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Le Maroc, deuxième partenaire commercial arabe de la Russie


La balance commerciale penche en faveur de la Russie : 16 milliards importés par le Maroc pour seulement 2,3 milliards d’exportations.Au-delà d’une simple volonté de partenariat, l’objectif du Maroc est surtout de limiter l’aggravation du déficit commercial sur ce marché russe qui absorbe un peu moins de la moitié du volume global des exportations des produits agricoles marocains se situant en deuxième position après l’Union européenne. 

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’est ce 10 juin que le Roi Mohammed VI entamera une visite officielle à la Fédération de Russie. Au programme de ce voyage notamment, la conclusion de partenariats stratégiques, dont l’objectif est de renforcer les relations économiques entre les deux pays. Plusieurs domaines seront concernés. Et surtout, il s’agit aussi de profiter d’une manière optimale des potentialités existantes de part et d’autre, étant donné que le Maroc représente le deuxième partenaire de la Russie dans le monde arabe en matière d’échanges commerciaux après l’Algérie. Les premières bases de cette coopération ont été jetées lors des visites officielles du Président Léonid Brejnev en octobre 1961 au Maroc, de Feu Hassan II dans l’ex-URSS, en octobre 1966, puis de celles du Roi Mohammed VI à Moscou en octobre 2002 et du Président Vladimir Poutine en septembre 2006 dans le Royaume. Si  la dernière visite du Souverain remonte à une douzaine années, celle-ci avait été marquée par la signature de plusieurs accords bilatéraux portant sur la coopération économique. Depuis, cette coopération connaît une évolution positive. Le niveau des échanges commerciaux a enregistré un volume global de 18,3 milliards de DH durant l’année 2013, en défaveur du Maroc. En effet, le Royaume importe plus qu’il n’exporte vers la Russie, pour un montant de 16 milliards de DH contre des exportations de l’ordre d’environ 2,3 milliards de DH, selon des chiffres de l’Office des Changes au cours de cette même période. Mais la situation est tout de même en amélioration depuis l’année dernière. En effet, entre 2012 et 2013, les exportations marocaines ont enregistré un bond de + 15 %, soit + de 304 millions de DH, pendant que les importations en provenance de la Russie baissent de – 20,9 %, soit – 4,2 milliards de DH (voir tableau).

Les expéditions marocaines vers la Fédération de Russie sont essentiellement dominées par les agrumes. Ces dernières sont suivies de ventes de farine et d’huile de poisson. Quant aux exportations russes, elles sont principalement composées d’huile brute de pétrole, suivies de la houille, du fer et du soufre brut.

Globalement, le marché russe absorbe entre 40 et 45 % du volume global des exportations des produits agricoles marocains se situant en deuxième position après l’Union européenne. Il faut dire que le marché russe enregistre une croissance à deux chiffres. Avec ses 150 millions d’habitants, il a presque doublé sa consommation de fruits et légumes entre 2004 et 2012, passant ainsi de 5,2 à près de 10 millions de tonnes. Résultat des courses : le marché russe est aujourd’hui classé comme prioritaire au même titre que l’Union européenne, l’Afrique ou encore les Etats-Unis. Ainsi, les opérateurs du secteur de l’agriculture ne sont plus les seuls à cibler ce marché : ceux du tourisme et de l’énergie s’y intéressent également. «En matière d’opportunités commerciales pouvant découler d’une coopération renforcée du Royaume avec la Russie, le potentiel du marché russe est considérable, notamment au niveau de certains secteurs où l’offre marocaine dispose d’atouts compétitifs certains (agro-alimentaire, pêche, textiles…). La structure des échanges bilatéraux devrait aussi bénéficier de l’essor de l’industrie marocaine dans le cadre des nouveaux métiers mondiaux du Maroc », souligne Said Moufti, Directeur de Recherche à l’Institut Royal des Etudes Stratégiques (IRES). En effet, selon ce dernier, le Maroc dispose même de forts potentiels pour certains produits dont il est un grand exportateur vers la Russie. «Le potentiel d’exportation pour les «Mandarines et clémentines» est de plus de 150 millions de dollars. Celui des « Oranges fraiches ou sèches » est de 75 millions de dollars », fait remarquer Moufti qui fait référence aux calculs du Centre de Commerce International.

Outre les produits agro-alimentaires (huile d’olives, d’argan, fruits, légumes, …) qui recèlent un potentiel d’exportation non négligeable, du fait que la Russie est l’un des grands importateurs de produits agricoles (agriculture représentant 5% du PIB russe), d’autres secteurs, comme les phosphates et dérivés ainsi que les produits de la pêche, pour lesquels le Maroc a des avantages comparatifs, constituent des créneaux potentiels de commerce entre les deux pays, selon lui. De son côté, ajoute-t-il, le Maroc pourrait profiter de l’expérience russe et de son savoir-faire, en particulier dans les domaines de l’énergie, de la prospection pétrolière, de la formation technique et scientifique, …

Au niveau du secteur touristique, le rebond des recettes voyages en provenance de la Russie (30 000 environ) suite à la suppression des procédures de visas par le Maroc, laisse suggérer l’existence de marges de progression pour peu que notre politique de promotion suive de près le potentiel du marché russe, qui devrait connaitre de l’essor en ligne avec le rattrapage des revenus des ménages russes. La Fédération de Russie est devenue au cours des dernières années un des grands pays émetteurs en matière de tourisme. En même temps, le Maroc a mis en place une stratégie touristique «Maroc 2020» pour l’attrait d’un nombre important de touristes étrangers. «La promotion touristique du Maroc au niveau de la Fédération de Russie permettrait non seulement, sur le plan financier, de drainer plus de recettes en devises et, sur le plan culturel, de dynamiser les relations entre les deux peuples, mais également de permettre aux opérateurs russes de découvrir les potentialités du Maroc en matière d’investissement », estime le Directeur de Recherche à l’Institut Royal des Etudes Stratégiques. n

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