L'édito

Maroc. Le débat utile

La campagne électorale a déjà commencé. La classe politique n’a plus que cette échéance comme objectif et c’est normal à quelques mois du scrutin. Dans toutes les démocraties, les structures partisanes ne se limitent pas aux deux semaines de la campagne officielle.


Ce qui est important, ce sont les thèmes de la campagne. Si l’on en croit les joutes au Parlement et les déclarations des uns et des autres, nous allons assister à un remake de 2016, avec un casting qui a changé, mais les orientations restent les mêmes. On va encore nous saouler avec les problèmes  de l’organisation de la vie partisane. Il n’y aura ni bilan à débattre, ni perspectives à tracer, juste des tellings-story subjectifs sur une législature, pourtant marquée au fer rouge par les effets de la pandémie.

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Pourtant, il y a une occasion historique pour élever le débat. Le Maroc doit s’engager sur le chemin du rétablissement,  de la sortie de crise. Ceci n’est possible que si le rebond espéré, s’inscrit dans une vision d’avenir cohérente, ambitieuse qui vise non pas à revenir à la situation anté, mais de préparer le Maroc de l’émergence. Cette vision aurait pu s’inspirer du projet de couverture sociale, véritable révolution, pour se hisser à ce niveau et nous offrir un dessein, ce qui est mobilisateur. Les querelles byzantines sur les techniques d’organisation du scrutin, n’intéressent nullement les électeurs, elles les font fuir.

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Quel Maroc pour les années 30 ? Nous n’aurons pas ce débat, pourtant  c’est le seul qui vaille. Les défis sont énormes, c’est ce qui devrait constituer un Eldorado pour des passionnés de la chose publique, s’il y en avait. Il n’y a rien de plus exaltant que de porter un projet pour la Nation en période de crise, propice à l’émergence de nouveaux leaders, de renouveau politique.

Le quotient électoral n’intéresse que les vieux routiers de la politique politicienne. C’est encore une occasion ratée d’anoblir la politique, pire une nouvelle raison d’enraciner tous les clichés défavorables aux partis. La démocratie se construit autour de projets de société, on nous prive de tout débat de cette nature.

 
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