Dossier

Le Maroc dans le monde : Antiterrorisme et environnement, le Royaume imprime sa marque !

L’ère du Roi Mohammed VI se distingue par une véritable doctrine,
qui n’est dans aucun alignement, qui est ferme sur les principes,
et qui se propulse dans des visions d’avenir. Les deux grandes
réussites sont la lutte contre le terrorisme et la nouvelle politique africaine. Deux sujets sur lesquels la diplomatie marocaine est
leader tout en respectant les positions du pays. Mais elle est
aussi très présente sur l’environnement. 


Le Maroc est toujours président du Comité Al Qods. Il est toujours un défenseur acharné des droits du peuple Palestinien à un Etat indépendant avec Al Qods comme capitale. Mais ce n’est pas sur ce terrain que Rabat a été la plus présente, contrairement aux années 90. La nouvelle ère se distingue par deux positions : la lutte anti-terroriste et le co-développement en Afrique. Cela donne au Maroc une position privilégiée, sur trois sujets où on ne l’attendait pas forcément.

Anti-terrorisme : le premier de la classe

Le 16 mai 2003, le Maroc a été frappé de plein cœur par un attentat qui a fait 43 morts à Casablanca. L’ émotion avait été très forte, la réaction sécuritaire très exhaustive avec probablement des excès dans les arrestations. Le Roi avait avant tout décidé de maintenir tous les festivals, signifiant clairement que l’on ne cède pas à la menace terroriste et affirmant surtout le respect de l’Etat de droit et le refus de revenir sur les acquis démocratiques. C’est cette conviction qui fait du Maroc un pays exemplaire dans la lutte antiterroriste. Sur le plan sécuritaire, cela ne s’est pas fait en un jour. Certes il y a eu des ratés, mais une véritable doctrine préventive s’est imposée et elle est multidimensionnelle.

Lors des attentats du Sri Lanka, le 21 avril 2019, les services marocains ont été d’une grande utilité, alors que géographiquement le Maroc est aux antipodes de ce pays. Les services marocains, par leur indéniable connaissance des mouvements terroristes, par leur grande réussite des infiltrations, par leurs fines connaissances y compris sémiologiques, que n’ont pas les services occidentaux par exemple, sont universellement reconnus pour leur efficacité. Tous les services du monde louent la coopération marocaine. C’est parce que le Maroc est réellement investi dans la lutte anti-terroriste qu’il partage ses renseignements sans calculs politiciens, même avec des pays hostiles sur d’autres sujets, le Sahara par exemple. Quant au cas précis du Sahel, c’est l’impossibilité de coopération sérieuse avec l’Algérie et l’entêtement français sur l’opération Barkhane au Mali dénoncée par les Marocains dès le début, qui fragilisent l’ensemble.

Au-delà de ces péripéties, l’Europe, l’Espagne en premier, reconnaît que le Maroc est un allié fiable dans la lutte contre le terrorisme, mais aussi contre les trafics migratoires et les marchés de la drogue. Les services sécuritaires sont devenus un argument diplomatique du Maroc. C’est un fait et ce serait une ineptie de le nier, d’autant plus que ces services n’ont plus ni exaction, ni atteinte aux droits de l’homme à leur palmarès. Plusieurs pays, africains et européens, forment désormais leurs Imams au Maroc, dans le cadre de la mise à niveau opérée par les autorités marocaines. Ce n’est pas l’axe le plus faible de la politique antiterroriste. Il faut combattre les idées avant les organisations et le Maroc est en pole position. Cette réussite n’a pas été facile à obtenir. Il n’y a pas de risque zéro, les arrestations quasi-mensuelles le prouvent, mais l’approche marocaine fait l’unanimité, la réussite des services est consacrée, et cela donne un sérieux poids au Maroc dans ses relations internationales.

Afrique : la lente reconquête

L’ère Mohammed VI est celle d’une vraie vision pour l’Afrique. Le discours d’Abidjan du 24 février 2014, est resté dans les annales comme celui d’un chef d’Etat qui pose les jalons d’un réel partenariat africain, sans envolées lyriques. Le Maroc, secteurs privé et public confondus, s’est inscrit dans cette vision.  L’ expertise du Maroc est sollicitée dans des domaines comme la gestion de l’eau ou l’organisation administrative, et bien d’autres. On insistera davantage ici sur la vraie vision qui a sous-tendu cette politique. Le Roi porte une irrésistible conviction : l’Afrique ne peut performer qu’en mettant en commun ses potentialités, sans dépendre indéfiniment des pays occidentaux pour qui le co-développement n’est souvent qu’un slogan. Cette conviction est partagée par nombre de nouveaux dirigeants qui explorent d’autres pistes pour engager le développement de leur pays en dehors du schéma habituel de la vente de matières premières. Le Souverain a effectué plusieurs tournées africaines pour convaincre ses pairs. Le maillage des partenariats est devenu très impressionnant et plusieurs observateurs désignent le Maroc comme le vrai hub de l’Afrique pour les investisseurs occidentaux ou arabes.

Pour d’autres raisons, le processus politique mené en parallèle porte lui aussi la marque de la vision Africaine du Souverain. Le Maroc avait quitté la défunte Organisation de l’Unité africaine (OUA), le 12 novembre 1984, à Addis-Abeba en plein sommet, après l’adhésion de la prétendue république sahraouie. Il a repris son siège le 30 janvier 2017 à l’Union africaine (UA), nouvelle dénomination, malgré les manœuvres du couple Algérie-Afrique du Sud. Cela permet au Maroc une présence diplomatique très forte, en renouant avec les pays anglophones en particulier. Cette approche porte déjà ses fruits, au-delà de l’affaire du conflit factice du Sahara. Sur des thématiques comme l’émigration, le Maroc est un porte-parole respecté du continent Africain auprès des instances internationales.

Le Royaume est intervenu dans des missions onusiennes de maintien de la paix, mais aussi pour la concorde au Mali et en Libye. Les rares chances d’une stabilité à venir en Libye sont liées à l’accord de Skhirat (signé le 17 décembre 2015), obtenu après de longs pourparlers. Cette réappropriation de l’enracinement africain ne s’est pas faite aux dépens des relations traditionnelles du Maroc, qui se sont même améliorées du fait d’une diplomatie éclairée, ferme sur les principes.

Ban Ki-Moon, ex-SG de l’ONU, le Roi Mohammed VI et Moulay Rachid

Environnement : la révolution verte

Lors de la COP 21 à Paris (30 novembre au 12 décembre 2015), le Maroc et le Costa-Rica ont été salués comme deux pays ayant présenté des engagements très élevés. L’ environnement est un pilier de la vision Royale du développement du pays et ce, dès l’intronisation du Roi Mohammed VI. L’option énergie renouvelable est devenue une réalité et dans le mix-énergétique, la part des énergies fossiles baisse, malgré les besoins grandissants. « La station solaire de Ouarzazate est une merveille », disait Corinne Lepage, ancienne ministre française de l’environnement. La constitution de 2011 fait de la qualité de l’environnement un droit humain. Les sacs en plastique ont été interdits malgré les résistances. Les solutions écologiques sont privilégiées dans tous les investissements publics. Le paradoxe au Maroc, c’est que cette question ne déplace pas les foules (il n’y a pas de parti vert), mais elle est au centre de l’action publique. C’est tout simplement parce qu’elle est portée par le Roi qui en fait une priorité. Les autres acteurs s’y mettent. Les industries chimiques adaptent leur outil de production pour atténuer l’impact écologique, les collectivités locales sont plus regardantes sur cet impact en appliquant les normes strictes équivalentes à celles qui existent dans les pays les plus rigoureux. Cette réalité, cette force de conviction, permet au Maroc d’être à la table des grands sur une question qui angoisse l’humanité. Sur le terrain, les avancées sont réelles mais la question de l’eau est réellement problématique, le Maroc étant un pays semi-aride ou tendant à le devenir. C’est sûrement le prochain gros dossier. 

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