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Abdelmalek Benabdeljalil, directeur BMCE Capital Markets : « La réforme du marché du change permettra au Maroc de se prémunir contre des chocs exogènes »

La nouvelle politique de change va induire beaucoup de changements pour nombre d’opérateurs. Abdelmalek Benabdeljalil, directeur BMCE Capital Markets, détaille les zones d’ombre de cette réforme et rassure. Propos recueillis par Roland Amoussou


Challenge : Quelle appréciation faites-vous de cette nouvelle politique de change qui s’annonce ?
Abdelmalek Benabdeljalil : Je pense que cette réforme du marché de change s’annonce de manière très positive. Les autorités prennent le temps et prendront le temps de, largement, communiquer autour du sujet. Cela permettra aux différents opérateurs de connaitre les différents types de produits et les diverses opportunités de couverture qu’ils peuvent avoir sur le marché marocain en vue de se couvrir contre les fluctuations du marché de change. Je pense que le marché financier est suffisamment développé au Maroc pour permettre cette flexibilité. Aujourd’hui, les opérateurs vont prendre le temps de se préparer, et la Banque centrale aussi prendra tout le temps qu’il faut pour communiquer sur le sujet avant de pouvoir décider de la politique qui sera adoptée. Je pense qu’elle ne sera pas décidée de manière unilatérale.

De nombreux opérateurs évoquent une dévaluation déguisée à travers cette réforme. Quel est votre avis ?

Ce n’est pas du tout une dévaluation déguisée. Et bien au contraire, cette réforme permettra au Maroc de se prémunir contre des chocs exogènes, et surtout d’éviter, en cas de choc important venu de l’étranger, d’évaluer d’une manière systématique la devise. Les forces du marché (l’offre et la demande) devront s’exercer de manière graduelle en adoptant une flottabilité de la devise marocaine. Donc, cette réforme vient, au contraire, pour se prémunir des dévaluations. Mais, force est de remarquer que nous avons de manière naturelle une certaine résistance au changement. Mais, si les gens préféraient garder le système actuel, il faut dire qu’il ne nous prémunit pas des chocs exogènes. L’adoption d’une flottabilité permettra d’être beaucoup plus flexible.

Quel appel lancez-vous aux opérateurs ?

Je les appelle à être très sereins quant au virage que nous allons amorcer. Bank Al-Maghrib et les autorités prendront le temps nécessaire pour préparer les opérateurs à ces changements qui ne peuvent être que bénéfiques pour notre économie. Le marché marocain offre beaucoup de produits pour couvrir les risques contre les fluctuations du marché international sur le change, sur la matière première, sur les taux d’intérêt. En ce qui concerne la BMCE Bank, nous nous positionnons sur ce créneau.

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