Sécurité

L’Africa Security Forum s’adapte aux défis d’aujourd’hui

Après une première édition organisée en 2015, l’Africa Security Forum revient à Casablanca du 08 au 10 octobre 2017. Au menu : les principales problématiques sécuritaires africaines et la promotion de la coopération interafricaine pour la lutter contre le terrorisme, la radicalisation et la criminalité transnationale. Pour les organisateurs, venir à bout des entraves à l’installation d’une paix au sein et aux frontières des pays africains revient à booster efficacement la mutualisation des moyens et compétences humaines et techniques pour qu’enfin l’Afrique se dote des moyens de ses ambitions.


Cette édition 2017 de l’Africa Security Forum, ayant pour thème « La Coopération Interafricaine face au Terrorisme, aux Radicalisations et à la Criminalité Transnationale »,  sera animée par des experts américains, européens et africains, à l’instar de l’éthiopienne Hirut Abhra, Deputy Representative de Interpol à l’Union africaine, le colonel français Peer de Jong, vice-président de l’Institut de Management pour la Sécurité Internationale (Themiis) et Dr  américain Steve Fleischmann, spécialiste des questions de sécurité internationale. À leurs côtés seront présents le très prestigieux Royal Institute of International Affairs fondé en 1920 et communément désigné par l’appellation Chatham House, le Royal United Service Institute (RUSI), le plus ancien think tank fondé au Royaume-Uni (en 1831), l’Institut Français des Relations Internationales, l’Institut Royal El Cano, le German Institute for International and Security Affairs, ainsi que de nombreux autres think tanks internationaux. Au total, ils seront plus de 350 à répondre présent encore une fois à l’appel de l’Africa Security Forum et de l’Afrique à l’occasion de ce rendez-vous devenu désormais incontournable sur l’échiquier continental. L’Africa Security Forum, vu le poids des intervenants, se veut donc une plateforme d’échange qui permettra de dégager des pistes de réflexions susceptibles de faire face à ces défis sécuritaires du XXIème  siècle.

Pour rappel, l’Africa Security Forum est l’activité ouverte du think tank Atlantis. Créé et présidé par Driss Benomar, Atlantis s’assigne comme mission de proposer aux décideurs des réponses face aux nouvelles problématiques sécuritaires qui parcourent le continent noir. Cela passe par le forum organisé en partenariat avec le Forum International des Technologies de la Sécurité (FITS) basé à Paris.

Trois questions à Driss Benomar, président du think tank Atlantis
Driss Benomar, président de Atlantis

1- Quelles sont les nouveautés de cette deuxième édition ?

Cette nouvelle édition de l’Africa Security Forum est résolument inscrite dans la continuité des travaux sur la défense et la sécurité de notre think tank Atlantis. La nouveauté, que notre Comité stratégique a apportée, est une dimension beaucoup plus centrée sur l’humain, après l’édition précédente ou la priorité avait été donnée à un aspect plus technologique dans la mise en œuvre des solutions imaginées. Cette année, nous avons souhaité être plus proche de l’Homme et donc de l’actualité tout en restant sur une approche globale des problèmes.

C’est pourquoi, la prise en compte de ce qui transite, se prépare, se conduit, se coordonne, se dit ou se fait dans le Cyberespace ouvert (réseaux sociaux) ou plus discret (Dark Web) doit être intégré. Cela touchera de manières certes différentes « nos enfants », qui en seront les acteurs, les objets ou les cibles, dégâts collatéraux d’affrontements économiques, politiques idéologiques ou autres et qui leurs sont parfois bien étrangers. La migration elle-même favorise ces « agressions » sur ces groupes vulnérables, qui fuient misère, conflits armés, pauvreté extrême dans l’espoir d’un ailleurs meilleur. Ils ne trouvent sur leur route que haine de l’étranger, exploitation sexuelle parfois ou travail forcé, quand ils ne deviennent pas des militants de causes étrangères, enfants soldats de guerres qui ne sont pas les leur. Pourtant, au sein d’un même bassin ethnique, ils pourraient être accueillis, être utiles en renforçant des secteurs économiques affaiblis. Appartenant à la même communauté culturelle, il peut être fait fi des frontières issues de la colonisation pour rester dans l’espace marqué par les frontières invisibles de la tradition du groupe ethnique.

Fort des constats effectués par l’étude de ces deux points, nous aborderont le « Comment » en proposant des idées, certes déjà connues, mais qui prendront ici tout leur sens en cherchant à mutualiser nos moyens, nos énergies, nos volontés, au sein d’organisations régionale ou, sous régionales par exemple.

2- Parmi les thématiques qui seront abordées, il y a le terrorisme et la crise migratoire ; deux principales préoccupations des deux rives de la méditerranée. Quelles solutions s’offrent aujourd’hui ?

Le terrorisme sera évoqué dans le premier thème du Forum de cette année comme moyen d’action, mais en fait nous nous concentrerons sur ses domaines d’application et en particulier au travers des processus radicaux utilisés pour discréditer une économie, un produit essentiel, un groupe social, un décideur, un pays. La migration est également au centre de nos préoccupations.

Mais je veux souligner auprès de vous que le but de nos travaux et recherches est centré sur le continent, notre continent, l’Afrique. Nous pensons que si de nombreux organismes internationaux cherchent à nous aider, ils ne le font qu’avec le but de se préserver, sans forcément se soucier de faire en sorte que des mesures pérennes, structurelles et rationnelles viennent offrir des alternatives aux pays du continent. Nous pensons que nous devons rester maîtres de notre destin, que nous devons trouver nos propres solutions, applicables au niveau des régions et sous-régions du continents et les mettre en œuvre nous-même.

Il n’y a pas de solutions immédiates à attendre de notre Forum. Nous devons par ces rencontres initier des échanges, des synergies, faire émerger des convergences entre des décideurs, des membres de la société civile, de grands chercheurs ou intellectuels pour faire avancer des idées nouvelles qui nous soient propres.

3- Avez-vous songé à organiser le Forum dans un autre pays africain ?

Nous avons eu l’honneur, cette année, de nous voir attribuer le « Haut Patronage de sa Majesté le Roi Mohammed VI », que Dieu l’assiste, et cela nous donne encore plus d’énergie et de motivation pour continuer le développement de nos activités au sein de notre centre de recherche et d’étude géostratégique, Atlantis.  Nous avons également besoin d’assoir notre crédibilité sur l’espace qui a vu naître notre idée d’organiser un forum africain sur les problématiques de sécurité. De plus, et comme vous l’avez surement remarqué, le logo de l’Africa Security Forum porte aussi le nom « les Rencontres de Casablanca ». Organiser un tel forum au Maroc est accepté par tous. Le Maroc,  par sa position géographique stratégique, est à la croisée de différents espaces sociaux culturels qu’est l’Afrique, l’Europe, le monde arabe et le monde musulman. Ce positionnement donne au Maroc un atout considérable et hautement stratégique que peu d’autres pays peuvent offrir.

 
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