Interview

« Je ne m’interdis rien »


Rachid Taoussi est dans son élément. Il a toujours cru en sa bonne étoile. Et sa bonne étoile lui disait qu’il était né pour être coach des Lions de l’Atlas.

Cette ambition était tellement ancrée en lui que même en 98, quand il fut adjoint du sélectionneur Henri Michel, il se voyait, tel l’Iznogoud de la B.D., calife à la place du calife.
Henri Michel en prit-il ombrage ? Toujours est-il que Taoussi quitta l’équipage et alla se faire « oublier » dans les pays du golfe.
Cet homme élégant sait que les études constituent un atout précieux. Il s’est bardé de diplômes, tous consacrés à la chose sportive et particulièrement au football.
Si bien que son C.V a dû peser autant que son palmarès au moment où la FRMF devait choisir un remplaçant à Gerets entre Zaki, Fakhir, Amri et lui-même.
Il s’est coulé avec une aisance déconcertante dans le costume du coach au point de répondre, sans fausse modestie, que l’ambiance au sein de l’équipe nationale est, à son image, c’est-à-dire belle.

Challenge. Comment se passent les choses avec les joueurs en concentration ?
Rachid Taoussi. C’est simple, elles sont comme le chef, tranquilles et en pleine confiance.

 C’est-à-dire ?
 C’est-à-dire que je travaille à remettre le football marocain sur le vrai chemin, celui de la préparation scientifique et rationnelle. Notre arrivée précoce à Johannesburg a été spécialement étudiée pour des questions d’adaptation au climat et à l’altitude. Nous sommes aussi accompagnés par un physiologiste et un diététicien. Nous ne voulons rien laisser au hasard.
Ensuite les matchs seront la résultante de notre préparation.

Confiant ?
 Bien sûr, et pourquoi ne le serait-on pas ?
Le challenge est difficile mais à notre portée. Passer au deuxième tour serait déjà une performance puisque cela fait huit ans que le Maroc n’y est pas parvenu.

Est-ce à dire que c’est cela l’objectif que vous vous êtes fixés en cette CAN 2013 ? 
Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Une fois au deuxième tour, et je sais et je le répète que ce sera difficile, l’équipe sera décomplexée et prenant confiance elle visera plus haut. Il s’agira de gagner un match et on sera en demi finale … Et là .

Et là, que se passera-t-il ?
R.T. J’adore le proverbe qui dit que l’appétit vient en mangeant. A partir de là, tout sera possible, tout sera ouvert …

Doit-on déjà préparer l’Arc de triomphe et les banderoles ?
Non, chaque chose en son temps. Et pourquoi pas, le public marocain a besoin de cette apothéose. Croyez-moi, on travaille dur ici à Johannesburg pour réussir la meilleure CAN possible.
Tout le monde y  croit. On en a les moyens  et les motifs de satisfaction, on a pu fédérer tous les joueurs. Il n’y a plus de clans comme auparavant et qui empoisonnaient l’ambiance au sein des Lions de l’Atlas .

Est-ce pour cela que vous n’avez pas appelé Kharja et d’autres ?
No comment, s’empresse de préciser Taoussi avant de continuer : n’oubliez pas que le Maroc doit organiser la CAN 2015 où il lui faudra briller. La sélection présente à la CAN 2013 a une moyenne d’âge de 24 ans. C’est la plus petite du tournoi. C’est une équipe d’avenir, et la former au mieux possible c’est aussi un objectif.

Qui sera titulaire dans les buts du onze national ? Vous allez reconduire Lamyaghri ?
R.T. Pour ce poste ce sera Said Baddou, mon adjoint responsable des gardiens de but, qui tranchera. Et je respecterai son choix.

Les demi-finales de la CAN 2013 sont prévues pour le 9 février, c’est aussi la date de votre anniversaire ?
Quelle jolie coïncidence, j’espère fêter mes 43 ans ce jour là par la plus belle des victoires. Vous rendez-vous compte, passer en finale de la CAN ce jour là sera un signe du destin !

Et le très croyant Taoussi, tout en saluant tous les lecteurs, insiste pour que tous ses amis l’accompagnent de leurs prières.
A l’aéroport, le jour du départ, j’ai demandé cela à tous ceux qui étaient venus nous encourager. Je crois en la force des prières et des Daâouats Al Kheir. Surtout celles des personnes âgées et des mamans. Leurs prières viennent du cœur. Et Dieu sait ce qu’il y a dans les cœurs.  Alors remplissez votre cœur de bonheur et d’espoir de victoire. 

SON PARCOURS
 Nommé en septembre dernier à la tête de l’équipe nationale de football, Rachid Taoussi dispose de l’un des CV les plus riches des entraîneurs marocains. Champion d’Afrique en 1997 avec l’équipe nationale junior, quart de finaliste de la Coupe du Monde juniors avec cette même équipe en Malaisie, champion de la coupe de la CAF avec le Moghreb de Fès en 2011, puis de la super Coupe Africaine, ainsi que la Coupe du Trône la même année, Taoussi a su clairement imposer son nom sur la scène footballistique nationale. Né en février 1956, il est actuellement titulaire du diplôme de l’Ecole Nationale Supérieure du Sport (major de la première promotion), d’un DESS en management et entraînement sportif. Il a également un diplôme d’Etudes approfondies en physiologie des activités physiques et sportives de l’Université de Reims.

SON ACTU
Après avoir réussi sa première mission, celle de qualifier le Maroc à la Coupe d’Afrique des Nations 2013 en Afrique du Sud, le voilà arrivé avec le Royaume dans cette compétition continentale qui démarre ce 19 janvier.

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