Société

Le Maroc à l’heure d’une nouvelle phase de déconfinement de tous les dangers

A peine l’horloge a commencé à égrener les premières heures du 25 juin 2020 que des centaines de casablancais déboulaient déjà sur la corniche d’Ain Diab (interdite d’accès jusqu’alors) pour savourer l’entrée de leur ville en Zone 1 dans la nouvelle cartographie du Maroc selon l’Etat d’urgence sanitaire.


La même scène s’est reproduite dans d’autres villes marocaines qui ont l’heur de sortir de la Zone 2 où les citoyens se sont précipités sur des places mythiques et/ou synonymes auparavant de leur liberté de circulation, laquelle n’avait jamais été confisquée ou remise en cause de mémoire d’homme pour la majorité d’entre eux (le dernier Etat d’urgence du pays remonte à 1965 après les évènements de Casablanca matés dans le sang par le général félon Oufkir). Et partout des scènes identiques : des marocaines et marocains qui marchent tous guillerets ou roulent en voiture dans un état de liesse, tous contents de braver, enfin, et en toute légalité, les interdictions ayant circonscrits une bonne partie de leurs libertés individuelles depuis plus de trois mois (notamment au-delà de 20h depuis le 11 juin et 19h avant le ramadan). Et pour immortaliser l’« évènement », les smartphones se sont déchainés à prendre des selfies et des photos à répétition avec une effervescence de flashs qui giclaient ici et là comme des tirs silencieux de mitraillettes pour célébrer une victoire ou une libération. Souriez, nous sommes le 25 juin (à minuit passé de quelques minutes…à peine) et déjà l’humeur et la joie de vivre qui règnent dans les allées illuminées de la corniche casablancaise est digne d’un d’Artagnan (mort un certain 25 juin 1673 à Maastrich, ville qui symbolise, à son tour, la liberté de circulation……de capitaux au sein de l’Union Européenne !).

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Il est à rappeler qu’après deux assouplissements des mesures de restriction en vigueur depuis la mi-mars pour lutter contre la pandémie de nouveau coronavirus, le Maroc a décidé d’aller encore plus loin dans le « plan d’allègement du confinement » à l’exception de quatre villes (Tanger, Larache, Kénitra et Marrakech). Des allègements qui concernent essentiellement la réouverture des espaces publics à ciel ouvert (jardins, places…) et son corollaire de reprise des activités sportives individuelles en plein air (vélo, marche…), la reprise de déplacements non soumis à la présentation de l’autorisation exceptionnelle de circulation ou encore à la réouverture des salons de coiffure et de beauté, avec un taux d’exploitation de la capacité de 50% maximum.

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Mais quand on lit bien le dernier communiqué conjoint du Ministère de la Santé et du Ministère de l’Intérieur datant du 20 juin 2020 qui a restitué un paquet de libertés à près de 13 millions de citoyens (alors que près de 20 millions étaient déjà en Zone 1 et 3 millions sont toujours en Zone 2), on ne saurait occulter l’appel insistant des autorités à maintenir les mesures de distanciation physique et les règles d’hygiène qui doivent rester en vigueur malgré l’allègement consenti. Or, malheureusement, ce n’est pas ce qui est observé depuis déjà plusieurs jours déjà dans les rues (notamment celles de la capitale économique du pays) et, à fortiori, depuis les premières heures de ce 25 juin 2020 chez les citoyens un peu trop ravis au point de baisser précipitamment la garde. Une mégarde qui tombe mal alors que le nombre de nouvelles contaminations au Covid-19 s’est envolé depuis la semaine dernière avec même un pic quotidien absolu enregistré entre le mardi 23 juin et le mercredi 24 juin à 18h00 pointant à 563 nouveaux cas. Un sinistre record qui a porté le nombre cumulé de personnes testées positives au Covid-19, depuis le 2 mars 2020 (date de l’annonce du premier cas), à près de 11.000 personnes.

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