les conservatismes sont mortels en cas de crise majeure.

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Le Maroc croit en l’avenir du tourisme; la preuve c’est que la CDG a signé un accord avec le Club-Med autour de trois projets à Essaouira, Tétouan et Marrakech pour une enveloppe de plus d’un Milliard de dirhams. Hourrah ? Calmons-nous.

Personne n’a jamais compris pourquoi est-ce que la CDG, du temps de Bakkoury, a acheté des actions Club-Med alors qu’elles étaient sur une tendance baissière très marquée, mais c’est de la vieille histoire.

Aujourd’hui, encourager une diversification de l’offre, une augmentation des lits est une bonne décision. À condition que l’action de l’État soit cohérente.

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La réforme des établissements publics, une nécessité impérieuse, comporte un volet qui réclame du courage politique. 70 établissements doivent être liquidés. Le Maroc n’a pas réussi à liquider des entreprises qui ont cessé toute activité depuis… 25 ans. La lenteur des processus judiciaire et administratif est extraordinaire. Mais au-delà, cela a un coût social qu’il faut supporter. Ajouter des chômeurs en ce moment est risqué politiquement. Et pourtant, il faut le faire mais proprement et rapidement, si possible en évitant les tribunaux.

 
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