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La corruption et la gestion publique

Abdelilah Benkirane, Chef du gouvernement, entouré de Mohamed El Ouafa (à droite), ministre délégué Chargé des Affaires générales et de la Gouvernance et Driss Al Andaloussi, président de l’AMIF.

Le fléau que constitue la corruption s’amplifie et s’érige en un facteur de blocage des réformes en matière de gestion publique. L’association des membres de l’Inspection générale des finances (AMIF) a organisé à cet effet le 14 mai une journée d’étude pour examiner cette problématique et ses différents impacts sur la gestion publique. par  Abou Anass


L

e caractère urgent de la lutte contre la corruption a été au centre de toutes les interventions lors de cette journée, et à leur tête le Chef du gouvernement Abdelilah Benkirane qui  a insisté sur le caractère nocif de cet acte immoral et antiéconomique. Il a adressé  des messages de reconnaissance et de considération aux membres de l’Inspection générale des finances et a insisté sur la nécessité de renforcer ce corps de contrôle des finances publiques pour qu’il joue pleinement son rôle et qu’il accomplisse les nouvelles formes d’audit et d’évaluation des politiques publiques. Les textes organisant le travail et la carrière des inspecteurs seront actualisés pour s’adapter à l’évolution politique, institutionnelle et financière du pays.

 A noter que cette manifestation a été organisée par l’AMIF dans le cadre du 54ème  anniversaire de la création de l’IGF. Le débat organisé autour du thème de la corruption s’inscrit dans une longue série d’activités à caractère scientifique et culturel qui s’est étalée sur une période de 50 ans. Les thèmes qui étaient considérés comme brûlants à une époque de notre histoire récente ont toujours été au centre des préoccupations de l’association et de ses partenaires publics et ceux relevant de la société civile. Durant cette journée , Driss Al Andaloussi, président de l’AMIF a déploré le non enracinement de la culture de la réédition des comptes chez beaucoup de responsables  et  a avancé le chiffre de 5000 rapports dont 28 ont été examinés par la justice. Ces rapports ont été pleins d’observations et de recommandations qui ont été d’un grand apport pour les organismes audités ou vérifiés. Le renforcement de toutes les institutions de contrôle des finances publiques constitue un des moyens les plus efficaces pour préserver les deniers publics contre les dangers qui les guettent sous forme de corruption, de mauvaise gestion et d’incompétence.

Cette journée a vu la participation de Saddouq Abdessamad, secrétaire général de Transparency Maroc, Khalid Bendaou, de l’IGF et Yassine Fokara de l’Instance centrale de protection contre la corruption. L’ensemble des interventions au niveau du deuxième panel dirigé par Abdellatif Bennani ancien président de l’AMIF, a mis l’accent sur le caractère multidimensionnel de la lutte contre la corruption et notamment les moyens institutionnels, juridiques et éducatifs. Poursuivre les corrompus pour préserver les deniers publics et garantir les conditions de réussite des programmes de développement de notre pays , renforcer les dispositifs de contrôle et  de réédition des comptes et consolider les bases éducatives de l’intégrité citoyenne sont les principales recommandations de cette journée.

Le Chef du gouvernement a insisté sur la nécessité de ne pas faiblir devant ceux qui portent atteinte à la dignité publique et aux valeurs d’intégrité. La lutte ne sera pas facile et devra s’inscrire dans un processus continu. Les chiffres avancés durant cette  journée font peur. Plus de 5% de notre PIB est subtilisé par les corrompus. Les montants estimés dans ce cadre pourraient couvrir annuellement le coût de construction d’environ 144.000 logements sociaux ou le budget de plusieurs départements ministériels. La corruption n’a pas qu’un seul visage, elle en a plusieurs  et requiert de ce fait, un arsenal  opérationnel et efficace. n

 
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