Culture

Le Musée National d’Archéologie confié à l’expertise britannique

Le Musée National d’Archéologie et des Sciences de la Terre, va-t-il enfin voir le jour près de dix ans après l’annonce du lancement imminent de sa construction par le ministère de la Culture ?


Cette arlésienne qui a tenu en haleine architectes, bureaux d’étude, entreprises de travaux et autres parties prenantes intéressées, va peut-être enfin trouver ancrage dans la réalité après l’adjudication, passée sous silence par le maître d’ouvrage délégué de Rabat Région Aménagement, du concours international d’architecture à un bureau d’architectes britannique, lequel s’est empressé, d’ailleurs, de ramener dans ses valises un ingénieriste européen pour lui confier les études techniques.

Entre-temps, le site devant abriter ce futur ouvrage emblématique de la capitale du Maroc a changé pas moins de trois fois, après avoir été initialement imaginé dans l’enceinte de l’ancienne résidence du maréchal Lyautey avant qu’il n’eût été décidé, en 2014, de le transférer sur la vallée du Bouregreg, en face du Grand Théatre, pour se raviser deux ans après en envisageant de l’implanter à l’entrée de la ville, non loin du complexe sportif Moulay Abdellah.

Finalement, ce bâtiment qui permettra au public de connaître toutes les civilisations du Maroc et d’apprécier le précieux héritage de son histoire, sera bâti sur le site de l’ancienne Ambassade américaine, laquelle avait été transférée en fin 2014 au quartier résidentiel de Souissi à Rabat. Quant au budget alloué à cet ouvrage, il a plus que doublé par rapport aux prévisions initiales avec un montant qui a grimpé, in fine, à 750 millions de dirhams.

Il faut dire que le futur Musée National d’Archéologie et des Sciences de la Terre est un maillon important du dispositif culturel de la capitale du Royaume, ce qui justifie sans doute aux yeux de l’Etat de ne point lésiner sur les moyens. Mais était-il nécessaire d’exclure l’expertise marocaine, qui a déjà fait ses preuves au Maroc et ailleurs, de la conception et des études techniques de ce joyau de la culture marocaine ?

On parle tout de même d’une enveloppe de près de 150 millions de dirhams de commandes publiques qui sera ainsi payée en devises à des prestataires étrangers, au mépris de toute préférence nationale, alors que le déficit commercial du pays se creuse d’année en année. Mais cela semble ne point choquer les décideurs concernés dans ce pays !

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