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Le Maroc avance ses pions dans la carte automobile mondiale

Le leader mondial des véhicules électriques devant Tesla, le chinois BYD, va implanter au Maroc plusieurs sites dans le cadre de sa production de véhicules électriques. Son objectif : se positionner sur des marchés européens à fort potentiel, avec les annonces de plusieurs pays d’interdire la vente de véhicules thermiques dans les 20 prochaines années. Une aubaine aussi pour le « site Maroc » de se positionner davantage dans l’échiquier automobile mondial, et mieux encore dans la carte d’une industrie 4.0 qui fera sans nul doute l’avenir du secteur automobile, à savoir l’électrique.


Le voile a été levé sur l’identité de l’un des plus grands industriels qui s’installeront dans la future « Cité Mohammed VI Tanger Tech », une « ville industrielle » portée par le groupe chinois Haite et actuellement en chantier. Il s’agit du leader mondial des véhicules électriques devant Tesla et Volkswagen, le chinois BYD. « Nous avons reçu beaucoup de demandes d’industriels qui souhaiteraient s’implanter rapidement. Nous allons faire des annonces au début de l’année prochaine», promet Moulay Hafid Elalamy, ministre de l’Industrie, de l’Investissement, du Commerce et de l’Economie numérique, qui précise que « le nouveau projet du groupe chinois BYD Auto Industry, sera érigé sur 50 hectares dont 30 hectares couverts et générera 2 500 emplois directs ».

Le ministre attribue cet engouement des opérateurs chinois pour la destination Maroc aux retombées de la récente visite du Souverain dans l’empire du milieu. « Les investisseurs qui s’installent dans la durée ont besoin d’être mis en confiance », tient à préciser le ministre. Reçu en audience par SM le roi Mohammed VI le samedi 09 décembre 2017 au Palais Royal de Casablanca, le président du groupe BYD Auto Industry, Wang Chuanfu, est sorti plus que jamais convaincu de son choix à l’issue de sa rencontre avec le souverain, surtout avec l’engagement au plus haut niveau de l’Etat dans ce projet. Une convention avec le Maroc a d’ailleurs été signée devant le Souverain, juste après, pour implanter une future usine de voitures électriques dans la future « Cité Mohammed VI Tanger Tech ». Une première dans le Royaume, qui ne va pas s’en tenir toutefois à cette seule usine. Au total, trois autres usines, une de batteries, une autre de bus et camions électriques et une dernière de monorails (trains), toujours électriques, sont prévues dans le cadre de ce méga-investissement. Le montant n’a toutefois pas été communiqué. « Il s’agira de créer un écosystème complet de mobilité électrique autour de BYD. Nous sommes en train de travailler main dans la main pour justement construire cet écosystème. Cela fait un temps qu’on travaille pour choisir le meilleur. BYD qui est leader devant Tesla, est le seul intégrateur. Il ne faut pas perdre de vue que le cœur du véhicule électrique est la batterie. À ce niveau, BYD est également leader », souligne le ministre.

Une nouvelle preuve de l’attractivité du Maroc
La firme chinoise est pourtant un acteur assez récent sur ce marché. Initialement spécialisé dans la production de batteries au lithium, BYD a engagé dans les années 2000 une diversification dans l’automobile en anticipant très tôt l’essor des véhicules électriques. Le milliardaire américain Warren Buffett ne s’y était pas trompé : dès 2008, sa firme Berkshire Hathaway avait investi dans BYD avec une participation de près de 10%.

Moins connu que le célèbre Tesla, BYD est aujourd’hui le plus gros vendeur de véhicules électriques, poussé notamment par le dynamisme de ce secteur dans son pays d’origine, la Chine. Alors que son concurrent Tesla a écoulé en 2016 autour de 76.000 véhicules, BYD (pour Build your dreams, en français «construisez vos rêves ») a dépassé légèrement le cap des 100.000 unités sur la même période. Pour rappel, BYD compte 220.000 employés, répartis sur plus de 30 sites industriels dans le Monde. Il réalise un chiffre d’affaires de 17 milliards de dollars et représente 13% des véhicules électriques vendus dans le monde. BYD détient notamment 30% du premier marché automobile électrique mondial, le marché chinois. « Avec BYD, nous tenons  notre troisième constructeur automobile. À l’instar de Renault et Peugeot, l’essentiel de sa production est destiné à l’export », note Moulay Hafid Elalamy.

Aujourd’hui, lorsque la future usine de Peugeot-Citroën à Kénitra sera opérationnelle en 2019, le Maroc dépassera le cap des 650.000 véhicules produits localement. Et avec BYD, le Royaume se rapprochera encore davantage de son ambition d’atteindre rapidement un niveau de production d’un million d’unités par an. Quant au fabricant chinois, il pourra se positionner sur des marchés européens à fort potentiel, avec les annonces de la France et du Royaume-Uni d’interdire par exemple la vente de véhicules thermiques d’ici 2040. Une ambition dont ne fait pas mystère le président de BYD : « Nous souhaitons bénéficier de la situation géographique du Maroc, en tant que porte d’entrée pour l’Europe et le marché africain ». C’est dire également que cet investissement du groupe chinois dans le Royaume ne manquera pas de positionner davantage le «site Maroc» dans la carte automobile mondiale, et mieux encore, dans la carte d’une industrie qui fera sans nul doute l’avenir du secteur automobile, à savoir l’électrique. En Europe, le cabinet AlixPartners estime qu’à l’horizon 2030, les deux tiers des véhicules légers (voitures particulières et utilitaires) neufs seront plus ou moins électrifiés.

 
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