Dossier

Le Maroc consacré comme Hub africain


Les énergies renouvelables marocaines à l’honneur au sénat français, lors d’une rencontre de haut niveau.

La dépendance énergétique au Maroc n’est plus à démontrer. Les balances commerciales et des paiements retracent les poids en devises fortes et difficilement encaissées que nous sommes   obligés de décaisser pour couvrir la facture, pour ne pas dire la fracture énergétique. Nous sommes, pour le moment, dépendants dans le domaine de l’énergie et les écritures comptables ne peuvent que confirmer les déficits et le recours, presque fatal, au marché pour faire fonctionner nos industries, éclairer nos immeubles y compris nos foyers et faire marcher notre parc automobile national. En milliards de dollars, nous payons nos factures et en milliards de dhs nous subventionnons les énergies qui vont à nos différentes consommations justifiées ou non. Les différentes politiques publiques ont trop promis au citoyen dans ce domaine. Le retour sur terre est souvent difficile pour les tenants des discours faisant l’apologie de la facilité dans la gestion des affaires publiques. Hormis ce que notre pays a fait dans le domaine de la recherche et de la prospection des énergies fossiles, les choix réellement responsables, ont donné plus de perspectives à nos richesses naturelles et renouvelables. Nous devons puiser dans ce que la nature nous a donné en quantités inépuisables. Les rayons de soleil, les déferlements des vents et les déchets domestiques  ou industriels que nous rejetons ont une valeur. La nature nous invite à puiser dans ce qu’elle nous offre comme possibilités. Le Maroc semble avoir bien compris le message de cette généreuse nature et a, de ce fait, planifié de porter la part de ses énergies renouvelables à 42 % de l’ensemble de sa consommation énergétique.

Les chiffres peuvent s’avérer impuissants devant les défis. Les montages institutionnels peuvent permettre de créer des entités et des organismes dans le domaine de l’énergie en leur affectant toutes les ressources financières disponibles. La réalité quant à elle, ne peut se suffire des déclarations d’intention ni de schémas scientifiquement parfaits mais n’ayant aucun  impact sur la réalité. Celle-ci est faite de projets de productions de biens et de services, de foyers à servir en services énergétiques et de besoins grandissants exigés par les différents plans de développement économique. Le Plan Maroc Vert, le Plan de l’accélération industrielle, le plan du développement du tourisme et tous les autres plans et programmes sectoriels ont besoin d’une énergie propre, disponible et économiquement accessible.

Une impulsion royale à la base de la dynamique

Depuis quelques années et plus précisément depuis 2009, SM le Roi a donné le souffle nécessaire au déclenchement des processus dans tous les domaines de l’énergie renouvelable. Les institutions sont créées et les montages financiers bouclés. Mr Mustapha Bakkoury, président du directoire de l’Agence marocaine pour l’énergie solaire (Masen),  symbole de la technostructure et leader politique est à la tête de l’Agence pour l’énergie solaire, l’activité de la recherche-développement est confiée à un institut de recherche qui tente de créer les liens nécessaires entre l’université et le monde de l’entreprise à travers des moyens financiers conséquents. Les appels à projets sont des moments forts pour appuyer l’innovation et les étapes d’incubation des idées et des procès. Nous ne sommes pas encore dans la phase de mise en exploitation efficace des projets de recherche, mais un processus est enclenché et doit être mis sous toutes les lumières pour que les efforts financiers publics puissent contribuer à faire évoluer les pratiques vers l’efficacité énergétique et aussi vers la création des valeurs ajoutées dans ce domaine.

 Un lieu symbolique : le Sénat français 

Le Sénat français est situé dans un lieu hautement symbolique tant sur le plan historique, que sur le plan de l’action de l’homme dans la protection de la nature. Le jardin du Luxembourg est témoin de cette symbiose entre « faire la politique » et aimer la beauté de la nature. Le Sénat, ce haut lieu de la sagesse politique et de production des bonnes pratiques dans le domaine de l’évaluation des politiques publiques a abrité pendant une journée pleine et entière une réflexion sur les énergies renouvelables au Maroc. 

Une initiative très honorable portée par la citoyenne Rachida Belliard, Vice-présidente de l’Association franco-marocaine pour le commerce, l’industrie et les services (CCI Maroc-France).

Challenge a été présente à cette manifestation et a contribué à son succès. A l’origine de très bonnes intentions, une réelle volonté et surtout une femme qui aime son pays par des sentiments et essentiellement par des actes. Mme Rachida Belliard est cette femme qui porte sa citoyenneté dans son cœur et la traduit dans ses actes. Elle a réussi à conquérir une place parmi les excellents dans le domaine de la recherche, de la formation et de l’audit. Originaire de Meknès, Mme Rachida vit au rythme du Maroc en mouvement. Au milieu de ceux qui ont assisté à la manifestation sur les énergies renouvelables, elle apparait comme une sœur, une amie, une experte et surtout une femme citoyenne animée qui distribue de l’énergie à tous ceux qui viennent rejoindre son mouvement pour une consolidation des relations franco-marocaines dans les domaines du commerce, de l’industrie et des services. Elle milite pour que l’association dont elle est vice–présidente, concrétise le projet de création d’une Chambre de commerce et de l’industrie France –Maroc. L’année 2014 pourrait être l’année de naissance de cette institution qui va constituer un support réel à l’investissement au Maroc à travers l’accompagnement et la facilitation de l’accès au marché et partant, à l’intensification de l’acte d’investir au Maroc et en France. Aimer son pays n’est point une simple déclaration sentimentale pour Rachida Belliard, c’est avant tout des actions pour améliorer le quotidien de ses compatriotes. Pour elle, l’action continue et les rencontres pour renforcer les relations de coopération et d’investissement sont à inscrire dans la durée.

 La diplomatie au service du développement de l’investissement 

Fidèle à son style et son engagement, Chakib Benmoussa, Ambassadeur du Maroc en France était présent pour jouer pleinement son rôle. Outillé par une expérience et par une expertise, Mr l’ambassadeur a tenu à être au cœur de l’organisation de cet évènement. Son intervention lors de la séance inaugurale a été profonde. Comprendre la dynamique actuelle n’est possible qu’à travers une lecture tridimensionnelle comprenant les volets relatifs aux relations entre la France et le Maroc, les relations entre le Maroc et l’Afrique et à travers les réformes qui ont eu lieu au Maroc. L’engouement pour l’Afrique est réel et visible. Les différents sommets entre les grands pays et l’Afrique sont nombreux et s’expliquent par l’évolution économiquement positive du facteur démographique et par la faiblesse de l’exploitation et de la valorisation des énormes richesses naturelles dont regorge ce continent. Le Maroc a, avec l’Afrique subsaharienne, des relations historiques profondes et très anciennes. La nature des relations solidaires actuelles du Maroc, avec son prolongement géographique naturel ne provient pas d’une tentation à l’exploit commercial, mais d’une réelle volonté d’approfondissement de ce que l’histoire a bâti depuis des siècles. Les visites de SM le Roi aux pays du continent ont débuté depuis son intronisation et s’inscrivent, par principe, dans la durée. La dynamique enclenchée par cette proximité retrouvée se lit à travers les chiffres des investissements directs du Maroc à l’étranger. 85% de ces IDE marocains vont à l’Afrique et portent sur les secteurs des banques, du logement social, du transport et des télécommunications. L’Ambassadeur Benmoussa est pleinement  conscient du fait que la relation franco-marocaine a besoin de se renouveler et de se projeter dans l’avenir à travers un débat sur la réalisation de grands projets par des entreprises conjointes dans les secteurs de l’infrastructure et dans le domaine du partenariat public-privé. Les projets de colocalisation et de partenariat dans le domaine des PME-PMI sont des axes à  traiter avec des outils nouveaux. Le renforcement de la coopération bilatérale France- Maroc peut, par la suite, donner lieu à une coopération triangulaire intégrant l’Afrique. L’ambassadeur a conclu son intervention en mettant en relief le mouvement de transformation que connait le Maroc, un mouvement qui tente de se donner les moyens d’un développement inclusif. Les différentes politiques sectorielles sont là et leur convergence serait d’un apport très positif pour le processus de ce développement.

 

SM Le Roi Mohammed VI a présidé, en mai 2013 à la commune rurale Ghessate (Province d’Ouarzazate), la cérémonie de lancement des travaux de réalisation de la première centrale du complexe solaire intégré d’Ouarzazate.

 

Le regard que portent  les responsables français sur l’évolution du Maroc 

Les allocutions prononcées par les responsables français présents lors de cette journée sur les énergies renouvelables au Sénat français ont été empreintes d’un langage de reconnaissance du caractère réel et efficace de la démarche officielle marocaine dans les différents processus de réforme et surtout dans la solidité des fondements qui soutiennent  le nouvel édifice marocain en Afrique. Le sénateur Christian Cambon, président du groupe interparlementaire d’amitié France–Maroc a mis l’accent sur la création prochaine de la Chambre du commerce et de l’industrie France–Maroc et son futur rôle de renforcement des relations dans le domaine des investissements et de la création conjointe des richesses. La référence aux différents projets qui sont mis en œuvre au Maroc dans le cadre d’un partenariat bilatéral est mise en relief et notamment, dans le domaine des transports (TGV et de la maintenance des avions d’Air France). Le sénateur n’a pas manqué de dire que les parlementaires ne disposent pas de fonds, mais ont la capacité d’exercer l’influence sur les choix des décideurs.

De droite à gauche : Chakib Benmoussa, Ambassadeur du Maroc en France, Jean Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental et Christian Cambon, Président du Groupe Interparlementaire d’Amitié France-Maroc.

La séance inaugurale de cette rencontre a vu la participation de Jean Paul Delevoye, président du Conseil économique, social et environnemental. Son allocution a démontré l’importance de la stabilité politique dans la construction des blocs économiques. La stabilité permet de mieux gouverner et piloter la régulation du monde. Celle-ci a besoin d’une vision, d’une stabilité et d’un projet. Le Maroc a plusieurs atouts pour bâtir son avenir. Sa lecture des évaluations et rapports internationaux lui fait dire que tous les moteurs de la croissance seront, dans l’avenir en dehors de l’Europe.

Invité à prendre la parole, l’ancien ministre Michel Roussin a tenu un langage de cœur à l’égard de ce qui se passe au Maroc. Faisant référence à une rencontre avec Feu Hassan II, M.Roussin s’est souvenu de ce que lui dit ce grand homme d’Etat en 1995  «vous n’avez plus les moyens de votre partenariat …il  vous faut une coopération triangulaire» et a affirmé  qu’il avait une réflexion qui avait une avance de 20 ans sur la réflexion de l’époque. En tant que conseiller de plusieurs entreprises françaises, M. Roussin a déclaré que le Maroc est en train de «caracoler en Afrique. Partout vous trouvez des entreprises marocaines et notamment, dans le secteur des BTP».

Un des moments forts de l’intervention, non programmée, de Mr Michel Roussin, fut le regard porté sur les voyages effectués par SM le Roi en Afrique. Rester trois semaines parmi les africains, c’est donner des messages de proximité et de compréhension. L’image d’un très haut responsable français qui a visité trois pays en moins de deux jours est relevée pour démontrer le recul du rôle de la France auprès de ses partenaires traditionnels et notamment, en Afrique. 

Michel Roussin a insisté sur la culture de la tolérance au Maroc. Un dimanche sur l’esplanade de la place Al Joullan, les voix de la chorale de l’église étaient rayonnantes, à l’intérieur les africains menaient le cérémonial dominical et à la sortie, les fidèles échangeaient leurs paroles sur l’esplanade paisiblement. La stabilité est visible et explique l’enracinement de la culture de la tolérance comme elle explique l’enracinement des relations afro-marocaines.

Le ministre délégué : l’accélération industrie

Nehallaricio : le poids de l’histoire

Un programme riche en expériences, en innovations et en perspectives de coopération et d’investissements

Le déroulement de la journée consacrée au thème «  le Maroc hub-africain pour l’investissement durable »  a obéi à une logique qui a mis l’investissement au centre des partenariats entre le Maroc et la France. Renforcer la croissance des PME marocaines et françaises était l’axe principal de cette rencontre. Les cinq séances de travail tenues après la séance inaugurale ont traité des réussites dans le domaine du partenariat et des investissements et dans la gestion et la valorisation des déchets. Les premiers pas enregistrés dans la convention conclue entre la mairie de la ville de Meknès et la société SITA permet  une première lecture optimiste de l’avenir de la gestion et le traitement des déchets solides de cette ville. Le coût du projet et ses composantes, ainsi que les différents montages institutionnels ont été apparamment bien étudiées, mais une vigilance raisonnable doit être gardée pour éviter les dysfonctionnements qui ont été relevés par la Cour des comptes au niveau de la gestion déléguée de Rabat et Casablanca.

Michel Roussin, ancien ministre

Le troisième panel a vu la participation du ministre délégué auprès du ministre de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’industrie numérique, chargé des petites entreprises et de l’intégration du secteur informel, Mamoun Bouhdoud, du directeur général de la Société d’investissements énergétiques, M. Ahmed Barr de cet atelier et des trois autres qui ont meublé cette journée a été assurée par le représentant de Challenge à cette manifestation.

Après avoir dressé les défis à relever pour rattraper les pays émergents et qui portent sur la nécessité d’accroître l’absorption industrielle des nouveaux actifs, le réhaussement du ratio de l’industrie dans le PIB, la dynamisation de la capacité de nos exportations, la démultiplication de l’attractivité pour les IDE et l’amélioration de la productivité, le ministre délégué a exposé les dix mesures pour accélérer la transformation industrielle et qui s’inscrivent dans trois directions relatives aux écosystèmes, aux outils de soutien et à l’international. Cette accélération industrielle qui s’inscrit dans la continuité des plans antérieurs et notamment, le plan émergence s’étale sur une durée de six années (2014-2020). Souhaitons que la responsabilité politique puisse garder le cap et regarder autrement les acquis, même s’ils ont été le fait de responsables qui ne sont plus aux commandes de la chose publique. 

Le bras financier de l’Etat dans le domaine des énergies renouvelables (SIEM) joue un rôle qu’on peut qualifier de capital dans la dynamique énergétique au Maroc. Mr Ahmed Baroudi, Directeur général de la Société d’Investissements Energétiques Marocaine (SIEM) a qualifié cette dynamique de réelle. Le cadre législatif et réglementaire est mis en place et les moyens dont s’est doté le pays pour atteindre l’objectif d’une couverture des besoins énergétiques à hauteur de 42% par l’énergie propre et renouvelable est conséquent. Les différents montages financiers et institutionnels et l’organisation du secteur peuvent pousser à une réelle intégration de la production nationale par des équipements « made in morocco ». Les PME marocaines ont leur place dans cette dynamique et dans l’atteinte des objectifs. Mme Nezha Lahrichi, PDG de la SMAEX, n’a pas manqué de relever le lien entre l’histoire ancestrale des relations du Maroc avec les pays de l’Afrique subsaharienne et de démontrer que la stabilité institutionnelle ancrée par la monarchie est un facteur essentiel qui explique pourquoi notre pays gère son ouverture d’une manière réfléchie et pourquoi il met sa position stratégique au service de ses choix de partenariat nord-sud, sud-sud et au niveau multilatéral. En proposant au Maroc un nouveau cadre de partenariat (ALECA), l’Europe lit d’une manière positive les avancées institutionnelles et les réformes structurelles adoptées. Ce choix n’est pas le fruit du hasard ou d’une quelconque appréciation sentimentale.

Le mot partenariat est revenu plusieurs fois dans la bouche des intervenants des deux séances de l’après-midi. Les innovations technologiques qui font de l’énergie un produit accessible, durable et bon pour l’environnement ont été présentées par certains porteurs de projets. Le Maroc peut recevoir et développer les nouvelles techniques. Ses institutions et la qualité de ses cadres constituent un atout majeur dans le déroulement du processus qui va nous conduire vers les 42% des énergies renouvelables et pourquoi pas, les dépasser.

De droite à gauche : Mamoun Bouhdoud, ministre des Petites entreprises et de l’intégration du secteur informel, Driss Andaloussi, Ahmed Baroudi, DG de la Société d’Investissements Energétiques Marocaine (SIEM) et Nezha Lahrichi, PDG de la SMAEX.

Une expérience à méditer dans le sens de la faisabilité

Le représentant de Challenge a été impressionné par une expérience de la gestion communale du secteur de la revalorisation des déchets. Une société d’économie mixte SEMARDEL présente tous les atouts en matière de l’utilisation intelligente des possibilités de développement de l’efficacité communale. C’est une histoire de « belle » gestion. Ce n’est pas une histoire de  rentabilité financière, ni celle d’une conquête politique locale ou partisane. Des dizaines de communes ont constitué une société pour travailler en commun et pour réaliser ensemble un projet de développement de valorisation des déchets. Challenge a eu un échange avec M. Eric Chevalier, directeur commercial et de communication externe de la SEMARDEL. L’expérience de cette société d’économie mixte mérite d’être connue chez nous. Nos collectivités territoriales ont grandement besoin de travailler en commun. Le service public peut être amplement assuré par des structures modernes et par des méthodes de gestion efficaces qui utilisent les gains pour acquérir l’équipement et améliorer les performances. La SEMARDEL est prête à mettre son expérience au service de nos collectivités. Elle ne veut pas vendre des services, elle veut surtout partager des expériences et de bonnes pratiques. 

 
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