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Politique. Le nomadisme n’est que la conséquence de la crise

Le Mercato politique, électoral est très animé. Cette fois, même le PJD est atteint, il perd certains de ses élus au profit des concurrents. Ce phénomène n’est pas la cause de la crise politique, il en est la conséquence. Tout d’abord, il ne faut pas mettre tous les transfuges dans le même bain. Certains, en particulier ceux qui quittent le PJD, ou Narjiss qui a rejoint l’USFP, affirment le faire sur des désaccords politiques.


Quand c’est le cas, c’est hautement respectable, parce qu’adhérer à un parti, c’est un partage de convictions et non pas l’entrée dans une société secrète, genre la mafia ou la franc-maçonnerie. Par contre, ceux qui changent de couleur, sans raison politique, sont l’expression de la crise du politique. Ces transferts seraient insignifiants si nos partis politiques avaient une réelle implantation.

Quand c’était le cas, les cadres pouvaient se présenter n’importe où et c’est le parti qui assurait leur élection. Le phénomène des notables était contenu, il ne concernait que les campagnes, parce que l’action politique y était réprimée. Ensuite les bidonvilles, les fameuses ceintures de la précarité ont connu le même phénomène, souvent poussé par les renseignements généraux.

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Aujourd’hui, le drame c’est la faiblesse de l’implantation des partis qui les pousse à faire les yeux doux à ces « machines électorales ». Le débat n’existe même pas, ce qui affaiblit la participation et donc renforce les chances de ces élus en puissance que je refuse d’appeler « notables ». Ils sont souvent moralement méprisés, utilisent l’argent sale, mais arrivent à se faire élire, parce que l’abstention est trop forte.

Ce cercle vicieux peut être rompu. Il suffit que les partis retrouvent leur fonction constitutionnelle : encadrer la population. Il faut qu’ils le fassent, en affichant leur référentiel, sa traduction en programme politique et leurs possibles coalitions. Nous sommes la seule démocratie où tout le monde peut s’allier à tout le monde sans rivage, ni clivage. Si les partis veulent s’émanciper de ces prétendus notables, ils doivent rester au contact des populations au quotidien. Ils n’en prennent malheureusement pas le chemin.

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