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Lafarge : Bruno Lafont tâte le pouls de sa filiale marocaine

En visite au Maroc, le PDG Monde de Lafarge a reconnu la place que joue le Royaume au sein d’un groupe présent dans 60 pays. 


Bruno Lafont,  le PDG monde du Groupe Lafarge, est particulièrement fier de sa filiale marocaine. Lors de sa visite effectuée lundi 15 juillet 2013, il n’a pas tari d’éloges sur Lafarge Maroc, le leader du secteur avec près de 40% de parts de marché. Selon lui, «la meilleure preuve de cette réussite pour Lafarge c’est que 99% des équipes sont marocains, de plus 17 managers marocains prêtent leur expertise à d’autres sites».

Cependant, cet homme qui est à la tête d’un groupe présent dans une soixantaine de pays émergents, n’est pas du genre à se satisfaire uniquement de la compétence théorique des équipes dont il se trouve à la tête. Il note en effet, que Lafarge Maroc avec ses trois usines, est la filiale la plus rentable de l’ensemble des filiales, même si avec son chiffre d’affaires d’environ 5 milliards de dirhams, le Maroc reste un pays moyen. «C’est une performance d’autant remarquable que le Maroc est handicapé par le coût de l’énergie», explique-t-il.

Néanmoins, cette remarque appelle une petite analyse concernant l’avenir et le niveau des marges sur le ciment au Maroc, en comparaison avec d’autres pays. Si les cimentiers marocains étaient aussi rentables malgré des coûts d’énergie élevés, c’est parce qu’il y avait une sorte de gentlemen agreement entre opérateurs qui voulaient qu’il y ait un certain partage du territoire sans agression mutuelle concernant les prix. Cependant, depuis quelques années, cette situation a tendance à disparaître. En effet, Lafarge est sorti de sa zone historique du centre et du nord pour aller tacler Ciment du Maroc dans le Sud, à Agadir. C’est Holcim qui avait ouvert les hostilités avec la création de sa Cimenterie de Settat pour grignoter des parts de marché à Lafarge et Ciment du Maroc. De plus, l’arrivée des ciments de l’Atlas (CIMAT) qui se montre particulièrement agressif pourrait contribuer à tirer les prix vers le bas. D’ailleurs, cette nouvelle donne s’était légèrement ressentie sur les réalisations de Lafarge qui a vu son chiffre d’affaires reculer de 9,4% en 2012, par rapport à 2011. Ainsi, le résultat a reculé de 24% pour se situer à quelque 1,25 milliard de dirhams.

Le défi de maintenir cette réputation de la filiale la plus rentable sera certainement de plus en plus difficile à tenir dans les années à venir. Le marché du ciment marocain est appelé à se reconfigurer avec un nivellement des marges vers le bas. Cela ne fait aucun doute.

Mais Bruno Lafont espère que la filiale marocaine puisse tirer profit du vaste programme de réduction des coûts que le groupe a déployé à l’échelle internationale. Il s’agit essentiellement d’une réduction de la consommation, tout en jouant sur le mixte fuel pour être le plus compétitif possible. Il y a également, les énergies renouvelables qui permettent d’atteindre le double objectif de réduction des coûts de production et de la sauvegarde de l’environnement. A ce propos, le PDG du groupe Lafarge a rappelé que le site de Tanger est le premier au monde dont la consommation est entièrement assurée par l’énergie éolienne.

Aujourd’hui, Lafarge que son PDG monde affirme être l’acteur le plus saturé devra élargir ses horizons géographiques et techniques. En plus du nouvel investissement au sud, deux nouvelles carrières de granulat seront ouvertes et plusieurs sites verront leur capacité doubler. De plus, Lafarge ira vers des solutions de plus en plus compliquées.

 
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