Automobile

Marché des véhicules neufs : un bilan 2019 très mitigé

Le bilan relatif au marché automobile des véhicules neufs dans le Royaume à fin 2019 a été dévoilé ! Autant dire qu’il n’a pas pleinement satisfait aux attentes des opérateurs puisqu’il a, dans sa globalité, enregistré une baisse de -6,15% comparativement à 2018. Quelles sont les raisons pouvant expliquer cette tendance baissière ? Peut-on espérer en 2020 une reprise du volume des ventes ? Des questions pour lesquelles l’AIVAM a apporté son éclairage.


Une conférence de presse en présence de l’ensemble des opérateurs du secteur automobile permettant d’apprécier, chiffres à l’appui, les performances du marché des véhicules neufs pour l’année écoulée, tel a été l’objectif de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM). Une rencontre à double titre dans la mesure où l’AIVAM a profité pour dévoiler l’Observatoire de l’automobile édition 2020, une enquête réalisée par le cabinet Nielsen qui permet aux opérateurs automobiles, mais également au grand public, de se faire une idée plus précise sur le marché automobile, en matière d’équipement, d’usage, de comportement de la clientèle et d’en apprécier les éventuels leviers d’évolution.

Le VP décroche, le VUL cartonne

Les chiffres en attestent ! Si en 2018, il s’était écoulé 177 379 véhicules, le bilan à fin 2019 est beaucoup plus mitigé puisque 165 918 voitures ont été vendues, soit une régression de -6,5%. Il faut dire que 2019 n’avait pas démarré sous les meilleurs auspices, l’embellie n’arrivant réellement qu’en septembre pour ensuite repartir à la baisse jusqu’à fin décembre. Frilosité des ménages, pouvoir d’achat en diminution, coup de frein sur le crédit gratuit… les tentatives d’explication quant à ce trend baissier sont multiples alors que les nouveautés ont été légion sur le marché, assorties d’une kyrielle d’offres alléchantes concoctées par les importateurs.

Lorsque l’on regarde les chiffres avec plus d’acuité, cette baisse est à mettre principalement sur le dos du segment des véhicules particuliers qui décroche de 9,1 % alors que celui des utilitaires légers surfe sur un trend haussier avec une croissance de 24,11 %. Si le marché est en repli pour bon nombre d’opérateurs, quelques-uns dans le top 10, dont Hyundai (0,56%) et surtout Citroën (7,97%), clôturent l’année dans le vert. Par ailleurs, d’autres opérateurs généralistes qui ne figurent pas dans le top 10 surfent, eux aussi, sur la vague du succès, au rang desquels Opel, Kia, Skoda ou Suzuki.

À noter la performance du Groupe Renault qui conserve la tête des ventes avec 44 % de parts de marché. Concernant les véhicules utilitaires légers (VUL), les ventes se chiffrent à 17 729 unités, soit une croissance de 24,14% comparativement à 2018. Selon Adil Bennani, Président de l’AIVAM, cette dynamique est due au bon comportement des secteurs touristiques et du transport du personnel ainsi que l’introduction de petits pick-up dans ce segment.

Le diesel et les SUV au firmament

On ne s’en étonne plus ; le diesel, malgré un léger repli en 2019, s’octroie la part du lion en matière de ventes puisqu’il recueille 92,2 % de l’assentiment de la clientèle. Seuls 7 % de véhicules essence ont été écoulés. Le bilan est beaucoup plus marginal (0,9%) pour les motorisations hybrides, hybrides rechargeables et électriques. Néanmoins, elles continuent de croître à leur rythme puisqu’il s’est vendu 1 417 véhicules, dont 12 électriques seulement. Une performance drainée quasi essentiellement par Toyota. De quoi faire dire à Adil Bennani qu’il faut réellement une véritable feuille de route pour justement développer les énergies alternatives dans le Royaume. Enfin, et ce n’est pas une surprise, le segment des SUV, toutes catégories confondues, demeure le plus apprécié de la clientèle, surfant sur la vague du succès (28% des ventes). Il supplante celui des citadines (en recul de -3%), des ludospaces (-17 %), voire celui des compactes qui a de moins en moins d’adeptes.

Le premium à la peine

«14% de baisse par rapport à l’année dernière, c’est la première année que ce segment régresse le plus par rapport à la moyenne générale», déclare Adil Bennani, évoquant les véhicules haut de gamme. Un segment qui a vu s’écouler 13 355 voitures de luxe à fin 2019 contre 15 511 à la même période en 2018. Exceptés Volvo et Lexus, qui est en phase de lancement, l’ensemble des marques sont en perte de vitesse. Néanmoins, le trio de tête ne change pas avec, sur le podium, Mercedes, BMW et Audi. «Pour 2020, nous allons sur une année de croissance extrêmement limitée», laisse entendre Adil Bennani. Et le Président de l’AIVAM de conclure son propos : «Il y aura certainement un effet taxis qui nous permettra d’écouler quelques 5 000 véhicules en plus. Sans oublier le Salon Auto Expo en juin prochain qui dynamisera un peu le marché. Espérons cependant que la confiance des ménages puisse prévaloir de nouveau cette année».

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