Industrie pharmaceutique

Mesures anti-dumping : le laboratoire pharmaceutique SOTHEMA obtient gain de cause

Suite à une procédure d’enquêtes qui a duré près d’un an, le laboratoire Sothema obtient gain de cause auprès du ministère de l’Industrie du Commerce de l’Économie verte et numérique pour ce qui est de la reconduite des mesures anti-dumping visant les exportations danoises de l’insuline vers le Maroc.


Les limiers du Département dirigé par My Hafid Elalamy viennent de conclure que « les conditions de prorogation des mesures anti-dumping appliquées aux importations de l’insuline originaires du Danemark sont réunies ». Par conséquent, ces importations seront soumises à un droit anti-dumping de 26,09% pour une nouvelle période de 5 ans (échéant ainsi en 2025). Une mesure qui vient muscler celle prévalente au cours de la première période de cinq ans ayant expiré le 28 octobre 2019 et où des droits anti-dumping d’à peine 13,89% avaient été appliqués.

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Cette décision fait suite à un examen minutieux des prix moyens d’exportation vers des marchés similaires par Novo Nordisk, le groupe pharmaceutique danois qui, avant 2014 et à travers son partenaire et distributeur local Laprophan, avait inondé le marché marocain par ses produits d’insuline humaine de différents types, à savoir rapide (dite NPH), lente et mixte et conditionnés en flacon de 10 ml. L’examen en question a démontré l’existence de dommages non négligeables pour la branche de production nationale (BPN) de l’insuline et notamment Sothema, seul producteur marocain d’insuline dans un marché en forte croissance et qui est fourni à plus de 80% via les appels d’offres étatiques pour alimenter les différents hôpitaux et établissements de soins publics. D’ailleurs, c’est un marché public de 2,5 millions de flacons d’insuline perdu par Sothema qui fut à l’origine de la guerre commerciale et juridique entre ce laboratoire fondé par la famille Tazi et le leader dans le traitement du diabète.

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Rappelons que les diabétiques au Maroc représentent près de 3 millions de personnes, dont près de 10% d’insulinodépendants. Une étude épidémiologique internationale menée par l’International Diabetes Management Practices Study (IDMPS) il y a quelques années et sponsorisée par les laboratoires Sanofi-Aventis avait montré qu’au Maroc, seul un tiers des insulinodépendants réussissent à équilibrer leur taux de glucose (sucre) dans le sang. Manque d’information uniquement ou cherté des médicaments ? Plusieurs industriels s’accordent à dire que le prix de l’insuline au Maroc est cher. Sur le marché privé, le prix varie entre 180 et 190 DH pour le flacon et il atteint 300 DH pour le stylo. Selon les projections de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le diabète pourrait devenir la principale cause de mortalité au monde d’ici 2030.

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