Fête de la Jeunesse

La Monarchie, institution pivot


Fête du Trône, Fête de la Jeunesse, fête de la Révolution du Roi et du Peuple, le hasard du calendrier concentre ces trois commémorations. Ce qui les lie, c’est le rôle historique mais aussi institutionnel de la Monarchie. Celle-ci est à la fois un symbole et un prescripteur. C’est ce qui lui permet d’évoluer, tout en faisant évoluer toute l’architecture institutionnelle donnant à l’expression «le changement dans la continuité» tout son sens.

La Monarchie marocaine a de tous temps cherché à coller aux aspirations populaires. Elle ne s’en fait pas l’écho, ne les instrumentalise pas comme des slogans, mais les décline en projet national. L’événement le plus éclatant a été la lutte pour l’indépendance. Dès le début des années 40, le mouvement national a trouvé auprès du Souverain de l’époque, le plus grand des soutiens. Le discours de Tanger en 1947, la grève de signatures puis la Révolution du Roi et du Peuple ont scellé, ou plutôt renouvelé le pacte entre la Nation et l’institution.

Une Monarchie prescriptrice

La légitimité historique de la Monarchie ne procède pas de sa durée, mais de sa capacité à être en adéquation avec son temps, avec les aspirations du peuple et à s’ériger en force prescriptrice en définissant un cap et des modalités des rythmes, qui sont rarement des ruptures sèches. Dès son intronisation, le Souverain a décliné son projet qui tient autour d’un triptyque : démocratie, développement, modernité. Pour qui sait lire avec honnêteté, tout est dans les premiers discours. L’adhésion à la conception universelle des Droits de l’homme et de la démocratie, un développement centré sur l’humain dans le respect de la cohésion sociale et de l’environnement, une modernité dans le respect de nos valeurs mais sans aucune concession au conservatisme rétrograde au nom de la spécificité.

Et il a tenu parole. Le choix de la justice transitionnelle par le biais de l’IER et le renforcement continu du rôle du Conseil national des Droits de l’homme n’est non pas pragmatique, mais stratégique. Il a permis de solder «les années de plomb» sans poser la question de l’impunité. Elle aurait occasionné des tensions ingérables et n’avait pas de pertinence puisqu’il n’y avait pas de changement de régime. Par contre, dès le début du processus, l’objectif final dépassait la réconciliation et posait les jalons d’un Etat de droit qui interdisait tout retour aux pratiques passées. Sur le plan institutionnel, la régularité des élections, le respect de la démarche démocratique, la stabilité des gouvernements dans le cadre des législatures, annonçaient un mode de gouvernance respectueux des autres institutions.

Un véritable poids historique

Les grands travaux et l’INDH déclinaient la vision du développement intégré. Le Code de la famille, l’attention apportée à la promotion de la femme, à l’éducation des petites filles surtout en milieu défavorisé, les efforts consentis en faveur des handicapés, des prisonniers, de manière structurelle et continue, posent le cadre de la vision d’une société moderne, solidaire, apaisée, en construction.

Quand on dit du Maroc que c’est l’un des plus vieux Etats-nations du monde, ce n’est pas un exercice de style, un trophée ou une couche narcissique pour nos egos. C’est un véritable atavisme qui imprime, avec force, tous les processus de changement.

Tous les Rois du Maroc ont eu à gérer l’ambition de la nation par rapport à sa place dans le monde. Souvent, en termes de rayonnement, parfois défensivement. Les tribus répondaient massivement à tous les appels pour défendre le pays. La Marche Verte est l’exemple contemporain de ce lien. Le Roi, symbole et incarnation de la Nation, ce n’est pas un slogan pour fête commémorative, mais un véritable poids historique. Le Monarque est le dépositaire de la volonté de la nation. C’est inscrit dans l’acte d’allégeance, qui est synallagmatique depuis des siècles.

 

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