Politique

La fin du dogme néo-libéral

Les crises sociales qui ont éclaté dans plusieurs pays, ont une cause commune : la faillite du modèle néo-libéral. Keynes est remis au goût du jour. 


Les gilets jaunes ont bien changé Macron. Le président français s’est fait élire sur un programme ultra-libéral promettant de favoriser une économie de l’offre et laissant la fameuse théorie du ruissellement opérer. Face à la contestation sociale, il renie ce discours. Dans une interview à un hebdomadaire américain, il déclare « la règle des 3% de déficit est une règle du siècle dernier». Il s’affranchit de cette règle pour pouvoir investir dans les hôpitaux et les infrastructures.

Seulement, il est en train de disloquer encore plus l’Union européenne. Par le passé, l’Espagne et la Grèce ont été obligés d’adopter une politique d’austérité pour respecter cette règle. L’Allemagne n’accepte pas ce renoncement affiché. Berlin dégage des excédents, refuse de les réinvestir. C’est le dernier bastion des dogmes libéraux.

Keynes à la rescousse

Que les crises sociales d’ampleur se transforment en crises politiques, c’est dans l’ordre des choses. Mais à la base, ce sont des populations reléguées par les effets des politiques publiques prônées par un capitalisme débridé et affaiblissant les services publics.

Si Macron recule, c’est parce que des millions de français ne s’en sortent plus, même quand ils ont un travail. Et ce, alors que la France a un taux de croissance supérieur à ses voisins.

Macron n’est pas le seul dirigeant à prôner une politique Keynesienne. Les verts, à juste raison, la réclament pour financer la transition énergétique. Celle-ci au-delà de l’environnement, créera des emplois sur l’ensemble du territoire et donc réduira le chômage de manière pérenne. En Allemagne, des voix s’élèvent pour réclamer le renouvellement des infrastructures fort vieillissantes. Toutes les digues sont fissurées parce que la financiarisation à l’extrême de l’économie n’aboutit qu’à la précarité, même dans les pays riches.

Si Macron recule, c’est parce que des millions de français ne s’en sortent plus, même quand ils ont un travail

Alain Minc propose que l’Etat investisse dans l’intelligence artificielle et l’économie verte. C’était pourtant le théoricien de la mondialisation heureuse. Il propose même que les patrons partagent les bénéfices avec les salariés.

L’intervention de l’Etat ne pourra pas se faire à l’ancienne ; elle devra innover, mais l’Etat stratège est devenu une nécessité pour les économistes de tous bords.

Cet état-stratège devra répondre aux attentes populaires en renforçant la protection sociale et en améliorant les services publics. Réduire les inégalités passe par cette inflexion des politiques économiques. Keynes a sauvé le capitalisme après la crise de 1929. Est-il le recours face à la crise actuelle ?

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