Interview

«La banque n’a pas de problème de liquidités»

Le management table sur une progression de croissance de 10 % chaque année de son activité de banque privée. Nouveautés 2014 : innovation dans les moyens de paiement, la banque par Internet et par téléphone, les produits de placements…  


Challenge. Il y a quelques semaines, la presse a repris une analyse qu’une des filiales d’une grande banque a élaborée entre autres sur les résultats baissiers de votre banque. Un commentaire ? 

Khalid Chami. Je n’ai pas de commentaires à faire à ce sujet. Effectivement, nous avons publié nos résultats semestriels 2013 comme l’exige la loi. Le contexte marocain est difficile. Nous avons un niveau de PNB (NDLR :produit net bancaire) qui est équivalent à 2012, il ne baisse pas. Nos frais généraux sont maîtrisés. Par contre, ce qui pénalise le plus nos résultats, c’est le coût du risque avec une politique de provisionnement qui reste rigoureuse. Ce coût a presque doublé comparativement à l’année dernière. 

C. Sera-t-il aggravé à la fin de l’année ? 
K.C. Je ne crois pas que le coût du risque va s’accélérer. Il n’est cependant pas impossible que nous générions un coût du risque qui soit un peu plus important que celui de l’année dernière. Mais j’espère que nous assisterons à un atterrissage d’ici à la fin de l’année ou en 2014. C’est ce que nous anticipons.

Khalid Chami président du directoire de Société Générale Maroc (SGMA)

C. Vous lancez aujourd’hui la banque privée de Société Générale Maroc. Est-ce une manière pour vous de résorber, entre autres, des problèmes tels que ceux liés à la liquidité ? 
K.C. Je voudrai tout d’abord préciser que Société Générale Maroc n’a pas de problème de liquidités. Elle n’est quasiment pas emprunteuse chez la Banque centrale. Le marché globalement n’a pas non plus de problème de liquidité puisque Bank al Maghrib procure la liquidités, pour les banques. Ces dernières sont par ailleurs passées de statut de prêteuses à la Banque centrale à emprunteuses durant ces dernières années. Le système bancaire lui emprunte environ 70 milliards de dirhams. Mais SGMA est presque à un niveau zéro. Il n’y a donc aucun lien à faire entre le lancement de la banque privée de SGMA et les besoins de liquidités. Aujourd’hui, nous faisons en fait seulement évoluer un dispositif qui existe depuis une dizaine d’années. La concurrence s’est mise en ordre de marche et nous nous devions d’y répondre. Nous espérons alors générer à travers ce projet de la liquidité supplémentaire pour la banque. 

C. Dans ce projet, Société Générale Private Banking a noué un partenariat avec SGMA. A-t-elle un droit de regard sur les dossiers traités que va traiter la banque privée ? 
K.C. Pas du tout. Le partenariat que nous établissons consiste à ce que SG Private Banking se mette au service de Société Générale Maroc pour lui offrir un support d’expérience, d’expertise produits, d’outils… Mais le marché français n’a rien à voir avec celui marocain qui reste très limité… 

K.C. En effet, pour des raisons réglementaires, les clients marocains ne peuvent par exemple pas détenir des devises, sauf dans des conditions très particulières. Il n’y aura donc pas d’offres mutuelles. Les offres seront propres à SGMA. Par contre, nous pouvons construire des produits à forte valeur ajoutée basés sur l’expérience que SG Private Banking a acquis dans ce domaine dans différents pays du monde.   

C. Qu’en est-il des plus que vous comptez offrir comparativement à la concurrence? 
K.C. Tout ce que je peux vous dire pour l’instant, c’est que nous allons apporter des évolutions dans nos offres. Nous allons innover dans les moyens de paiement, dans nos relations avec les clients, dans la banque par Internet, la banque par téléphone, dans les produits de placements…  

C. Quels sont vos objectifs de réalisation ? Quel sera le poids de la banque privée dans les résultats financiers de SGMA ?
Ce que je peux dire, c’est que nous avons des ambitions de croissance sur ce segment de clientèle d’environ 10 % annuellement. C’est volontariste. Cette population pèse pour un poids important dans les ressources du système bancaire. L’ensemble des banques a donc tout intérêt à choyer cette clientèle. 

C. Dans le classement des banques, on retrouve toujours le trio de tête constitué par Attijariwafa Bank, BMCE et BCP. Société Générale Maroc n’a-t-elle pas l’ambition de faire partie des premières banques ? 
K.C. SGMA est le premier groupe bancaire marocain avec un actionnaire de référence internationale. SGMA a l’ambition de continuer à être classée dans les enquêtes qualité, comme étant la banque qui est la mieux perçue par ses clients en termes de qualité de services. Tout ceci doit normalement nous mener à avoir une ambition d’augmentation de parts de marché. 

Mais je ne crois pas qu’à ce stade, nous puissions rattraper nos concurrents. Nous allons continuer à capitaliser sur nos qualités pour nous développer. 

 
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