Entreprises & Marchés

Le complexe hôtelier du groupe El Alami et de l’indien Oberoi sort de terre

Le montant de l’investissement est de 400 millions de DH pour la partie hôtelière, réparti entre le groupe El Alami à 70% et le groupe Oberoi à 30%.

En septembre 2008, le groupe marocain El Alami signait avec le groupe indien Oberoi un contrat de partenariat pour le développement et la gestion d’un complexe touristique à Marrakech. Les travaux de construction de l’hôtel, commencés en juin 2012, avancent à grands pas. L’ouverture au public est prévue pour le second semestre 2015. par michel roussel


Le projet est colossal. Trente ha au sud de Marrakech -19 réservés à la construction d’une quarantaine de villas et 11 ha pour la partie hôtelière-, avec un hôtel de 84 suites, chacune dotée d’une piscine privative de 10 mètres sur 3, 400 mètres de façade sur la route de Ouarzazate, un spa au milieu d’un lac artificiel et trois restaurants. La commercialisation des villas dont le montant de l’investissement n’a pas encore été dévoilé, ne devrait débuter qu’à la fin 2015. Pour l’instant, priorité est donnée à la partie purement hôtelière, dont l’ouverture au public est prévue dans un an. Le montant de l’investissement est de 400 millions de DH pour la partie hôtelière, réparti entre le groupe El Alami à 70% et le groupe Oberoi à 30%. Le projet indo marocain cible le luxe des standards internationaux en combinant tradition et modernité, authenticité marocaine et raffinement de l’hôtellerie indienne. Le prix des suites a déjà été fixé entre 5 et 6000 DH la nuit.  Fait inédit dans ce concept de Marrakech : les villas bénéficieront des services hôteliers du projet. « L’idée n’est pas de faire un hôtel dans un programme immobilier comme ce fut régulièrement le cas à Marrakech, explique Abdelouahed El Alami, président du groupe El Alami Holding (GEA), mais de développer un complexe hôtelier où les villas deviennent une composante propre bénéficiant d’un service hôtelier de luxe. Nous ne nous positionnons d’ailleurs pas en tant qu’hôtel 5 étoiles, mais davantage en tant qu’hôtel de luxe aux standards internationaux, ce qui devrait nous permettre d’offrir un confort inégalé et une qualité de service irréprochable.» Le choix du partenariat avec le groupe Oberoi n’est pas anodin : de renommée mondiale, le groupe indien est une référence dans le domaine de l’hôtellerie avec plus de 80 ans d’expérience et sa présence dans les plus prestigieuses destinations du monde, en Inde mais aussi à Bali, à l’Ile Maurice, en Indonésie ou à Dubaï… Il doit sa réputation en particulier à la qualification de son personnel formé dans ses deux propres écoles baptisées « Centre of learning and Development d’Oberoi » où l’on enseigne l’art du management hôtelier et « l’art du service Oberoi ». Un enseignement qui semble porter ses fruits si l’on sait que le groupe a été élu en 2013 « la plus grande marque d’hôtel de luxe au monde » au cours des World Travel Awards et que l’Oberoi de Dubaï inauguré fin 2013 a déjà raflé le titre de « Meilleur hôtel de luxe du Moyen-Orient » lors des World Travel Awards 2014 et « Meilleur hôtel d’affaires » par le Business Traveller Middle East. Sans oublier qu’Oberoi se classe régulièrement dans le top 3 des hôtels où le groupe est présent. Pour la réalisation « artistique », les promoteurs du projet marrakchi ont fait appel à des partenaires retenus pour leurs compétences exigeantes reconnues, que ce soit les Casablancais Collier&Partners pour la section architecture, le designer d’intérieur français Yves Taralon pour la partie purement artistique ou encore le paysagiste américain Madison Cox.  Reste à savoir comment remplir le futur hôtel, étant donné la rude concurrence que représente l’offre à Marrakech en ce qui concerne les hôtels de luxe, les 5 étoiles notamment. « Il existe en effet, une offre importante d’hôtels 5 étoiles à Marrakech, ajoute le président du groupe El Alami, mais la qualité du service n’est pas toujours à la hauteur des standards internationaux, d’autant que plusieurs d’entre eux sont encore gérés par leurs promoteurs, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas intégré une démarche professionnelle qui permet de déléguer la gestion à des opérateurs hôteliers, avant de rappeler que le groupe marocain GEA est l’un des pionniers de l’hôtellerie du Royaume et qu’il a développé et géré la chaine «Les Almohades » entre 1960 et 1985. » Autres arguments pour répondre à cette question sur la « surcapacité » en hôtels 5 étoiles de la ville ocre : le regain d’intérêt touristique pour le Maroc et pour Marrakech en particulier, chiffres à l’appui qui démontrent que le seuil d’un million d’arrivées a été dépassé en juillet de cette année, avec un taux d’occupation des hôtels de 53%.  N’oublions pas la construction du nouveau terminal à l’aéroport de Marrakech, dont la mise en service est prévue en 2015, sensée améliorer la desserte de la destination depuis les principales villes européennes et les pays du Golf. Ce qui devrait rétablir l’équilibre après les années creuses, conséquence directe de la crise internationale qui a impacté les principaux pays émetteurs de touristes européens. « Par ailleurs, conclut A. El Alami, dans chaque destination où Oberoi est présent, leurs hôtels se classent dans le trio de tête, sinon premiers de la destination en termes d’occupation, avec une clientèle fidèle qui revient régulièrement dans les hôtels de la chaîne. » L’alliance indo marocaine semble partie du bon pied dans ce projet de Marrakech, si l’on additionne les compétences mutuelles : l’expérience et le savoir-faire des deux groupes dans le développement et la gestion hôtelière, la réputation d’Oberoi reconnue internationalement par son classement régulier parmi les meilleurs hôtels du monde, et la « success story » du groupe El Alami dont le leitmotiv est d’investir uniquement sur des produits de qualité. 

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