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Industrie du carton: Les opérateurs se crêpent le chignon

Abdelwahab Baen Ayed, PDG de Poulina Group Holding.

Le tunisien Poulina Group Holding a l’intention d’investir le secteur du carton ondulé à travers l’implantation d’une nouvelle filiale au Maroc. Suite à cette déclaration GPC annonce à son tour une implantation en Tunisie.


La guerre s’annonce rude dans l’industrie du carton ondulé. La décision du groupe Tunisien Poulina Group Holding d’installer une usine de carton ondulé au Maroc a pris tout le marché de court. Elle a jeté un pavé dans la mare. Les opérateurs du secteur estiment que ce nouvel arrivant pourrait leur grignoter des parts de marché.

GPC affiche ses ambitions tunisiennes!
A l’heure actuelle, seule GPC (Gharb Papier Carton) a réagi à l’installation de Poulina au Maroc et cela à travers deux investissements à l’échelle nationale et maghrébine. Dans le détail, la filiale du groupe Chaabi envisage de démarrer les travaux de construction d’une nouvelle unité de production à Kénitra. Il s’agit d’un investissement qui permettra à l’opérateur d’augmenter de 30% à 70% son indépendance en termes d’approvisionnement de papier transformable. Le deuxième projet dans le pipe, concerne l’installation d’une usine GPC au pays du jasmin. Le coup d’envoi de ce chantier est prévu pour le premier trimestre 2013. Soit, avant même la date d’implantation de son homologue tunisien au Royaume. C’est en juin 2012 que le groupe tunisien, ayant pas moins de 5 filiales marocaines, opérant principalement dans l’agroalimentaire et dans le secteur avicole (Carven, Copav, Ferdaoues et Gipa Maroc) avait affiché son intention d’investir le secteur du carton. Le groupe avait annoncé être à la recherche du foncier au Maroc. Cela n’a pas manqué de susciter l’inquiétude, voire les velléités, des deux opérateurs qui contrôlent le marché, International Paper (IP), GPC filiale du groupe Chaabi. Sans doute, «le groupe est également attiré par les bons résultats au titre de l’année 2011 des entreprises déjà installées», commente un professionnel du secteur. Menace: le mot était lâché. Et, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils soulignent l’imminent changement de la cartographie concurrentielle du secteur.

Après la pluie, le beau temps
Pour rappel, après l’entrée en vigueur en 2002 de l’Accord de libre-échange avec l’Union Européenne, le secteur a connu de réels changements. D’abord, il y a eu le rachat en 2007 de la CMCP par le premier groupe mondial IP (International Paper). Ensuite, Sifap a été absorbée par GPC, en 2008. Depuis l’achèvement de cette dynamique de concentration, les choses se sont calmées dans cette industrie jusqu’à 2010. A partir de là, la flambée des cours de la pâte à papier, au niveau mondial a fortement impacté le coût de revient de la production. A cette époque, pour remédier à la progression de leur marge, les opérateurs se sont tous mis à la recherche de nouveaux relais de croissance en Afrique. A cet effet, il est important de préciser que Poulina, a également annoncé que l’Afrique subsaharienne sera son prochain terrain de jeu. Alors quelle serait la réaction des opérateurs face à cette future implantation qui menace sérieusement leur business à la fois sur le marché marocain et africain?

 

 

30 à 70%
GPC compte faire un investissement qui lui permettra à l’opérateur d’augmenter de 30% à 70% son indépendance en termes d’approvisionnement de papier transformable.

 
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