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La Religion, nouveau visage de la fraude électorale

A l’approche des échéances électorales certaines sites sur le Web relayés par certains journaux et les déclarations de certains dirigeants politiques, ont voulu transformer le jour du scrutin, en jugement dernier où l’électeur aura à choisir non entre des programmes socio-économiques les plus performants, mais entre les vrais croyants et les mécréants. L’acte de voter devient ainsi non pas un acte citoyen mais un acte religieux. Ouvrant sa campagne médiatique pour les prochaines élections, un Ministre du gouvernement actuel est allé jusqu’à qualifier la lutte contre ses adversaires politiques, comme un devoir divin. Un autre candidat, qui lui aussi est au Gouvernement, a déclaré que son parti va gagner parce que Dieu est avec le parti. Nous voilà, avec de tels propos en dehors du champ de la compétition politique normale, placés sur un terrain dangereux qui risque d’ouvrir les portes de l’enfer démagogique. Que peut-on faire pour empêcher cette dérive ?


Tout simplement, il faut appliquer les dispositions constitutionnelles qui interdisent la formation des partis politiques sur une base religieuse. Cette interdiction a pour corollaire l’interdiction de recourir à la religion dans les campagnes électorales. Par conséquent tout recours à la religion doit être considéré comme une forme de corruption de l’électeur et sanctionné comme dans les cas de recours à l’argent.

Notre champ religieux est bien organisé autour d’Amir Al Mouminin et du Conseil supérieur de Oulémas qui dispense un Islam modéré. Ces instances sont les seules habilitées par la Constitution à parler de religion. Tout recours à la religion par une instance partisane est illégal et inconstitutionnel.

Notre pays n’a pas besoin de prédicateurs de plus. On a plutôt besoin de stratèges pour notre diplomatie pour affronter les défis géopolitiques qui se posent de nos jours, d’économistes pour opérer un réel décollage économique générateur d’emplois et de richesses, de créateurs pour gagner la bataille de la science et de l’innovation, d’artistes pour sortir de notre retard culturel…

Si le recours à la religion est une forme de corruption, il doit être considéré comme une cause de nullité de l’élection. A cet égard les milliers d’observateurs qui ont été accrédités pour superviser le processus électoral doivent signaler tout candidat qui utilise la religion dans sa campagne. De même toutes les associations de droit de l’homme doivent être également mobilisées pour dénoncer la « fraude religieuse » et saisir le Conseil Constitutionnel en cas de fraude matérielle et/ou religieuse avérée. Enfin, la HACA doit être également vigilante et sanctionner sévèrement tout candidat qui recourt à la propagande religieuse.

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