Entreprises & Marchés

Le capital investissement a de beaux jours devant lui

Omar Chikhaoui, Président de l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC).

Une levée de fonds totale de 9 milliards de DH sur la période 2012-2017. Les professionnels réclament plus d’incitation fiscale, afin d’attirer les investisseurs. par Roland Amoussou


La 4ème journée du Capital-investissement, organisée jeudi 4 décembre à Casablanca par l’AMIC(Association marocaine des investisseurs en capital), a été l’occasion pour les acteurs et autres intervenants du secteur, de faire l’état des lieux et de dresser les perspectives d’avenir du capital-investissement au Maroc. Nul doute, le secteur poursuit son développement. Pour l’année écoulée, le Maroc a surpassé l’ensemble des pays de la zone Mena avec un taux de pénétration du capital investissement de 0,08%. L’année 2012 également, et malgré la conjoncture morose de l’économie mondiale, a été caractérisée par une forte croissance de la collecte, au Maroc, de fonds de capital investissement, notamment, avec la création de quatre fonds, 3P Fund, PME Croissance, Emerald Fund et CNAV2. « Depuis 2006, sur les 30 entreprises introduites à la Bourse de Casablanca, 8 d’entre elles avaient été accompagnées par des investisseurs en capital (soit 27% des introductions) », soulignait le cabinet Grant Thornton dans une étude réalisée sur le capital investissement en 2012 au profit de l’AMIC. Ce qui permet aux professionnels de dire que le potentiel de ce secteur au Maroc reste énorme. L’association table d’ailleurs sur une collecte de fonds de 9 milliards de DH sur la période 2012-2017, ce qui représente une moyenne de 1,5 milliard par an. D’où le défi de l’AMIC de convaincre les institutionnels locaux à prendre le train en marche. Le thème de cette quatrième journée du Capital investissement, «Les investisseurs institutionnels, acteurs de développement du capital investissement» n’est donc pas fortuit.

Mécanismes incitatifs

En effet, les deux tiers des montants levés par l’industrie proviennent de fonds internationaux, notamment de l’Union européenne, qui représente le premier investisseur dans le Royaume, avec 42% des capitaux investis. Les investisseurs locaux n’ont apporté que le tiers des montants levés depuis dix ans. Pour rappel, les fonds levés par l’industrie du capital investissement ces quinze dernières années ont atteint 11 milliards de DH à fin 2013. Dans le détail, les gérants ont investi 4,2 milliards de DH sur cette période, soit 0,08% du PIB. L’AMIC précise que le niveau moyen d’investissement entre 2010 et 2013 a atteint 28 millions de DH. Les zones d’intervention des investisseurs en capital sont liées aux entreprises en phase de développement. En revanche, celles en phase d’amorçage ou encore en phase de retournement(c’est-à-dire en quête de financement pour surmonter une difficulté) sont très peu touchées par ce mode de financement. Pour le développement du secteur, les professionnels misent beaucoup sur la loi sur le capital-risque. « L’absence d’un cadre légal et fiscal attrayant fait partie des principaux arguments émis par les investisseurs », fait remarquer le Président de l’association, Omar Chikhaoui. En effet, la loi n°41-05 sur les Organismes de placement en capital risque (OPCR) qui devrait se mettre en place, va marquer un tournant important au Maroc. Ce projet de loi vise à créer un cadre juridique qui va prendre en compte l’ensemble des activités de capital investissement et ses différentes catégories, dans le but de compléter l’offre de financement offerte aux entreprises et aussi d’accompagner le développement de l’industrie du capital investissement au Maroc.
Ledit projet de loi vise aussi une plus grande sécurisation du dispositif et le renforcement de la protection des investisseurs. Lors de cette rencontre de l’AMIC, les participants ont surtout insisté sur la mise en place de mécanismes incitatifs sur le plan fiscal, afin de donner plus d’attractivité au secteur pour séduire les investisseurs.

 

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