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Intelligence collective. Un gouvernement citoyen s’impose

A la veille des échéances électorales au Maroc, tout le monde attend, impatiemment, pour connaître le prochain chef de gouvernement, ainsi que les partis politiques majoritaires qui accéderont au pouvoir.


Mais personne ne s’acharne à se dire : tous les partis sont là avec leurs programmes respectifs, pour satisfaire les attentes de la population, contribuer au développement du pays, défendre les intérêts suprêmes de la Nation et veiller à embellir l’image du Royaume chérifien, aux niveaux, notamment, politique, économique, social, sécuritaire, industriel, artistique, culturel, social, mais aussi sur les plans national, régional, africain et universel.

Bien que le système politique marocain ait atteint un degré élevé de maturité, tous les partis font le pari de remporter ces suffrages, mais aucun d’entre eux n’envisage d’unir les forces de tout un chacun, autour d’une seule Union, dont l’unique intérêt est la construction d’un Maroc fort, puissant et solidaire.

Aujourd’hui et comme a sagement été prononcé, dans le discours adressé, par S.M. le Roi Mohammed VI, à la Nation à l’occasion du 68ème anniversaire de la Révolution du Roi et du Peuple : « Les élections, loin d’être une fin en soi, constituent un levier pour la mise en place d’institutions crédibles dont la vocation est de servir l’intérêt général, de plaider les Causes nationales ».

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Qu’est-ce qu’un parti politique ?
Etymologiquement, un parti politique, dérivé du latin « pars », se définit comme étant une portion, une part ou encore une partie. Il s’agit d’un groupe d’individus qui partage les mêmes intérêts, les mêmes jugements, les mêmes idéologies, et qui s’associe dans le cadre d’une organisation, pour se faire élire, exercer le pouvoir et mettre en œuvre son programme.

Cette définition, bien que paraissant toute simple, est méconnue, volontairement ou involontairement, par très peu d’individus, y compris à l’étranger. Face à un tel flou, en tant que citoyen et patriote, j’ai été, récemment, pris par une appétence de curiosité pour mieux comprendre et assimiler la genèse des partis politiques, à travers le monde.

Je me suis donc empressé d’aller consulter les écrits du doyen français, l’éminent professeur de Droit constitutionnel et de sociologie du Droit, Maurice Duverger, pour apprendre qu’en 1850, aucun pays du monde (sauf les Etats-Unis d’Amérique) ne connaissait de partis politiques au sens moderne du mot.

« On y trouvait des tendances d’opinions, des clubs populaires, des associations de pensée, des groupes parlementaires, mais point de partis à proprement parler ». Ce qui permet de relever que les partis politiques n’ont pas plus d’un siècle d’existence.

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Le prochain gouvernement et les défis de la conjoncture
Le Maroc de 2021 est sur de bons rails, avec le lancement d’une série de réformes et de projets qui s’inscrivent dans le cadre de la mise en œuvre du Modèle de développement et du Pacte national pour le Développement. Etat de chose qui ne pourrait que mettre le prochain Gouvernement dans une situation fort confortable, lui permettant d’assurer, aisément, une mise en œuvre efficiente de l’ensemble de ces chantiers.

Faisant partie du Clan des grands, le Royaume doit, intrinsèquement, respecter, sa feuille de route stratégique, à l’exemple d’une partie d’échecs où d’une part, les coups sont les mêmes qu’ils soient joués sur un plateau en bois (univers réel) ou sur l’écran d’un ordinateur (univers numérique) et d’autre part, les champions internationaux ne sont plus nécessairement des russes, comme dans le passé.

Un monde, en plein chamboulement, où l’anticipation, l’agilité, l’innovation, l’intelligence et la compétence deviennent les seuls facteurs permettant à un pays de sauvegarder sa position dans le Cercle des puissances. Ceci étant, le tâtonnement, l’amateurisme et l’irresponsabilité ne sont plus tolérés.

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Un Maroc puissant requiert des représentants brillants
Pourquoi les partis puisent, systématiquement, dans les curriculums vitae de leurs militants pour les proposer à de hautes fonctions administratives, politiques, diplomatiques, voir même ministérielles ?

Dans cette optique, il est fort nécessaire de prioriser l’intérêt de notre très cher pays et admettons, que seules des ressources humaines, compétentes et éduquées, seraient aptes à être investies dans des projets stratégiques et si pour une haute fonction bien déterminée, aucun groupement politique ne disposait du profil adéquat, acceptons, avec grande joie et fierté incommensurables, l’arrivée d’un technocrate apolitique qui serait apte et remplirait, avec dévouement, patriotisme et exemplarité, ce poste de haute responsabilité.

A simple titre illustratif, on ne pourrait, en aucun cas, favoriser un simple chirurgien, pour accéder à une fonction sensible, consistant à intervenir dans des opérations microchirurgicales d’extrême délicatesse, principalement, pour son appartenance politique. Ainsi, tout citoyen ne pourrait que lancer un appel patriotique au prochain chef de gouvernement pour s’inscrire dans cette nouvelle logique.

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Gouvernement, Citoyens et Patriotisme
Le patriotisme est un point d’ancrage de la Nation et à ce titre, tout Gouvernement devrait, impérativement, veiller à fidéliser, de manière continue, la population à leur destin commun, produisant ainsi à tous les citoyens une forme exclusive de bonheur, caractérisée par un appel national.

Aussi, serait-il fort pertinent que le prochain Gouvernement mène une sérieuse réflexion à l’effet de proclamer le 8 septembre comme « Journée nationale du patriotisme », un jour férié qui serait célébré, par toute la population marocaine, à partir de l’année 2022.

Par Mehdi Hijaouy, expert en Securité, Sûreté, Renseignement et Intelligences économique et stratégique. Fondateur du Washington Strategic Intelligence Center, Mehdi Hijaouy est titulaire d’un Executive MBA en « Stratégie d’Influence, Négociation et Guerre Psychologique » – École de Guerre Économique (EGE), Paris et d’un Executive MBA en « Management des Risques, Sûreté Internationale et Cybersécurité » – EGE, Paris.

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