Étude

Indice de compétitivité des talents : le Maroc parmi les derniers de la zone MENA

L’INSEAD Business School, Google et le Center for Economic Growth ont publié, en marge du Forum Économique Mondial (WEF) tenu en Jordanie du 19 au 21 mai 2017, l’édition 2017 de l’Indice de la compétitivité des talents au Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), étude qui classe les pays de la région sur base de leur capacité à attirer, renforcer et retenir les compétences.


Les pays sont classés sur la base de leur préparation pour l’avenir de l’emploi. Ainsi, les Émirats Arabes Unis, le Qatar, l’Arabie Saoudite et le Bahreïn sont bien positionnés, le Koweït et la Jordanie sont assez bien préparés, le Sultanat d’Oman, le Liban et la Tunisie sont moins bien positionnés, tandis que l’Égypte, le Maroc et l’Algérie sont  insuffisamment préparé.

L’Indice propose une approche approfondie de la performance des pays arabes et formule une série de recommandations qui pourraient aider à améliorer leur classement, avec l’investissement dans l’éducation et dans les compétences numériques en premier lieu. Adopter la technologie, renforcer les capacités des petites et moyennes entreprises et fournir un accès abordable et de qualité à Internet figurent aussi parmi les recommandations clés pouvant améliorer la compétitivité des compétences à l’échelle mondiale et régionale, soutient l’INSEAD. « D’un point de vue démographique, la région MENA est plus jeune que le reste du monde, ce qui constitue à la fois une aubaine et un défi. D’une part, il y a l’énergie, la créativité et l’ambition de la nouvelle génération ; d’autre part, leur créer suffisamment d’emplois est indispensable. La technologie représente une dimension critique de ce défi, du moment où les emplois du futur doivent être pensés dans des domaines comme l’intelligence artificielle, la réalité virtuelle et augmentée et le développement continu des compétences. Il est temps actuellement pour les gouvernements et les entreprises de la région MENA d’appliquer les politiques requises afin de saisir les opportunités disponibles pour soutenir l’entreprenariat, la compétitivité et l’innovation dans l’ensemble de la région », estime Dr Bruno Lanvin, directeur exécutif de Global Indices de l’INSEAD. Pour sa part, Patricia McCall, directrice exécutive du Centre for Economic Growth, rappelle qu’ : « avec le plus important taux de chômage chez les jeunes dans le monde, le plus grand défi économique de notre région réside dans la création d’emplois productifs et durables pour les nouvelles générations. Il s’agit donc de développer les compétences de la nouvelle génération afin qu’elle soit compétitive au sein de l’économie mondiale. Cette étude permet aux leaders des secteurs public et privé de prendre les mesures ciblées requises afin de réaliser cet objectif stratégique ».

L’étude soulève que la région MENA a considérablement investi dans l’éducation afin d’améliorer sa compétitivité, avec des dépenses moyennes atteignant 18% de l’ensemble du budget publique (contre une moyenne mondiale de 14%). La zone est confrontée à un contexte commun : pourcentage important de jeunes (2 fois la moyenne mondiale), 30% d’emplois dans le secteur public (contre 10% mondialement), des régulations rigides du marché du travail et une disparité liée au genre social (les hommes ont 3 fois plus de chances d’accéder au marché du travail que les femmes). De plus, l’économie numérique de la région MENA représente 4% du PIB, soit moins que celle de l’Union européenne et la moitié de celle des États-Unis (8%), conclut l’étude.

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