Sport

Jeux africains : C’est tout bon ou c’est bidon ?

De l’indifférence à la connivence 


Chacun a vu ce qu’il a bien voulu voir dans ces Jeux africains que le Maroc a abrités en ce mois d’août dernier. Pour les uns l’essentiel a été fait, réalisé et même réussi, alors que pour d’autres ce rendez-vous continental n’a fait que souligner la chute vertigineuse du sport marocain. Les premiers vantent la phénoménale capacité du Maroc d’accueillir, à la satisfaction quasi générale, les six mille personnes de cette compétition qui a fait reculer nombre de pays, préférant déclarer forfait  devant l’ampleur des difficultés plutôt que de prendre la responsabilité d’organiser une foultitude d’épreuves sportives entre nations et avec un cachet olympique.

Sur ce point, le Maroc a relevé le défi et emporté le challenge haut la main. D’ailleurs, le ministre de la Jeunesse et des Sports n’a pas manqué de s’en féliciter lors de la cérémonie de clôture, et cette satisfaction du ministère de tutelle peut et doit rejaillir sur l’ensemble des institutions du Royaume.

Cependant, en toutes choses, il y a les faits et il y a les commentaires. En sport, phénomène populaire par excellence, bien souvent, les commentaires prennent le pas sur les faits. Comment cela est-il possible car tout évènement réussi suppose qu’il a été bien exécuté et à ce moment-là, point barre. On ne devrait pas aller plus loin.

L’organisation des Jeux africains aurait pu, pour une raison ou une autre, lamentablement foirer et notre pays serait montré du doigt et vilipendé sur la scène internationale. Alors donc, si on a échappé à une telle catastrophe, pourquoi couper les cheveux en quatre et se chercher la petite bête ?

Pourquoi se permet-on de dire que notre pays est devenu un « traiteur » organisateur de fêtes et de banquets, comme si être « traiteur » c’est faire partie d’une profession dévalorisante, alors que c’est loin d’être le cas ; mais tout le monde aura compris le sens qu’on a voulu donner à ce vocable. En clair, ils nous disent que lors des Jeux africains, le pays organisateur, le Maroc en l’occurrence, s’est contenté de passer les plats, sans participer à la fiesta des médailles.

Plus grave encore, les mêmes détracteurs nous assènent que les Marocaines et Marocains ne se sont classés « que » cinquième derrière leurs homologues égyptiens, sud-africains, nigérians et algériens, pour bien signifier la honte, l’humiliation, l’échec…

Voilà donc le constat qu’ils voudraient que l’on fasse des Jeux africains, ces Jeux qui n’auraient fait que démontrer l’incapacité chronique de nos fédérations et de leur gouvernance.

Répétons-le, chacun a le droit de choisir son camp. Celui des réjouis ou celui des déçus.

Tout en n’oubliant pas quelques petites nuances. Des nuances qui font la différence, et qui remettent les choses à leur place.

En fait, ces Jeux n’ont été ni une réussite ni un échec. Ils ont simplement été le miroir exact de notre société. Une société qui juge sans analyser et qui donc condamne avant que de s’informer. Lorsque notre pays a accepté de relever le défi de recevoir 53 pays africains pour des joutes sportives, on n’était sûr que d’une chose : c’est que l’on n’avait aucune chance d’être sur le podium tant notre faiblesse dans plusieurs sports est patente. 

Hand-ball, basket, gymnastique, volley-ball, natation, sont en crise depuis des lustres. Les mésaventures du football et de quelques-uns de nos champions en athlétisme, ont été ajoutées au triste tableau, malgré les bonnes surprises du karaté et du taekwondo, bref des sports de combats, qui, avec le judo et la boxe ont fait plus que tirer leur épingle du jeu. Même si là aussi, on doit rester prudent, car les médailles d’or africaines doivent être confirmées au niveau supérieur.

Maintenant, on attendra nos karatékas, pugilistes et autres sports de « combats» sur la scène des Jeux Olympiques, véritable mesure de la compétitivité. L’or olympique est jusque-là le domaine réservé de l’athlétisme, même si nos championnes et champions peinent depuis plus d’une décennie à s’y imposer.

N’empêche, désormais la pression ne sera plus sur la seule FRMA mais sur les patrons du karaté,  taekwondo et autres dérivés seront attendus au tournant de Tokyo (JO 2020). Et d’ores et déjà on leur souhaitera bon courage, car le public marocain déteste être déçu. Le football et le calme Sellami en savent quelque chose, tout autant que le vaillant El Bakkali, hyper favori au 3000 m steeple et qui ne fut «que» 3ème. 

Honnêtement, ces Jeux commencés dans l’indifférence (oh ! ce stade désert lors de la cérémonie d’ouverture) n’ont réveillé les observateurs et critiques que lors des « contre-performances ». On dirait que certains n’attendaient que le «casse gueule » total pour venir nous crier : « Je vous l’avais bien dit ! ».

Or, justement, il n’y a rien à dire parce que le sport marocain est ce qu’il est. Personne n’est dupe, et tous attendent le grand balayage que la lettre Royale des Assises du Sport avait laissé entrevoir.

Un sport marocain malade de ses dirigeants mais aussi des connivences existant entre responsables et journalistes. C’est dingue que dans les « analyses », après coup, comment certains ont voulu protéger les uns et désigner les autres.

Exemple, l’athlétisme d’Ahizoune a été plus « démoli » que le cyclisme de Maître Belmahi ou la lutte du fameux Maskout.

Certes on ne prête qu’aux riches, mais que diable, par respect au moins envers ceux qui pendant quinze jours ont porté sur les pistes le fardeau de ces Jeux, on devrait être juste et honnête dans nos commentaires.

Le Maroc cinquième africain ? Et alors ! On essaiera de faire mieux la prochaine fois. A condition que les leçons de nos Jeux, toutes les leçons soient réellement apprises. Cela commence par une étude technique, statistique, et donc honnête qui rendra justice à ces centaines de nos jeunes qui ont cru à leurs chances et les ont défendues crânement.

Ne mériteraient-ils pas au moins que leurs noms soient mentionnés, ne serait-ce que pour l’histoire, dans un bilan de ces jeux africains qui doivent après l’indifférence et la connivence, créer la confiance.

Cela situerait enfin le vrai potentiel de notre sport, loin des copinages et compromissions et c’est un devoir que l’on doit à tous.

Un public mieux informé passera alors facilement de l’indifférence à l’espoir, à l’engouement et donc à la confiance.

Le Raja, encore une fois

Ça ne rate jamais. A chaque Coupe du Trône, son lot de surprises.

A force, ces résultats sidérants ne devraient plus… nous surprendre.

Le Raja, club mythique s’il en est, a payé son dû aux surprises du foot. Remarquez, il y en a eu plein d’autres de surprises ce week-end, mais c’est l’élimination rajaouie qui a fait le plus jaser.

Gloire aux joueurs de Khmiss Zemamra (région de Doukkala).  Mais cette défaite du Raja aura gommé celle de l’OC. Khouribga du cher Taoussi, qui s’est fait piéger par la terrible séance de pénaltys face à l’Olympique D’cheira.

Pour la R.S Berkane éliminée par Khénifra, c’est le coach tonitruant et méritant du club « orange », qui est parti se faire voir ailleurs. Injuste pour Jaouani, mais le foot est comme ça.

On ne dira rien du Chabab de Mohammadia du très ambitieux Hicham Aït Menna qui, cette fois, a dû passer son tour. 

Loin des regards, les vrais de vrais ont peaufiné leur statut : Zaki avec le DHJ et Walid Regragui avec le FUS. La « qualif » de ces deux clubs a été impressionnante, car obtenue sur des clubs durs à cuire.En tout cas Zaki et Regragui, jadis embarqués dans la même aventure (Lions de l’Atlas 2004), se sont rappelés aux bons souvenirs de tous.

 
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