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Le courant passe mieux entre FIFA et FRMF

Après l’annonce en juin dernier, à Moscou, lorsque la FIFA confirma le choix des USA-Mexique et Canada, au lieu du Maroc pour la Coupe du Monde 2026, notre pays a su réagir de la meilleure manière possible qui soit. Tout en acceptant avec un fair-play remarquable la désillusion, le Royaume fit savoir qu’il se portait candidat pour le Mondial de foot de l’an 2030.


On raconte que même le Président de la FIFA, Gianni Infantino en fut soufflé.

Quoiqu’encore néophyte à ce poste, Infantino connait la passion du Maroc pour le foot (il a été longtemps à l’ombre de Platini), mais il savait aussi que les Marocains ont le sang chaud et que leur passion pouvait se transformer en ressentiment.

N’avait-il pas vu comment notre pays acceptait fort mal que les commissions d’inspection de la FIFA se soient montrées si pointilleuses avant que d’accepter notre candidature dans les derniers souffles de la campagne 2026 ? La FIFA et son président furent accusés de favoritisme et de partialité au profit de la candidature américaine boostée par l’ombrageux Donald Trump.

Infantino craignait, à juste titre, que ses positions tolérantes envers les outrances du président américain ne lui coûtent le soutien des Africains et de la soixantaine de pays qui avaient cru aux chances du Maroc.

Par le passé dejà, l’Afrique s’était fâchée contre la FIFA de Stanley Rous et boycotté pendant quatre ans l’institution mondiale. C’était dans les années 60… mais plus récemment encore, en 1992, Havelange s’était fait traiter publiquement de corrompu par un Abdellatif Semlali, hors de lui, après la victoire de la France pour le Mondial 98.

Et que dire de Blatter, soupçonné et même accusé de tous les maux et de toutes les vilénies durant toutes les candidatures marocaines pour les Mondiaux de 2006 à 2010.

Mais à Moscou pour la cinquième candidature, celle de 2026, Infantino eut à connaître de la maturité marocaine qui, tout en acceptant le choix du congrès de la FIFA, ne lâchait rien quant à sa volonté de solliciter encore et toujours l’organisation de la Coupe du Monde de football.

Tant d’obstination finirait un jour par payer, a dû se dire signor Infantino et il se mit à scruter avec un regard plus attentif les actes du Maroc.

Lors de la Fête du Trône, il était à Tanger répondant à l’invitation de SM Mohammed VI, roi du Maroc. Cela ne peut être tout à fait innocent.

Quelques semaines plus tard, le voici en Espagne où il écoute les responsables du foot espagnol lui expliquer que leur pays souhaite se joindre au Maroc pour une candidature commune en 2030.

Voici donc que se dessinent des perspectives nouvelles et des défis audacieux, de ceux qui peuvent donner une dimension exceptionnelle à la plus grande épreuve que la FIFA organise.

Cependant, il y a loin de la coupe aux lèvres, et avant que le rêve maroco-espagnol ne devienne réalité, les obstacles ne manquent pas.

Il y a d’abord le règlement de la compétition qui interdit, pour l’instant, que deux confédérations s’associent pour une candidature.

On le sait, le Maroc fait partie de la CAF (Confédération Africaine de Football), alors que l’Espagne est une composante de l’UEFA (Union Européenne de Football).

Tant que les règlements ne changeront pas, le tandem Espagne-Maroc ne pédalera que dans la semoule car frappé d’illégitimité, mais la terre tourne et le monde change et pourquoi les règlements de la FIFA seraient-ils immuables? Bien sûr que les hauts responsables marocains et espagnols ont dû penser à la manière d’éviter l’écueil statutaire et juridique. Sûr aussi qu’Infantino, homme de réformes et de bouleversements est certainement titillé par cette nouvelle approche d’une Coupe du Monde.

Un Infantino qui sera candidat au mois de Juin 2019, candidat à sa propre réélection lors du Congrès de Paris.

Réélection que l’Afrique soutient avec enthousiasme, soutien qui fut exprimé clairement par le Maroc, récemment à Sharm El Sheikh (Egypte).

Infantino en a bu du petit lait et n’a pas été avare de compliments envers notre pays lors de ses discours dans ce congrès de la C.A.F

Alors tout va bien ?

Que nenni, d’abord il ne faut pas aller trop vite en besogne et puis il faut le temps de réfléchir et de construire tout cela ; ensuite une belle partie du monde pense le contraire et souhaite faire avorter le beau bébé ibéro-marocain.

L’Amérique Latine a l’ambition de voir le Venezuela organiser l’édition 2030, alors que le Maghreb veut garder le Maroc pour et avec lui.

Seule bonne nouvelle pour 2030, la Chine se retire avec toute l’Asie et préfère se positionner pour 2034.

Le vote pour 2030 pourrait avoir lieu en 2024.

D’ici là, on aura vu ce que le Qatar a pu gagner avec son si controversé Mondial 2022 et surtout il faudra que la belle idylle FIFA-FRMF se renforce et se construise des passerelles solides afin de traverser, voire d’enjamber, toutes les difficultés et tous les préjugés.

Entreprise compliquée, mais passionnante, n’est-ce pas ?

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