Culture

Le devoir de mémoire

La mémoire d’un peuple constitue sa première richesse immatérielle. Mbarek Bouderka, dans ses entretiens, avec Tayeb Biad, relate ses souvenirs sur le soulèvement qu’a connu le Maroc, en 1973. Une présentation du livre-témoignage de Mbarek Bouderka a eu lieu à la bibliothèque nationale, à Rabat, le 12 mars.


Le 3 mars 1973. Cette date fait partie de la mémoire collective au Maroc, 18 ans après l’indépendance. La veille, deux tentatives de coups d’Etat militaires, en 1971 et en 1972, ont failli abattre la monarchie. C’est l’époque de la lutte violente pour la conquête du pouvoir politique, presque partout dans le monde. Le pacte conclu, au lendemain de l’indépendance, avec le Roi Mohammed V, avait été rompu entre le Roi Hassan II et une partie de l’aile radicale du mouvement de libération nationale.

Cette époque représente le « coin sombre » de la mémoire nationale. Tayeb Biad, historien, s’inscrit pleinement dans l’une des principales recommandations de l’Instance Equité et Réconciliation relative à la sauvegarde de la mémoire. A travers des entretiens et l’exploitation rigoureuse des archives, il essaiera de reconstituer les faits et d’offrir une lecture de cette insurrection vite étouffée, en 1973, laissant ainsi des « héros sans gloire », comme nous le rappelle le titre d’un autre témoignage de Mahmoud Bennouna.

Jemaâ Baida, invité à cette rencontre, partagera sa propre lecture de cette œuvre-témoignage où la passion et l’émotion y sont encore fortes. C’est cependant une lecture prudente et distancée, celle d’un grand spécialiste des archives, matière scientifique de la recherche historique.

L’œuvre est d’abord un ensemble d’entretiens, basée sur des souvenirs où le risque d’oubli augmente avec le temps et l’âge. La subjectivité aussi. Pour autant, les paroles de Bouderka, dit Abbas, ancien nom de guerre, aident à « dépoussiérer » la mémoire. Aux chercheurs et spécialistes de confronter, analyser, rapprocher avec les faits et éventuellement valider. Les générations actuelles et futures découvriront les rêves et les espoirs des anciens militants nationalistes, qui, à tort ou à raison, libres ou contraints, ont choisi un chemin où la lutte était synonyme de sacrifice. Un sacrifice pour que l’espoir puisse continuer à couler dans le sang des nouvelles générations, appelées à reprendre le témoin et tenter d’inventer de nouveaux printemps. 

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