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La RSE, une dimension de la bonne gouvernance de l’entreprise

Les intervenants aux rencontres de la CGEM, on distingue au milieu Meriem Bensaleh Chaqroun, Présidente de la CGEM, Driss El Yazami, président du CNDH et Yacine Diama Fal, Représentante-Résidente de la Banque Africaine de Développement au Maroc.

La troisième édition des « Rencontres Responsabilité et Performance» a été organisée les 16 et 17 décembre, par l’agence de communication Déclic, en partenariat avec la CGEM sur la thématique «Responsabilité Sociale de l’Entreprise ( RSE), performance globale et création de valeur ajoutée».
par Abdelfattah ALAMI


Code de conduite de l’entreprise face à son environnement sociétal, la RSE a pris ces dernières années une importance grandissante dans un contexte de globalisation et de financiarisation des chaines de valeur. Il s’agit d’une réponse aux critiques manifestées, depuis les années 2000, pour dénoncer les effets néfastes sociaux et environnementaux de certaines entreprises, particulièrement les multinationales. Aussi, la RSE propose-t-elle un code de conduite avec des dispositifs et des normes pour éradiquer les comportements visant l’exploitation sociale, la corruption ou la destruction des ressources environnementales. La « corporate social responsability » (traduction en anglais du concept RSE) renvoie donc à la plus value économique, écologique et sociale que crée une entreprise dont la conduite est responsable. De ce fait, la RSE se situe, de plus en plus aujourd’hui, au centre de la stratégie des entreprises.

La RSE, un levier de performance globale de l’entreprise

La séance inaugurale de ces rencontres a été l’occasion pour la Présidente de la CGEM, Meriem Bensaleh Chaqroun, de mettre en lumière l’engagement et l’intérêt du Patronat Marocain en faveur du développement des valeurs sociales de l’entreprise. Depuis 2006, a-t-elle souligné, tout un processus de vulgarisation a été entrepris par cette confédération pour vulgariser ce concept au sein des sociétés membres, au point que ce nouveau style de management est devenu « un facteur de différenciation positive ».
Adopter une démarche RSE est très souvent facteur de réduction des coûts mais aussi de modernisation et d’innovation, qu’elle soit technologique, managériale ou sociale, ce qui permet à l’entreprise d’une part, d’accroître sa capacité d’attirer et de fidéliser ses clients et consommateurs et d’autre part, de gagner de nouvelles parts de marché en réponse à de nouvelles exigences de donneurs d’ordre. Cela est particulièrement vrai pour les PME qui fournissent des donneurs d’ordre responsables ayant fait de la RSE un critère de choix dans leur chaine d’approvisionnement.
S’engager dans une démarche RSE, c’est aussi améliorer les conditions de travail de ses collaborateurs, établir un dialogue serein dans l’entreprise et partant, augmenter sa productivité et sa qualité à long terme par une implication poussée des salariés au regard de leur motivation et engagement. En répondant aux attentes grandissantes de ses collaborateurs qui sont aussi des citoyens de plus en plus sensibles aux questions environnementales et sociales, la RSE renforce la cohésion au sein de l’organisation.
La RSE permet également à l’entreprise une maîtrise plus efficace de ses risques environnementaux, juridiques, financiers, sociaux ou d’image, ce qui rassure davantage les investisseurs et les différents partenaires financiers. Ces derniers, de plus en plus exigeants, tiennent compte des comportements responsables des entreprises dans l’octroi des crédits.
Autre intérêt, et non des moindres, de la RSE, c’est de rapprocher l’entreprise des territoires sur lesquels elle développe ses activités, surtout quand ceux-ci sont eux-mêmes engagés dans des plans d’action de développement durable à la réussite desquels l’entreprise peut prendre part directement ou indirectement. Le renforcement de l’insertion d’une entreprise dans son tissu économique local conditionne souvent son «permis social d’exploiter ».
Enfin, la RSE consolide l’image de marque et la réputation de l’entreprise en tant que facteurs essentiels de sa compétitivité.
L’engagement des entreprises en faveur de la RSE n’est pas uniquement un acte volontaire. Aujourd’hui, comme l’a précisé la patronne des patrons, la notion de la responsabilité sociale des acteurs économiques est de plus en plus présente dans les accords de libre-échange signés par le Maroc. De même, que « les grands bailleurs de fonds prêtent une grande attention à la RSE en matière d’octroi des dons et prêts au Maroc ». Cette vigilance des organismes financiers internationaux, dans ce domaine a été confirmée par Mme Yacine Diama Fal, représentante-résidente de la Banque Africaine de Développement au Maroc lors de son intervention au Forum 1 des rencontres ayant traité de la thématique « l’investissement socialement responsable».

Un mouvement en marche

Au niveau des différents forums, les participants étaient unanimes sur une conviction profonde, c’est que l’entreprise est au centre du modèle sociétal et la RSE contribue à la croissance et à la compétitivité de celle-ci. Comme l’ont rappelé M. Said Sekkat, Président de la Commission RSE et Label de la CGEM, et Mme Radia Cheikh Lahlou de l’agence Déclic, de plus en plus d’entreprises marocaines se sont engagées dans cette voie. Depuis 2006, le nombre d’entreprises labélisées a plus que doublé pour atteindre, aujourd’hui le nombre de 70. Ces acteurs économiques constituent, selon la Présidente de la Confédération, « les locomotives de ce genre de management ». Certaines parmi elles, se sont succédé au niveau des Forums de ces rencontres pour détailler leurs stratégies et plans d’actions adoptés et exécutés dans le cadre de cette démarche RSE.
Il faut rappeler que le référentiel du Label RSE est la charte de responsabilité sociale de la CGEM, adoptée en décembre 2006 par le Conseil National de l’Entreprise. Cette charte est structurée en 9 axes : respecter les droits humains ; améliorer en continu les conditions d’emploi et de travail et les relations professionnelles ; protéger l’environnement ; prévenir la corruption ; respecter les règles de la saine concurrence ; renforcer la transparence du gouvernement d’entreprise ; respecter les intérêts des clients et des consommateurs ; promouvoir la responsabilité sociale des fournisseurs et sous-traitants ; développer l’engagement sociétal.
Enfin, le label de la CGEM pour la RSE est attribué à une entreprise, pour une durée de trois ans après une opération d’évaluation menée par des experts accrédités par la Confédération, évaluation qui vise à attester que les actes de gestion de l’entité postulante sont conformes aux principes de la Charte précitée.
Aujourd’hui, dans un monde globalisé, l’on s’oriente de plus en plus vers une réglementation du rôle social de l’entreprise à tel point, qu’une question nous interpelle : face à ce mouvement pesant de la législation, de la normalisation et de l’organisation professionnelle, l’entreprise a-t-elle encore le choix de jouer un rôle social ?

 
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