Politique

Le Collectif Associatif pour l’Observation des Élections se mobilise

La crédibilité du processus électoral dépend étroitement de son degré de transparence. A cet effet, le Collectif Associatif pour l’Observation des Élections (CAOE) est devenu, depuis 2002, un acteur incontournable dans l’observation impartiale du déroulement effectif des élections. La conférence de presse, tenue par le CAOE, le 12 août, a été l’occasion d’exposer la stratégie d’observation adoptée pour la prochaine étape électorale, prévue le 8 septembre prochain.


Le CAOE, composé au départ de 50 associations dont 15 sont membres du bureau national et 35 sont membres du conseil national d’orientation, a accumulé plusieurs expériences dans l’observation des élections aux niveaux local, régional et national. Sa force réside dans sa diversité interne (défenseurs des droits humains, défenseurs des droits des femmes, défenseurs des personnes en situation d’handicap et défenseurs de la bonne gouvernance et de la transparence). Elle réside aussi dans son indépendance et son expertise cumulée.

L’observation du CAOE concerne l’ensemble du processus électoral, dans sa globalité, notamment en analysant l’arsenal juridique relatif aux élections, en menant des études sur la participation politique des jeunes, en assurant l’observation de toutes les étapes du processus électoral, en adoptant la méthodologie de l’observation indépendante, avec la mobilisation des observateurs répartis sur les 12 régions du Maroc, en organisant des stages et des sessions de formation au profit des encadrants et des observateurs des deux sexes dans différentes régions et provinces, et en observant la couverture médiatique de la campagne électorale par l’ensemble de la presse écrite, l’audiovisuel et la presse électronique.

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Lors de la conférence de presse du 25 août, à Casablanca, tout en soulignant leur satisfaction quant au maintien des élections dans le respect des délais constitutionnels prévus, malgré la situation épidémiologique, les membres représentant le CAOE ont tenu à exprimer toutefois leurs inquiétudes quant aux circonstances politiques dans lesquelles se tiennent les élections, circonstances caractérisées notamment par une « régression du respect des libertés publiques », la « présentation et adoption de projets de lois dans les deux chambres du parlement sans tenir compte des propositions de la société civile », l’absence de progrès sur la question de la reconnaissance du rôle fondamental de la société civile (SC) que lui confère la Constitution de 2011, en matière de formulation, d’évaluation et de suivi des politiques publiques et l’absence de tout progrès en ce qui concerne les mécanismes de démocratie participative.

De même, les membres du CAOE ont exprimé leur insatisfaction quant à l’encadrement du système électoral du fait que les décideurs publics « n’ont pas pris en considération les propositions et recommandations avancées par le collectif et relatives à l’observation des élections ». C’est notamment le cas de la nécessité de créer une « commission électorale indépendante », l’implication des organisations de la SC dans la préparation et la discussion des projets de lois électorales (…), l’adaptation du code électoral à la Constitution (…), la participation des Marocains résidant à l’étranger, des migrants et réfugiés résidant en permanence au Maroc (…) et l’accès équitable aux médias.

Le CAOE met en particulier l’accent sur la place prépondérante et le rôle primordial des médias dans le bon déroulement des élections. Enfin, fort de son expertise sur le terrain, le CAOE a adopté une méthodologie d’observation des élections du 8 septembre prochain, en capitalisant sur son expérience, tout en s’inspirant des meilleures pratiques internationales. Disposant d’un effectif de 2620 observateurs répartis sur l’ensemble des régions du Maroc, le CAOE observe les différentes étapes du processus électoral : campagne pré-électorale, dépôt des candidatures, campagne électorale, jour du scrutin et recours.

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En fait, la mobilisation des observateurs et observatrices est effective depuis le mois de juin de cette année. Une structure administrative chargée de la coordination, de la centralisation et du suivi a été mise en place et est déjà opérationnelle. Les coordonnateurs régionaux ont été sélectionnés. 61 encadrants ont été répartis dans toutes les régions, en plus de 21 encadrants bénévoles. 30% des 2620 observateurs sont des femmes. Ainsi, a priori, le 8 septembre prochain, les élections prévues devront se dérouler sous les projecteurs du CAOE. Ce sera un nouveau rendez-vous historique national pour donner naissance, en toute transparence, à une nouvelle élite politique responsable, capable de contribuer positivement aux changements déjà entamés et/ou annoncés, et d’assurer la continuité, voire l’enracinement, du processus démocratique, dans toute sa profondeur institutionnelle et sociétale.     

 
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