High-Tech

YOOZ disparaît du marché

Moins de quatre ans après avoir lancé en grande pompe sa propre marque de tablettes, suivies dans la foulée de smartphones et téléviseurs, Disway capitule face à la redoutable concurrence chinoise, taiwanaise et coréenne.


Le leader marocain de la distribution informatique a arrêté la fabrication des différents modèles de tablettes (d’une gamme allant de 7 à 12 pouces et un choix de systèmes d’exploitation entre Android et Windows) et autres produits de marque YOOZ qu’il avait introduits sur le marché marocain progressivement entre fin 2013 et début 2015.

Il faut dire qu’après un lancement sur les chapeaux de roue avec des produits entrée de gamme ayant notamment charmé une clientèle de jeunes désireux de s’équiper à moindre frais et qui ont permis à Disway de conquérir rapidement près de 10% de parts de marché, la première marque marocaine de tablettes s’est vu tailler des croupières par les géants de l’électronique tel Samsung ou Huawei qui sont venus bousculer Disway sur le segment entrée de gamme en opérant un « down-scalling » inattendu avec des produits de grande qualité et à petits prix (entre 1.000 et 1.500 DH).
Aussi, de près de trente mille tablettes vendues la première année pleine au point où les dirigeants de Disway se sont mis à s’enthousiasmer pour un nouveau business model où leur firme deviendrait distributeur de ses propres marques (et non pas seulement un «box moover» avec des marges brutes dépassant péniblement la barre de 10%), les ventes de YOOZ ont commencé à fondre comme neige au soleil à partir de début 2016. Une fonte qui s’est accompagnée par une absence totale, depuis plusieurs semestres, de toute référence à YOOZ dans les communiqués officiels de présentation des performances annuelles et semestrielles de l’entité née de la fusion successive de trois grands acteurs de la distribution IT (Distrisoft, PC Market et Matel) qui, rappelons-le, est cotée à la bourse de Casablanca avec une capitalisation boursière de près de 700 millions de dirhams. Des performances qui sont, d’ailleurs, loin d’être aussi flamboyantes qu’elles ne furent quelques années auparavant, puisqu’à fin juin 2017, les ventes domestiques de Disway ont dévissé de plus de 19%. Certes, la montée en puissance de la filiale tunisienne donne aux comptes consolidés une teneur nettement moins alarmante, mais il est assez vraisemblable que la déconfiture de YOOZ est sans soute pour quelque chose dans la contre-performance, sur base sociale, des derniers semestres…juste derrière les deux causes principales que sont le marasme du marché marocain des PC et la recrudescence de la concurrence (après une phase de quasi-monopole au lendemain de la fusion entre Distrisoft et Matel PC Maket soit entre 2010 et 2014).

Au demeurant, le coup de cœur du jury de la 6ème édition des Morocco Awards en 2015, est tombé dans les oubliettes quelques années seulement après un lancement prometteur. Rappelons qu’un autre acteur marocain de l’univers de l’informatique, en l’occurrence le fabricant Data Business and Marketing (DBM), avait lancé à son tour et dans la foulée de YOOZ, sa propre tablette de marque Accent, mais avec un positionnement un peu plus haut de gamme (avec des prix allant jusqu’à 3500 DH). A ce jour, ses modèles sont toujours en vente (contrairement aux, désormais, introuvables produits YOOZ) mais leur part de marché demeure des plus limitées au même titre que le premier ordinateur marocain lancé il y a une quinzaine d’années par le même Data Business and Marketing et sous la même marque Accent. Sur le même creuset des aventures technologiques marocaines, la société casablancaise Saphir Concept a été derrière la commercialisation, en 2012, du premier smartphone marocain, le Saphir Astoria qui s’est attaqué au milieu de gamme avec des modèles aux prix démarrant à 3.000 DH. Malheureusement, ces tentatives de percer dans l’électronique et informatique grand public avec des produits conçus par des ingénieurs marocains et fabriqués principalement en Chine furent pour leur majorité, au pire, un flop retentissant et, au mieux, des expériences peu concluantes. Sont-ce des lacunes de marketing ou un manque de compétitivité, voire les deux, qui furent derrière de tels échecs ? Le sujet mérite sérieusement bien d’y plancher alors que le modèle de développement économique du Maroc est de plus en plus critiqué pour son manque de valeur ajoutée et le caractère aplasique de son capital immatériel.

 
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