SPECIAL COP22

Le Maroc, fer de lance dans la lutte anti-CO2

Le changement climatique affecte la plupart des pays du monde. Le Maroc ne fait pas exception. Bien qu’il ne compte pas parmi les pays les plus pollueurs, avec 0,16% des émissions globales de gaz à effet de serre (GES), le Maroc fait partie des pays les plus exposés au risque climatique. Soumis au stress hydrique comme à un fort risque d’inondations, le pays est d’autant plus concerné que l’agriculture constitue un pilier de son PIB à hauteur d’environ 15%. Il ressort de l’Indice mondial 2016 du risque climatique (CRI), publié par l’ONG allemande «Germanwatch», que le Maroc est beaucoup plus victime de ces changements aujourd’hui, qu’il ne l’était il y a 20 ans. Selon ce document, qui retrace l’impact chiffré des changements climatiques en 2014 et sur la période 1995-2014 à travers le monde, la moyenne annuelle des décès liés aux catastrophes naturelles était de 33,45 morts, quand les pertes moyennes annuelles étaient évaluées à 176,086 millions de dollars US, soit près de 1,8 milliard de dirhams. Cependant, en 2014 uniquement, le Royaume a enregistré 53 morts et perdu 708,256 millions de dollars US, soit plus de 7,1 milliards de dirhams. Avec un score de 24,83 dans le CRI, il est le 14e pays le plus exposé en 2014, alors qu’il était 84e au cours des 20 dernières années.


Engagement prometteur et exemplaire
Pour lutter contre ces effets sans pour autant sacrifier son développement, le Maroc a décidé d’aligner ses priorités sur l’action mondiale pour le climat. Il a ainsi élaboré sa Contribution prévue déterminée au niveau national (CPDN) pour contrer les effets du changement climatique tant en matière d’atténuation que d’adaptation et ce, via une cinquantaine de mesures, la moitié concernant l’énergie. En matière d’atténuation, le pays s’engage à ralentir ses émissions de GES de 13% à l’horizon 2030 par rapport à un scenario «business as usual». Il affirme pouvoir aller jusqu’à une baisse de 32% s’il bénéficie d’un appui financier international, via notamment le Fonds vert pour le climat. L’atteinte de cet objectif nécessiterait un investissement global de 45 milliards de dollars US, dont 35 milliards devraient provenir des soutiens internationaux. Cela permettrait d’éviter l’émission de 401 millions de tonnes équivalent CO2 entre 2020 et 2030. Le Maroc a également entamé un plan d’adaptation, caractérisé par la réduction des subventions aux énergies fossiles. Ce plan se décline en plusieurs objectifs sectoriels chiffrés pour les horizons 2020 et 2030 tenant compte des spécificités des entités territoriales: les zones de montagne, le littoral, les oasis, les zones agricoles et les zones urbaines. Cette adaptation signifie des implications budgétaires importantes. Sur la période 2005-2010, le Maroc a consacré 64% des dépenses climatiques du pays à l’adaptation, ce qui équivaut à 9% des dépenses globales d’investissement. Les estimations officielles laissent entendre que cet effort est appelé à augmenter dans les années à venir: l’accroissement de l’investissement national en matière d’adaptation pourrait atteindre au moins 15% à l’horizon 2030.

 
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