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La caisse de compensation et la flambée des prix

L’année 2012  s’achève sur un énorme  déficit budgétaire qui atteint 7.5 % du PIB.En jetant un petit coup d’œil sur les recettes et les dépenses, on remarque que ces dernières progressent beaucoup plus rapidement que les premières ! La cause ? La Charge de compensation ! Une réforme de plus qui s’impose et le plus vite possible. La dégradation de la perspective de notre note souveraine par Moody’s nous prouve qu’on est déjà en retard.


La réforme d’une telle politique publique n’est pas aisée et la moindre erreur nuira automatiquement à la stabilité sociale du royaume.La solution mise en place sera donc  forcément graduelle,  notre  budget étatique ne sera donc allégé (au cas où la solution était vraiment la bonne) qu’à moyen terme. De toute façon, l’équipe gouvernementale s’est exprimée clairement  sur sa volonté de décompensation et de redéfinition de sa stratégie de ciblage. C’est en effet l’idée la plus soutenue par les experts et spécialistes car il n’est ni acceptable ni logique de continuer à subventionner des entreprises utilisant des matières premières dans un processus de fabrication de produits loin d’être de première nécessité.

L’équation est malheureusement très complexe d’où la méfiance de l’opinion publique. Une complexité qui réside dans le déploiement de cette nouvelle stratégie : comment peut on définir une classe démunie ? Qu’en est-il de la compétitivité des entreprises ? Qu’est ce qu’un produit  de première nécessité ? Des questionnements qui font couler beaucoup d’encre. La méfiance qui règne est tout à fait légitime car en économie tout est lié !Et même dans le cas d’un mode de décompensation équitable il y’aura forcément une tranche de concernés perdante !  Je crois qu’il faut plutôt mettre le doigt sur la racine du mal. Note modèle économique est en effet fondé sur une logique de consommation qui pousse le pays à importer.

La logique des marchés internationaux est malheureusement cruelle ! Les matières premières (que se soit des produits alimentaires ou les hydrocarbures) se vendent dans de grandes bourses dont les acteurs ne sont pas forcément des professionnels du secteur. La plupart d’entre eux sont plutôt des traders qui spéculent et qui ont réussi à donner à ces produits le statut de valeurs refuges dont le prix ne cessera d’augmenter surtout en période de crise.

Le Maroc ne pourra en aucun cas changer cette réalité, il a intérêt donc à agir sur les volumesimportésvia des mesures qui boostent l’agriculture nationale d’une part et l’utilisation des énergies renouvelables d’autre part. C’estcette solution qui permettra à notre système de compensation de survivre à la flambée structurelle  des prix  et qui nous permettra tous, riches et pauvre, citoyens et entreprises de bénéficier de prix abordables sans pour autant peser sur les finances de l’état. 

 
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