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La 12ème rencontre du Groupe 5+5 Des vœux pour un avenir incertain

Les ministres des Affaires étrangères sont des personnalités très occupées. Ils sont tout le temps pris par les affaires du monde et n’hésitent pas à se sacrifier, prenant beaucoup de vols et résidant continuellement dans des chambres d’hôtels qui perturbent leur sommeil. Et pourtant, ils sont les plus exposés et les plus suivis par les médias au niveau international. par driss alandaloussi


Ouverture à Tanger de
la conférence ministérielle
du Dialogue 5+5.

Tanger a repris la marche entamée par le processus des rencontres des ministres des Affaires étrangères des pays de l’ouest de la Méditerranée. Les chefs de la diplomatie de ces pays, qui sont au nombre de 10, ont répondu «présent» à l’exception de celui de notre voisin algérien qui s’est contenté de déléguer cette tâche à son secrétaire général.

La Méditerranée au cœur d’une actualité malheureuse

La Méditerranée fait l’actualité non par une marche vers le progrès et la croissance, mais par les drames que connaît la partie sud et dont les effets ont indéniablement atteint la partie nord. La mer, qui a vu naître des civilisations et qui a été le berceau des religions monothéistes et de beaucoup d’écoles de philosophie, est devenue un gigantesque cimetière pour les enfants, les jeunes et les femmes. Les discours sur les malheurs sont devenus monnaie courante au moment où les pays de la rive nord n’agissent que rarement et finissent par subir les conséquences de drames auxquels ils ont, parfois, contribué.

Les solutions sont peut-être entre les mains des jeunes et de la société civile

C’est dans ce contexte, que les ministres ont senti le besoin de recadrer leur système de travail en faisant appel aux jeunes et à la société civile. Le ministère des Affaires étrangères et la Fondation Anna Lindh, ont organisé cette rencontre qui constitue une première dans ce forum, dont la création remonte à 1990. La société civile doit «s’approprier les thématiques et les enjeux actuels de la Méditerranée occidentale». Les défis que représente la jeunesse du sud de cette mer sont grands. Ils sont 60 millions, et 3 millions d’entre eux arrivent annuellement sur le marché du travail sans que l’offre ne soit au rendez-vous et que la porte d’accès à la dignité ne soit toujours possible. La formation, la mobilité et les solutions innovantes en matière d’intégration des jeunes sont un processus qui doit être amorcé à travers une mutualisation des moyens et une coordination des politiques.

Croissance, sécurité et jeunesse : quelles actions ?

Les ministres se sont retrouvés le 7 octobre pour débattre des questions politiques et économiques. Ils ont encouragé les Libyens à conclure leurs négociations par la formation d’un gouvernement d’union nationale. La situation en Libye n’est pas sans impact sur ce qui se passe dans le domaine de la migration clandestine vers la rive nord de la Méditerranée. Les différents trafics d’armes accentuent les dangers sécuritaires et rendent stratégique le travail coordonné des pays dans ce domaine.
Les ministres ont choisi un menu consistant pour leur réunion, avec comme axe central «la sécurité en Méditerranée et dans son voisinage» avant de s’atteler à deux questions relatives à la croissance économique et à la jeunesse. La coordination entre les pays a été au centre des débats, afin d’aller vers plus d’acquis.
La conférence de presse tenue à l’issue des travaux de la rencontre a permis de relever l’agenda futur du Groupe 5+5 dont la présidence sera assurée par la France durant les prochaines années. La question de la coordination en matière de lutte contre les dangers climatiques est essentielle pour réussir le pari de la «COP 21» qui se tiendra à Paris au mois de décembre prochain et qui sera suivie par la tenue de la 22ème session au Maroc, vers la fin de 2016.

Vers une 3ème Intifada : Fabius et Mezzouar précisent

Plusieurs thèmes ont été soulevés, notamment les débordements dont sont victimes les Palestiniens et qui sont en train d’ouvrir la voie à une troisième Intifada. Laurent Fabius a tenu à rappeler la position de la France concernant la colonisation, qui doit s’arrêter pour rendre viable la solution de deux Etats. Salaheddine Mezzouar a tenu à souligner le rôle de la France dans la recherche d’une paix durable au Moyen-Orient, tant par ses initiatives – et notamment la formation d’un groupe de suivi de la question palestinienne – que par ses positions. Mezzouar a tenu à attirer l’attention sur la situation dangereuse provoquée par le gouvernement israélien à Al Qods et ses effets sur la vie des Musulmans et des Chrétiens qui cohabitent dans ce lieu saint pour les trois religions.

La mobilité et le bilan à dresser pour justifier l’existence d’un forum

La question de l’ouverture des frontières devant les jeunes est encore loin, a affirmé le ministre portugais des Affaires étrangères. Il faut encourager la mobilité des étudiants à travers des systèmes de bourses, à l’instar du système «Erasmus» en Europe. Le ministre a reconnu, suite à une question de «Challenge», que le bilan de ce forum 5+5 n’est pas totalement négatif et qu’il faudra le consigner dans un document. «Nous ne pouvons pas tout résoudre», et notamment en matière de gestion des conflits armés. Mais il y a des côtés positifs dans notre bilan», a affirmé le ministre. Les réunions sectorielles qui ont été tenues durant les deux dernières années ont été utiles dans plusieurs domaines.
En attendant des jours meilleurs pour la Méditerranée, les écarts continuent de se creuser entre son sud et son nord, les conflits armés continuent de fragiliser la vie des populations et l’insécurité grandit et menace toute la région. Les diplomates sont optimistes et continueront à se concerter et à dialoguer lors des prochaines sessions 5+5. Ils émettront des messages qui doivent normalement être reçus 5 sur 5 !

 
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