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La sécheresse, un danger

Le stress hydrique est là, mais n’est ni reconnu ni pris en compte. Pourtant, son impact risque d’être catastrophique. 


La Loi de Finances en discussion table sur une récolte de 70 millions de quintaux, ce qui permettrait d’atteindre 3,5% de taux de croissance. Les recettes envisagées partent de ce postulat. Aucun élu de la nation, pourtant la campagne est bien représentée, n’a osé mettre en doute ce postulat fortement risqué.

Nous sommes à la mi-novembre, les précipitations dans les régions agricoles sont anecdotiques. Dans la région de Settat-Berrechid, les puits sont vides, la nappe phréatique est épuisée. Dans d’autres contrées, la situation est pire puisque des arbres mûrs dépérissent.

Au Maroc, la tendance est à la fatalité, la pluie appartient à Dieu et on espère qu’elle sera abondante et permettra de rattraper les retards. La météo est devenue une science quasi-exacte, des prévisions sur six mois sont hautement fiables. Il suffit d’effectuer des recherches sur internet, pour savoir qu’il n’y aura pas de flots réguliers mais des séquences réduites dans le temps, pouvant occasionner des inondations. Maintenant, si l’on pense que les prières peuvent démentir la science, on peut y aller.

Gouverner c’est prévoir

Lyautey disait « au Maroc gouverner c’est pleuvoir ». Un siècle après, nous ne sommes pas obligés d’y souscrire. Si une sécheresse rampante moins forte que celle des années 80 mais réelle s’installe, quels en sont les effets ?

La chute de la production agricole, surtout céréalière n’est un drame que pour la paysannerie. Les cours internationaux sont tellement bas que cyniquement, l’importation est plus rentable que la production, si on raisonne en caissier.

Mais si pour la troisième année de suite, les paysans n’ont pas de revenu, l’exode rural s’intensifiera vers des villes qui ne ressemblent déjà plus à rien, qui sont incapables d’offrir du travail et un habitat correct à ceux qui y sont déjà.

On oublie souvent que la sécheresse, ce n’est pas seulement la perte d’un revenu potentiel, mais aussi de l’investissement dans les semences, du travail fourni. Aucune réelle mesure de soutien n’a été prise cet été. Les agriculteurs n’attendront pas l’été prochain pour envisager d’autres moyens de survie. Même s’il tombe des trombes en février, la saison est déjà perdue. Les paysans le savent par expérience, pas les technocrates.

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