Entreprises & Marchés

La Confédération nationale cherche leader désespérément

Jalil Benabbès Tâarji, président de la FNT (2004-2009), Mohamed Benamour, président fondateur de la FNT (1999-2004) , Othman Chérif Alami, président de la FNT (2009-2011) , Ali Ghannam, président de la CNT (2011-2014)

Tourisme. Tant convoitée de 2000 à 2010, la Confédération nationale du Tourisme (CNT) n’arrive plus à mobiliser les professionnels. Résultat des courses : alors que les dépôts de candidature pour sa présidence étaient fixés au 4 décembre, un dossier a été enregistré et certains ténors du secteur contactés pour prendre les rênes de l’organisation ont tout simplement décliné. par  Adama sylla


Ce jeudi 4 décembre 2014 à 18 heures, la Confédération nationale du Tourisme (CNT) devait clôturer les dépôts de candidature pour sa présidence. Alors qu’au moment où nous mettions sous presse, seul le dossier de candidature du binôme Abdellatif Kabbaj-Fouzi Zemrani, qui postulent respectivement aux postes de président et président délégué, était sur la table du CNT : le premier, actuel PDG du groupe Kenzi et président de la Fédération nationale de l’industrie hôtelière (FNIH) et le second, directeur général de l’agence de voyage Z’Tours à Marrakech et ancien président de la Fédération nationale des agences de voyages du Maroc (FNAVM). Et le Conseil d’administration du CNT qui se réunit ce vendredi 5 décembre 2014 va avaliser le dossier du seul binôme candidat, pour prendre les rênes de la CNT avant l’Assemblée générale élective prévue le 23 décembre.  
Cela voudrait dire que l’on assistera à une élection sans débats, ni sur le fond ni sur la forme. Le patron d’un grand groupe hôtelier à qui on a demandé pour qui il allait voter a répondu : « je ne voterai pour personne, encore moins pour un programme». En sera-t-il ainsi pour tous les autres ? Il faut dire que la Fédération nationale du tourisme (FNT), devenue CNT, n’arrive plus depuis longtemps à mobiliser les professionnels du secteur. Résultat des courses: cette organisation professionnelle a beaucoup perdu de son aura et de son influence auprès des autorités publiques, notamment le gouvernement. Ce que moult opérateurs du secteur du tourisme regrettent aujourd’hui. Ce n’est pas faute d’avoir essayé. En effet, consciente de la situation, la CNT a tenté de remobiliser ses troupes en organisant le 22 octobre dernier, une rencontre au sommet qui a particulièrement mis l’accent sur la nécessité de resserrer les rangs et de reconstruire une confédération forte, capable d’être une force de proposition et de pression. Lors de cette rencontre, certains intervenants ont fait remarquer que  le secteur a pris un coup au niveau de sa perception et de son image et il est au plus bas de sa cote depuis 2008». D’autres font constater que le tourisme n’est plus considéré comme étant un secteur prioritaire pendant qu’il représente bon an mal an près de 10% du PIB en drainant au Maroc plus de 60 milliards de DH de recettes en devises et employant près de 500.000 personnes. Comme argument, ils n’ont pas hésité à pointer du doigt l’organisation des dernières Assises du tourisme à Rabat. Selon eux, la CNT n’a pas joué son rôle dans la tenue de cet évènement qui jadis, réunissait pendant trois jours près d’un millier de délégués et invités dont une belle brochette de ministres, de patrons de groupes, de T.O internationaux, de fonds d’investissement, de banques…, faisant de ce rendez-vous le centre de gravité de l’économie nationale. Face à tout cela, les professionnels se sont mis d’accord sur la nécessité et l’urgence de prendre des mesures pour redorer l’image de leur secteur et lui redonner la place qui lui revient dans l’économie. Ils ont ainsi décidé d’organiser un congrès avant le 5 décembre, date de la tenue du Conseil d’administration de la CNT. Ont-ils aussi chargé Othman Chérif Alami, Président d’Atlas Voyages et président d’honneur de la CNT de piloter l’opération. Depuis, ledit congrès n’a toujours pas eu lieu, peut-être occupé à faire revenir à la barre certains hommes forts du secteur. En effet, des tractations ont été menées depuis plus de deux semaines pour convaincre certains ténors du microcosme du tourisme de se présenter. Mohamed Benamour, président fondateur de la Fédération nationale du tourisme a été sollicité en premier dans ce sens. Le Président du groupe KTI-KTH a tout simplement décliné la proposition. «Depuis 2003, j’ai pris un peu de recul pour me consacrer au Conseil du Développement et de la Solidarité (CDS) que je préside et qui  ambitionne d’accompagner le développement économique et social du pays », dit-il. Pour celui qui a signé le contrat-programme de la vision 2010 du tourisme devant le Souverain, force est de reconnaitre que la FNT devenue la CNT a perdu du terrain pour plusieurs raisons, notamment son modèle d’externalisation hors de la CGEM, un problème de leadership et sa corporatrice. «Pourtant, la vision 2010 a bien fait des émules avec les plans Emergence, Halieutique, Maroc Vert… », regrette-t-il. Autre ténor du secteur approché, Omar Kabbaj, Président du Conseil Régional du Tourisme de Casablanca (CRT), qui a jugé que les conditions n’étaient pas encore réunies… Il faut dire que depuis 2010, l’organisation qui fédère les associations du tourisme a perdu d’année en année son lustre d’antan. Et pour ne rien arranger, ses caisses sont pratiquement vides. Du chantier en perspective pour le futur binôme qui prendra les rênes.

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