Les chroniques de Jamal Berraoui

Karabakh : Erdogan en grand vainqueur

Les Arméniens ont, une nouvelle fois, été lâchés par la communauté internationale. Leur défaite est sans appel. Le Karabakh, c’est un héritage des années 20 du siècle dernier.

Suite à la fin du Califat ottoman, c’est l’URSS qui s’empare de toute la région. L’Arménie et l’Azerbaïdjan en premier. Elle décide que le Karabakh fait partie du territoire administratif de l’Azerbaïdjan, alors que la population était à 95% arménienne. Cela n’avait aucune importance puisque c’est le Kremlin qui écrase tout le monde. Mais à la fin de l’URSS, le problème devient essentiel. L’Azerbaïdjan et l’Arménie sont indépendants et le Karabakh devient un enjeu d’inimitié. Il y a eu deux guerres auparavant, avec une victoire arménienne. La République du Karabakh n’est pas reconnue, mais perdure, alors que la légalité internationale défend l’intégrité territoriale de l’Azerbaïdjan. Des pourparlers sont mis en place pour une solution politique, impossible entre deux nationalismes naissants, belliqueux.

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L’Azerbaïdjan s’arme grâce aux recettes du pétrole et attend l’heure de la vengeance. Le contexte international, l’absence de l’Union européenne, malgré les gesticulations de la France, les USA regardant ailleurs, l’offensive est lancée. En six semaines, la victoire écrasante est acquise. C’est Poutine qui fixe les règles du cessez-le-feu. Parce qu’il n’est pas éloigné des prétentions hégémoniques, il doit satisfaire la Turquie, pour préserver l’essentiel, c’est-à-dire le territoire reconnu de l’Arménie. Alors l’accord prévoit un corridor pour la Turquie, la liant à l’Azerbaïdjan, surveillé, assuré par l’armée russe. Cela permet à Erdogan de revenir sur toute la zone d’influence turque d’avant la première guerre mondiale. Le Karabakh reste divisé, mais Poutine et Erdogan ont décidé. Le groupe de Minsk n’existe plus.

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Ces deux acteurs ont les mêmes visées : étendre leurs zones d’influence. Ils ne sont pas alliés, mais se mettent d’accord chaque fois qu’ils peuvent partager les gains en éjectant les autres puissances. C’est une nouvelle donne de la géopolitique internationale. On le voit sur plusieurs terrains. Cela ne présage rien de bon parce que cela anime les conflits régionaux. Les récriminations de l’Europe sont juste des palabres parce que son union est factice. Les USA reviendront-ils dans le jeu ? Wait and see.

 
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