Entreprises & Marchés

Le Maroc met le turbo sur le gaz naturel


Mix Énergétique. Le projet vise une capacité supplémentaire installée de 2700 mégawatts. Les fonds seront, en partie, mobilisés par des investisseurs privés et institutionnels nationaux et internationaux dans le cadre de contrats de concessions. par Roland Amoussou

Après les méga-projets dans le solaire, l’éolien, et autres sources d’énergies propres, le Royaume met, enfin, le cap sur le gaz naturel liquéfié(GNL). Même si la consommation actuelle du Maroc en gaz naturel est estimée à plus d’un milliard m3 par an selon les données du Ministère de l’Energie, des Mines, de l’Eau et de l’Environnement, il n’en demeure pas moins que sa part dans le mix énergétique reste faible. Et le gouvernement entend bien rehausser le niveau. La gageure est de réussir à asseoir une véritable industrie dans ce secteur dans les 10 prochaines années. La feuille de route pour le développement du GNL a été présentée mardi par le ministre de l’Energie, Abdelkader Amara. Ainsi, l’introduction du GNL va nécessiter une enveloppe globale de 4,6 milliards de dollars. « La plus grande partie de cet investissement sera mobilisée par des investisseurs privés et institutionnels nationaux et internationaux dans le cadre de contrats de concessions », a souligné le ministre lors de la présentation qui a réuni un parterre de chefs d’entreprises, d’institutionnels et de journalistes. « Le choix des partenaires nationaux et internationaux se fera dans le cadre de procédures transparentes et de compétitivité, notamment des appels à manifestation d’intérêt et appels d’offres », a-t-il ajouté. Dans les détails, en ce qui concerne les infrastructures gazières, le terminal GNL sera construit à Jorf Lasfar. Il faut préciser que les infrastructures qui seront mises en place visent à couvrir la demande globale en gaz naturel. Il y aura aussi des réalisations concernant la jetée maritime au port de Jorf Lasfar, le terminal de regazéification et le gazoduc de transport à haute pression. Ce dernier, sera d’une longueur de 400 km et passera par Mohammedia et Kénitra. De même, il y aura des bretelles qui le relieront aux centrales électriques. Au total, la réalisation des infrastructures gazières va mobiliser 2,4 milliards de dollars.

Élaboration d’un code gazier

A cela, s’ajoutent 2,2 milliards de dollars qui vont servir à mettre en place des infrastructures électriques CCGT (centrales à cycles combinés fonctionnant au gaz naturel) d’une capacité de 2.700 MW), qui devront intervenir à partir de 2021. Soulignons notamment, que le site du terminal GNL abritera deux centrales CCGT de 600 MW chacune. Une autre sera construite à Dhar Doum (120 Km au sud de Tanger) avec une capacité de 1200 MW. Oued El Makhazine accueillera deux centrales de 600 MW chacune. La durée de construction est estimée à 48 mois pour le terminal de regazéification, 36 mois pour la jetée et le gazoduc et également 36 mois pour les centrales CCGT. Le ministre Abdelkader Amara a précisé que la mise en œuvre du plan national de développement du GNL sera faite en deux parties. La première partie va concerner le «Gas to power ». Cette phase vise à répondre aux besoins en capacité additionnelle de production d’électricité. Le déploiement de cette phase a été confié à l’ONEE, en partenariat avec des opérateurs nationaux et étrangers, et ceci, conformément à la législation et à la réglementation en vigueur( la loi 40-09 relative à l’ONEE).
La seconde partie, « Gas to industry », concerne le développement de l’utilisation du gaz naturel dans l’industrie, afin d’assurer l’approvisionnement des consommateurs industriels (y compris le raffinage et les phosphates). Il est à noter que la mise en oeuvre de cette feuille de route va débuter dès le mois prochain. Pour rappel, les besoins en gaz, sur le plan national, sont évalués à 5 milliards m3, dont 3,5 milliards m3 pour la production d’électricité, à l’horizon 2025. Force est de souligner qu’un code gazier devra être élaboré pour accompagner le développement du secteur. Ledit code devrait être adopté avant le lancement du projet « Gas to industry ». Ce code gazier permettra de régir le secteur gazier aval qui comprend les activités de regazéification, de transport, de distribution, de stockage, d’importation, d’exportation et de commercialisation du gaz naturel sur le territoire national. «Il devrait être transmis au Secrétariat Général du gouvernement pour sa mise dans le circuit d’adoption au plus tard, en juin 2015», a conclu Abdelkader Amara.

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