Entrepreneuriat

l’Auto-entrepreneuriat au cœur d’un écosystème performant (Vidéo)

A l’occasion d’une nouvelle conférence du cycle « Echanger pour mieux comprendre », tenue ce jeudi 1er octobre sous le thème « Entrepreneuriat au Maroc : vers un écosystème performant », la Fondation Attijariwafa bank, en partenariat avec le Marché de l’Entreprise de la Banque, s’est interrogée sur la portée du Statut de l’Auto-entrepreneur. 


De G à D: Hamid Bouchikhi, Professeur à l’ESSEC Business School, Paris, Fatim Zahra Oukacha, Directrice Générale de CEED Maroc, Mamoun Bouhdoud
Ministre Délégué, Chargé des petites entreprises et de l’intégration du secteur informel, Dounia Boumehdi, Directeur Général de Maroc Numeric Fund

 

Un nouveau statut avantageux d’auto-entrepreneur

« Nous avons déjà commencé le déploiement du statut de l’auto-entrepreneur. D’ailleurs, le site dédié au nouveau statut est en ligne » annonce Mamoune Bouhdoud, ministre délégué chargé des Petites entreprises et de l’Intégration de l’économie informelle. 

Ce projet offre une fiscalité avantageuse et un accompagnement des procédures administratives allégées. Concrètement, le statut auto-entrepreneur, adossé à un nouveau régime fiscal, spécifique et optionnel, devrait contribuer à la résorption du chômage et à la lutte contre l’informel, entre promouvant les entreprises individuelles dans un cadre institutionnel favorable. 

Il s’agit ainsi d’un régime qui permettra en outre aux plombiers, mécaniciens et menuisiers, entre autres, de bénéficier d’une sécurité sociale, ce qui est en soi une avancée très notable. « Le secteur informel compte plus de 2 millions d’entités, dont les ¾ sont des personnes qui travaillent pour eux-mêmes. D’où l’intégration de ce segment économique dans le régime de couverture social dédié aux indépendants » a déclaré M. Bouhdoud, précisant que son département est «en train d’étudier ce dossier en collaboration avec le ministère de la santé », pour une meilleure coordination des efforts et cohérence des initiatives.  

« L’échec est mesuré »

Il faut savoir que le statut d’auto-entrepreneur a ceci de particulier que l’exercice d’une activité dans sous un tel régime expose l’auto-entrepreneur à des risques sur ses biens personnels ou à des éventuelles erreurs  dans son activité professionnelle. Pour le soutenir, le statut auto-entrepreneur, tel que déployé au Maroc, prend en considération cette dimension importante de l’échec. Et au ministre de rassurer : « malgré une faillite de l’entreprise, le domicile ne sera pas saisi ».

Pour sa part, Dounia Boumehdi, DG de Maroc Numeric Fund a fait savoir qu’ «il faut prendre le risque d’échec dans le processus d’accompagnement de l’entreprise», rejoignant ainsi la vision du ministre, en expliquant que «l’échec permet de ne pas refaire les erreurs et d’appréhender les investissements autrement», d’où la nécessité, selon elle, de «donner une seconde chance à l’entrepreneur qui n’a pas réussi son affaire ». La DG de Maroc Numerc Fund sait de quoi il en retourne à ce sujet, puisqu’elle représente un fonds d’investissement semi-public centré sur les entreprises digitales pour développer l’entrepreneuriat dans le secteur de la technologie et de la communication, un fonds qui, rappelons-le, revendique une taille de 100 millions de DH.

Côté banque, Hassan Bertal, DG en charge du marché de l’entreprise d’Attijariwafa Bank, a intégré dans le débat le rôle de la banque dans le support de l’échec. Pour ce banquier, « si les difficultés et l’échec sont liés à l’exploitation de l’entreprise, la banque soutient son client, se voulant toutefois pragmatique et ferme quand il déclare qu »à contrario, la banque ne supporte pas l’échec liée à la mauvaise gestion, ni la loi d’ailleurs ».

L’auto-entrepreneur, facteur clé de développement du pays

Pour réussir le déploiement de ce projet, le Ministère de tutelle a capitalisé sur les ressources humaines. « 30 associations, dont CEED Maroc, ont participé à la mise en place de statut » a chiffré M. Bouhdoud. « CEED  Maroc a choisi d’accompagner l’entrepreneur marocain parce qu’elle est le créateur de l’emploi. En effet, le développement d’un pays passe notamment par la création de l’emploi ce qui nécessite l’accompagnement et l’encouragement de l’entreprenariat » déclaré Fatim Zahra Oukacha, Directrice Générale de CEED Maroc.

En ligne avec le déploiement du statut de l’auto-entrepreneur, le groupe Attijariwafa Bank confirme ainsi son ferme engagement pour accompagner cette catégorie sociale et ce segment économique.  « Si nous voulons développer un pays, il faut aller en amont vers l’auto-entrepreneuriat. D’ailleurs,  Attijariwafa Bank a signé une convention avec Bank Al Maghrib pour délivrer le statut entrepreneur » déclare H. Bertal.

 
 
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