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Le Créateur ex nihilo


« Celui qui donne un commencement à toute chose » (CORAN, LIX, 24) qui engendre de rien, et comme jamais rien n’a été. Toi le donneur de vie qui en commande les mystères, Toi ni père ni mère, Verbe transcendantal qui se suffit de son dit. Ton Nom jaillit du noir, Ton nom décrétant Ta présence, déferlant du vide, de lui-même, par lui-même. Le peintre, comme d’antan, en est devin que Ta volonté a guidé. Ton beau Nom refoulant cette souille argileuse soutirée aux ténèbres et fourmillant de vie à l’approche de ta main créatrice qui la force et la fertilise. Al-Bâri’ qui s’impose au néant, et le bouillonnement initial dont portent témoignage les vagues que l’artiste habité innocemment ébauche, lui dont les doigts ont tremblé en souvenir de cet éveil à la vie, et qui sont le préalable du surgissement qui fut le nôtre quand Tu nous modelas d’un trait de divin et nous sortis de notre inconsistance. Et les premières gouttes vitales font alors surface qui enfanteront l’univers. Maître de la vie, Maître de la mort, le blanc et le noir se rejoignent ici comme il ressort de l’écrit mais la vie est Ton œuvre décisive et Ton signe, et les couleurs qui débordent éclatantes et bariolées fêtant la fécondation du monde et présageant par leur éclat sa beauté et l’intelligence dont Tu pares les êtres que Tu aimes. Et mêmes maculées par la vase les rappelant à l’inerte, elles préludent par leur luminance Ta victoire intacte dont Tu sortis vainqueur en brandissant nos profils et concédant à Adam Ton paradis. Et nous fûmes à ton image, uniques nés de Ton pouvoir sans pareil et sans autre feu sacré, nous, vivant de Ta seule gratitude sans autre précédent à notre semblance. Ton décret nous a conçus dans la vase noire, et Tu nous as pétris de main de maître et Tu nous as extraits de la fange et Tu nous as fait beaux et nous nous sommes jetés sur tes fruits dans Ton paradis. Ton Nom est synonyme d’apaisement, Toi qui nous purifie et nous purge des souillures qui hantent notre horizon, Toi qui innocentes nos intentions pour affronter le Jour de Ton Jugement. Guéris-nous du mal, al-Bâri’ Toi qui peut guérir, prends soin de nous dans l’égarement. Nous avons la gorge qui nous étouffe du fruit dont le désir brûlant nous a laissé transgresser l’interdit. Prends nous en pitié Toi qui est sans cesse recommencement. n
par Mohammed Ennaji

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