L'édito

Le champ miné du Sahel [Par Jamal Berraoui]

La mort d’Idriss Deby, président du Tchad, met à nouveau les projecteurs sur les pays du Sahel. Deby avait été choisi par la France pour renverser Hissène Habré, il y a 31 ans. C’était une dictature féroce menée par un homme que l’Élysée qualifie de « grand soldat ». Il est mort lors de combats contre les insurgés, sûrement pas plus démocrates que lui. Son fils lui succède par la volonté des généraux et non pas des urnes. Et pourtant, Emmanuel Macron assistera aux funérailles.


Les droits de l’homme, les valeurs dites universelles passent à la trappe parce que la guerre contre le terrorisme fait rage et que le Tchad est le plus grand allié de la France et de son opération Barkhane, qui s’enlise dangereusement. Des cinq pays du Sahel engagés dans cette lutte, seule l’armée tchadienne est au niveau. Elle est disciplinée, d’un niveau de formation correct et Idriss Deby la mettait à la disposition des stratèges français. La démocratie peut donc attendre. Si la stabilité du Tchad chancelle, si les insurgés investissent N’Djamena, c’en est fini du G5 du Sahel et l’intervention française qui dure depuis 8 ans n’aura pas servi à grand-chose.

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Le territoire concerné est très vaste, les frontières ont de tous temps été poreuses, mais le plus grave c’est que les Djihadistes, suppléent l’absence de l’État et créent un environnement favorable au sein des tribus. Les pays d’Afrique du Nord, et donc le Maroc, sont très concernés par la fournaise du Sahel. Si ce verrou géographique saute, ils devront affronter l’AQMI ou le Mujao. L’Algérie torpille toutes les velléités d’entente sécuritaire. La Libye, frontalière avec le Tchad, n’a toujours pas réussi à reconstruire un État, la Mauritanie n’a pas une armée capable de sécuriser la région.

 
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