Blog de Jamal Berraoui

Le lexique n’est pas neutre ( par Jamal Berraoui )

Après les Djins, Bouya Omar, Dlimi et Oufkir, la haute trahison, nous avons franchi un pallier dans l’absurde. Aujourd’hui ce sont les rabatteurs de chasse, les fameux « hayyahas » qui font la manchette de nos journaux. La crise politique et non pas institutionnelle sombre dans le vulgaire, le bas. Même un homme comme Bakkouri suit la spirale de la décadence du débat public. On ne peut préjuger de l’intervention royale, mais il faut reconnaître que si les acteurs ne reviennent pas à un minimum de retenue, quelle que soit l’issue proposée, le mal sera fait. Il paraît difficile d’entretenir une vie politique qui n’est animée que par des « hayyahas » ou des « baltajyas ».

Pourtant les divergences sur la caisse de compensation et les voies de sa réforme, les inégalités fiscales, l’école, les atteintes au droit à la propriété, sur des sujets brûlants, auraient permis des fractures et des convergences d’un niveau autrement plus élevé.

Benkirane peut-il continuer avec Chabat ? Tout peut arriver au Maroc, pour la simple raison qu’ils ne nous respectent pas. Ce faisant,  ils ne se respectent pas eux-mêmes et leur rôle de dirigeant politique, mais cela importe peu. Ce qui est inacceptable, c’est qu’ils sont en train de dégoûter tout citoyen doté d’un peu de sens de la chose publique, à la fois de leurs joutes indignes et de la construction démocratique. Ceux qui voyaient le populisme comme un rempart contre d’autres déviations et l’encourageaient, en sont pour leurs frais : ils ont dévoyé la politique.

Pour ma part, je n’écrirai plus que sur des sujets socio-économiques. J’ai fait des études pour m’épanouir, m’élever, pas pour passer mon temps à donner du sens à de véritables « hayyahas » sans envergure et sans attachement à aucun projet national, en dehors de leur propre devenir. Leur halqa nauséabonde ne m’intéresse plus. Je préfère voir un bon film, écouter de la bonne musique ou lire un livre, ce qu’ils n’ont sûrement jamais fait de leur vie. Sinon, ils choisiraient un lexique plus propre.

 
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