Dossier

La micro-assurance : un potentiel à développer en faveur des populations vulnérables

La 11ème Conférence Internationale de la micro-assurance s’est ouverte ce mardi 3 novembre à Casablanca, avec la présence de plus de 400 experts de près de 50 pays représentant les professionnels, les instances publiques et les organisations de développement. La thématique choisie pour cette session est intitulée « Stimuler la croissance et la durabilité – Argumentaire en faveur de la micro-assurance». Les objectifs visés par les organisateurs, à travers cette manifestation, sont de permettre aux participants d’échanger leurs expériences et leurs idées sur la manière de proposer un large éventail de couvertures d’assurance efficaces aux populations à faible revenu du monde entier.
La conférence est organisée par la Fondation Munich Re et le Microinsurance Network, en partenariat avec la Fédération Marocaine des Sociétés d’Assurances et de Réassurance (FMSAR) et le Centre Mohammed VI de Soutien à la Microfinance Solidaire (CMS).


La conférence fut organisée sous forme de tables rondes et de débats sur des sujets clés s’adressant à un public interdisciplinaire. Des groupes de travail parallèles ont été chargés d’approfondir différents sujets et questions relatifs au dossier d’analyse de la micro-assurance et la façon de générer un nombre de clients suffisant pour permettre de fournir des produits adaptés à des populations vulnérables. Avec les organisations communautaires, les mutuelles et autres organisations associatives jouant toujours un rôle clé au niveau de la distribution de la micro-assurance dans la région, les discussions ont fait ressortir un grand intérêt concernant les téléphones portables en tant que canal de distribution et ses implications pour le contexte informatique et les systèmes de gestion du fournisseur. Les discussions ont également porté sur le rôle d’intervenants clés comme certaines organisations internationales, les gouvernements ainsi que les organes de supervision des marchés d’assurance. Car le rôle de ces différents intervenants n’est plus à démontrer pour accélérer le développement de la micro-assurance.
Le paysage de la micro-assurance en Afrique et les expériences marocaines ont particulièrement pris une place de choix dans le programme de la Conférence. Plusieurs propositions et schémas pertinents ont été formulés par les intervenants pour créer un environnement favorable à l’amélioration de la valeur pour les populations concernées, tant au niveau de l’offre que de la demande de produits.

L’Afrique, un marché émergent de la micro-assurance
Le secteur de la micro-assurance a connu une croissance continue en termes de clientèle et de volumes des primes au cours des dix dernières années. Aujourd’hui, plus de 260 millions de personnes à faible revenu dans les pays en développement bénéficient d’une police d’assurance. Néanmoins, il reste actuellement un grand nombre de personnes sans couverture. La classe moyenne mondiale devant atteindre une population de pratiquement cinq milliards au cours des vingt années à venir, il y a lieu de s’attendre à ce que des milliards de personnes soient dépourvues d’un filet de sécurité et risquent de tomber ou de retomber dans la pauvreté.
En Afrique, et selon certaines données préliminaires d’une étude qui sera publiée en 2016, commanditée par Munich Re Fondation et Microinsurance Network, 61,9 millions de personnes sont couvertes par une police d’assurance, à fin 2014, contre 44,4 millions en 2011, en croissance de 30%.
Les produits commercialisés en micro-assurance ont connu des évolutions contrastées. Les couvertures d’assurances vie dominent avec 46,4 millions d’assurés, suivies des assurances Emprunteur qui totalisent 16,4millions de personnes et avec à peine 1,1 million d’assurances couvrant les agriculteurs.
Malgré ces chiffres encourageants et un potentiel élevé, le taux de pénétration de la micro-assurance reste faible sur le continent. L’exemple des pays de la CIMA est assez éloquent à cet égard. En effet, sur une population d’environ 140 millions de personnes, selon l’étude du paysage de la micro-assurance en Afrique menée en 2012 « the Landscape of Microinsurance in Africa » moins de 2 millions de personnes ont une couverture de micro-assurance.
Nombreux sont les facteurs qui expliquent ces insuffisances et les difficultés rencontrées par des systèmes qui peinent à atteindre une échelle significative. Plusieurs intervenants étaient unanimes pour identifier l’origine de ces difficultés résumées par Michael J. McCord, Président de Microinsurance Network et de Microinsurance Center en ce qu’il a appelé « lacunes et opportunités» à savoir : les actions de sensibilisation, les études de marché pour « aider » les assureurs à pénétrer ce marché et l’accès à un modèle de distribution adéquat. C’est là, un enjeu majeur pour les gouvernements et les opérateurs ; celui de développer un marché de la micro-assurance inclusif et performant. Dépasser ces contraintes est un facteur clé de réussite. Il s’agit aussi d’offrir une réelle valeur à des populations vulnérables qui ne peuvent avoir accès aux couvertures classiques d’assurances, compte tenu de leurs coûts et ce, en innovant dans des produits simples à distribuer par le biais de partenariats entre assureurs et des réseaux alternatifs moins coûteux (opérateurs mobiles, associations de microcrédits, etc.).
Les intervenants à cette Conférence n’ont pas manqué de rappeler aussi, le rôle primordial que doivent jouer les autorités de régulation pour promouvoir ce secteur en ouvrant la voie et autorisant ces canaux non conventionnels à opérer et distribuer des couvertures d’assurances aux micro-assurés. A cet égard, aussi bien Bachir Baddou, DG de la FMSAR, que Othmane EL Alamy, adjoint au Directeur des Assurances et de la Prévoyance Sociale, ont rappelé l’adéquation de la législation marocaine avec ces réalités, en autorisant les associations de micro-crédit à distribuer des contrats d’assurances de personnes, vol et incendie et dans l’avenir, une fois l’amendement au code des assurances passé au parlement, à commercialiser des contrats d’assistance.

Le Maroc, un pionnier Le coup d’envoi : l’assurance agricole
A juste titre, M. Bachir Baddou, DG de la FMSAR a rappelé à l’assistance que l’expérience de la micro-assurance, au Maroc, a été initiée dans les années 1990 à destination des agriculteurs. En effet, au début, comme dans d’autres pays en développement, l’Etat a pendant longtemps indemnisé directement les agriculteurs. Sous le poids de manques de ressources budgétaires et la récurrence de catastrophes climatiques, les pouvoirs publics ont imaginé et réalisé le transfert du système d’indemnisation dans le cadre de mécanismes d’assurances où l’Etat reste présent, mais en faisant appel aussi à la contribution des agriculteurs. Si ces mécanismes commencent à être huilés et fonctionnent de façon relativement satisfaisante, il ne faut pas perdre de vue que la majorité des exploitations dans notre pays, constituées de petites et moyennes (inférieures à 50 hectare) restent en marge du système, alors qu’elles sont les plus vulnérables. Aussi, un mécanisme d’assurance a développé et encouragé avec des produits d’assurances mieux adaptés aux petits agriculteurs tout en insistant sur le fait que l’intervention de l’Etat dans l’assurance agricole doit rester significative et ciblée .
Ainsi, de 1994 à 2010, un programme de couverture des céréales contre le risque de sécheresse a été mis en œuvre par l’Etat, qui était le véritable assureur dans ce système. Le dispositif était fortement subventionné au niveau des primes et des indemnisations. Seules 18 provinces, identifiées comme régions céréalières et présentant un niveau de risque « acceptable », étaient éligibles. L’objectif initial était de couvrir 300 00 hectares, mais les surfaces assurées ont été inférieures à cet objectif, avec 65 000 hectares couverts en 2010-2011, du fait d’un niveau d’indemnisation jugé trop faible avec des procédures trop lourdes et manquant de clarté , d’une prime perçue, par les agriculteurs, comme trop chère et d’une grande majorité des régions non éligibles à ce système d’assurance.
La mutuelle d’assurances, MAMDA, se limitant à un rôle de gestionnaire pour le compte de l’Etat.
La seconde période est celle de la mise en place de ce nouveau dispositif, celui de la multirisque climatique. Ce produit a fait l’objet d’une convention signée, le 24 Août 2011 entre le ministère de l’Agriculture et de la Pêche Maritime ( MAPM), le ministère de l’Economie et des Finances et la MAMDA. Celle-ci est l’assureur, mais l’Etat subventionne les primes avec un taux de subvention décroissant quand la superficie augmente. Le montant d’indemnité est calculé à partir d’une expertise en fonction d’un rendement de référence communal, pour les céréales et légumineuses, et d’une expertise individuelle, pour l’arboriculture fruitière
Pour l’année 2011-2012, 327 000 hectares ont été assurés, dont une majorité pour les céréales (environ 80%), par 20 000 souscripteurs – l’objectif de 300 000 hectares a ainsi été dépassé. Ceci représente une augmentation significative de plus de 400% par rapport à l’ancienne garantie sécheresse, qui couvrait 65 000 ha en 2010-2011.
Pour la campagne 2012-2013, 22 000 agriculteurs ont assuré 470 000 hectares, soit une augmentation de 44% par rapport à 2011-2012. Pour la campagne 2012-2013, 700 000 ha ont été assurés, soit une progression de plus de 49% par rapport à la campagne précédente. L’objectif pour 2015 est d’atteindre 1 million d’hectares couverts.
Ces résultats semblent s’expliquer par le niveau attractif des primes pour les petits agriculteurs et les actions d’information et de sensibilisation menées conjointement par les services de l’Etat et la MAMDA, en lien avec les représentants du monde agricole (Chambres d’agriculture, coopératives, etc.).
 
Un engagement fort des assureurs et des expériences réussies
Si le Maroc affiche, aujourd’hui un taux de pénétration, en assurances, de 3,1% , une performance qui situe notre marché dans une position honorable dans la région MENA et sur le continent Africain, il faut reconnaitre que ce niveau reste encore bien inférieur à celui enregistré dans plusieurs pays émergents. Rien d’étonnant à cela, puisque plusieurs secteurs et de nombreuses couches de la population restent « hors zone » de couverture en assurance et en protection sociale dans notre pays.
Ce constat explique l’intérêt accordé dans le programme de cette Conférence internationale à l’expérience marocaine, quant à l’élargissement de couvertures assurantielles, notamment dans les domaines de la micro-assurance comme gisements de croissance pour l’avenir. Le panel session I de la 2ème journée a été, en effet réservé à l’ « état des lieux de la micro-assurance au Maroc.  Plusieurs professionnels marocains sont intervenus pour expliciter à l’assistance les expériences de leurs compagnies en matière de partenariats établis avec les institutions de microcrédits pour percer ce marché.
C’est cette démarche qui a été suivie par la société d’Assurances Marocaine Vie, spécialisée en assurances de personnes, et l’Institution Marocaine d’Appui à la micro-entreprise (INMAA), composée de plus de 28 000 bénéficiaires, qui ont lancé, pour la première fois, dans le cadre d’un accord signé le 9 Avril 2010, un contrat de micro-assurance.
Sur le plan commercial, avec une prime de 22 DH par an, le produit assure des garanties de décès, invalidité et accidents corporels. Le jumelage de ces assurances est corrélé avec les microcrédits dont bénéficient les adhérents contractants puisque, en cas d’insolvabilité de ces derniers, cette couverture assurera à INMAA le remboursement du capital restant dû à hauteur de 50 000 DH.
La société d’assistance- Isaaf Assistance, filiale du Groupe Saham- s’est lancée, elle aussi dans ce créneau de la micro-assurance en signant, en 2012, un accord de partenariat avec Al Amana Micro-finance et avec ARDI en 2014. Concrètement, le produit proposé est cantonné, lui aussi, dans une couverture sous forme d’aide en cas de décès, d’incapacité en cas de maladie lourde ou d’accident, moyennant une cotisation annuelle plafonnée à 200 DH.

Ils nous ont déclaré

Mohamed Hassan Bensalah, Président de la FMSAR
«Il est primordial de mettre en œuvre des solutions d’assurances avec des produits à petits prix et des couvertures adaptées. Le deuxième challenge, est celui d’un modèle de distribution adéquat et innovant. Le 3ème défi, est le problème de l’encaissement des primes d’assurances pour lequel nous ne sommes pas outillés. Le digital a ici toute sa place en permettant la distribution de la micro-assurance par le biais de la téléphonie mobile».

DSC_7349_resizeMehdi Tazi, PDG de Saham Assurance
« Pour pallier la sous pénétration de la micro-assurance dans nos pays, nous devons changer de paradigme. Pour cela, quelques facteurs de succès, dont la préparation de produits simples répondant à une fréquence d’utilisation importante. Ensuite, passer par des agrégateurs, pour réduire les coûts de distribution, comme les opérateurs de téléphonie mobile. Simplifier le parcours du client de la souscription de son contrat d’assurance jusqu’à son indemnisation, en cas de sinistre, est capital dans la micro-assurance. Enfin, les produits offerts doivent avoir une vraie valeur ajoutée avec un S/P se situant entre 50 et 60% ».

Michael J. McCord, Président Microinsurance NetworkDSC_7355_resize
«S’agissant des interventions gouvernementales pour stimuler la demande en micro-assurance, la meilleure approche pour l’Afrique, est l’approche facilitative. Subventionner les prix, peut permettre aux populations à bas revenus de se familiariser avec un produit d’assurance en encourageant sa souscription. Toutefois, il faut allier justice sociale et efficience. Les subventions doivent être conçues dans le cadre d’une stratégie à long terme visant à corriger, dans le temps, les défaillances du marché en matière d’offres et de demandes».

Mohamed Hassan BENSALAH, Président de la FMSAR

MohamedHassanBensalahPresidentGroupeHolmarcomLa micro-fiance est en train de conforter sa place sur le marché marocain. Le président de la FMSAR (Fédération Marocaine des Sociétés d’Assurance et de Réassurance) apporte dans cet entretien  un éclairage sur ce thème et affirme que le Maroc est cité en exemple au niveau international en matière de développement et de réussite dans ce segment de la finance.

Challenge : Quelles sont les considérations qui ont présidé au choix du Maroc pour l’organisation de cette 11ème Conférence Internationale sur la Micro-assurance ?
M. Hassan BENSALAH : La Fondation Munich Re, organise tous les ans cette conférence dans un pays où la finance inclusive prend de plus en plus de place.
Lors de l’édition 2014 qui s’est tenue au Mexique, le Président de cette fondation nous a contactés pour nous faire part de sa volonté d’organiser la 11ème édition au Maroc. Il faut savoir qu’il s’agit du rendez-vous annuel mondial le plus important de la Micro-assurance.
Leur choix a été dicté à mon sens par trois raisons essentielles.
La première, est que le Maroc est cité en exemple au niveau international en matière de développement et de réussite de la micro-finance. Les différentes associations de micro-crédit qui opèrent sur le territoire national sont très actives et ont réussi en quelques années, à financer des centaines de milliers de projets au profit de personnes à faibles revenus ou initialement sans revenus.
Deuxièmement, le marché marocain de l’assurance trône à la 2ème place au niveau africain, en termes de primes émises et à la 1ère place dans le monde arabe en termes de taux de pénétration. Ceci lui confère une certaine crédibilité et exemplarité.
La troisième raison, réside dans le fait que nous avons déjà au Maroc quelques expériences significatives en matière de Micro-assurance qui peuvent être dupliquées ailleurs.

Selon vous, ce marché a-t-il de belles perspectives de développement dans notre pays ? Quelles sont les conditions nécessaires à réunir pour sa promotion ?
Lorsque l’on s’intéresse à la Micro-assurance, il ne faut pas chercher l’effet «chiffre d’affaires » et croissance de nos entreprises d’assurances, car les primes sont très faibles. Il faut avant tout jouer notre rôle d’acteurs citoyens et engagés pour participer activement à l’instauration et à l’amélioration de filets de sécurité pour les plus démunis.
Il existe au Maroc, de très belles expériences en matière de Micro-assurance aussi bien dans le monde rural que dans les villes, permettant de couvrir aujourd’hui plus de 600 000 personnes à travers différents types de garanties (assurance décès, soutien aux frais d’hospitalisation, frais funéraires et autres). J’estime personnellement, que les conditions pour le développement de la Micro-assurance sont toutes réunies. Il n’y a aucune limitation réglementaire ou de tout autre nature pour sa promotion.
Le secret de la miro-assurance, est de concevoir un produit qui répond au besoin d’une population à faible revenu, avec un niveau de primes approprié, un réseau de distribution ayant un accès facile à cette population et un système d’encaissement adapté pour la collecte des primes.

Pourriez-vous nous faire l’état des lieux des accords entre assureurs marocains et les institutions de micro-crédit ?
Le cadre réglementaire a évolué ces dernières années, permettant aux associations de Micro-Crédit de commercialiser des produits d’assurance au même titre que les banques et la mécanique fonctionne très bien.
Il existe d’ailleurs, plusieurs accords entre les assureurs marocains et des associations de Micro-Crédit. Ces accords fonctionnent très bien et je suis persuadé que la Micro-assurance connaîtra un essor encore plus important dans les années à venir.

Microcrédit au Maroc  cadre légal

Depuis sa mise en place dans les années quatre- vingt-dix du siècle dernier, le dispositif légal régissant le microcrédit a connu de nombreuses adaptations dans le souci d’améliorer la gouvernance des institutions opérant dans le secteur et de  les mettre à l’abri des risques inhérents à leur activité.  par C.A.H.

Les associations de microcrédit n’opèrent plus en dehors de la réglemenmicrocredittation bancaire, comme c’était le cas au début ; actuellement, elles sont bien intégrées dans le système bancaire ; elles sont même assimilées aux établissements de crédit (banques et sociétés de financement).
Toutefois, il faut souligner que leur assimilation aux établissements de crédit ne veut pas dire alignement sur les banques; loin de là, les organismes de microcrédit bénéficient toujours d’un traitement spécial en raison de la spécificité de leur mission, de la nature de leurs activités  et  de la catégorie de clientèle qu’ils financent. Leur champ d’intervention est limité; il porte sur l’octroi de crédits de petits montants à des « personnes économiquement faibles». Ces crédits dont le montant ne peut dépasser 50.000 DH, sont destinés à des objets limitativement énumérés. Il s’agit notamment, de crédits destinés au financement d’activités de production et de service, de l’accès au logement, à l’électricité et à l’eau potable. En gros, l’intervention des associations de microcrédit privilégie l’insertion économique des citoyens « modestes»  et l’amélioration de leurs conditions de vie.
Les opérateurs dans le secteur de microcrédit, prennent obligatoirement la forme d’association à but non lucratif, dans le cadre du Dahir du 15 novembre 1958, réglementant le droit d’association. Compte tenu de la nature de leur mission, il leur est interdit de distribuer des bénéfices sous quelque forme que ce soit. A la différence des banques, elles ne sont pas autorisées à collecter des dépôts ; leurs ressources sont constituées essentiellement de cotisations et contributions de leurs membres, de subventions publiques et privées, d’emprunts, de ressources concessionnelles obtenues dans le cadre de la coopération internationale et des intérêts sur les crédits qu’elles octroient. Elles peuvent aussi, en dehors de toute autorisation préalable, faire appel à la générosité publique  pour collecter des fonds.
Compte tenu du fait que l’exercice de toute activité financière exige un encadrement strict et rigoureux, les pouvoirs publics ont pris la décision de placer les AMC sous le contrôle de la Banque Centrale. La crise qui a secoué le secteur en 2008, témoigne de la pertinence de ce choix. Ainsi,  avant l’exercice de toute activité, toute association de microcrédit doit avoir été préalablement agréée par le Wali de  Bank Al-Maghrib, après avis du Comité des Etablissements de Crédit. Il est à rappeler, qu’au début de l’expérience, l’autorisation était délivrée par le ministre des Finances, après avis du Conseil Consultatif du microcrédit.
Avant l’octroi de l’agrément, la Banque Centrale s’assure que le postulant respecte les conditions prévues par la loi régissant le microcrédit. Parmi les prérequis, l’association doit présenter des projections financières faisant ressortir la viabilité de son projet. De même, les AMC doivent observer durant toute leur activité, dans les conditions définies par les circulaires de la Banque Centrale, les dispositions de la loi bancaire relatives à la tenue de la comptabilité, aux règles prudentielles, au contrôle interne, à la relation avec la clientèle et au dispositif  de lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Bref, les AMC n’ont plus la liberté qu’elles avaient au début et qui a fini par mettre en péril tout le secteur. Dorénavant, elles sont tenues à l’œil par la Banque Centrale, ce qui présente un grand intérêt pour tout le système financier marocain. L’exercice de toute activité financière exige du professionnalisme, de la rigueur, de la régulation et un contrôle strict des autorités monétaires.

Le microcrédit en chiffres

• 13 associations de microcrédit,
• un encours de crédits de près de 6 milliards de DH,
• 900 mille bénéficiaires de crédits,
• un réseau de 1300 agences,
• objectif : porter l’encours des prêts à 25 milliards de DH au profit de 3 millions de bénéficiaires à l’horizon 2020.

 
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